Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

09 février 2016

Bird Box

Malerman_Bird BoxRoman de Josh Malerman.

Vous avez peur dans le noir ? Dites-vous que c’est dans le noir que vous êtes en sécurité… « Personne n’y comprend rien. Personne ne sait ce qui se passe. Les gens voient quelque chose qui les pousse à blesser autrui. À se faire du mal. » (p. 43) À Detroit, cinq ans après un bouleversement mystérieux, Malorie élève ses deux enfants dans une maison dont les fenêtres sont occultées. Il est interdit de regarder à l’extérieur. « Ils ne sortent jamais très longtemps. Et toujours les yeux bandés. » (p. 11) Parce que dehors, il y a quelque chose qui rend fou si on le regarde. Qu’est-ce donc ? Personne ne le sait : ceux qui ont vu la chose ou les créatures ont perdu la raison et sont morts. « Qu’est-ce que tu redoutes de voir ? […] / Personne ne connaît la réponse à cette question. » (p. 35) Il y a donc une menace à l’extérieur et Malorie veut emmener ses enfants vers un havre sécurisé. Elle doit emprunter la rivière sur une barque. Sa seule protection est le bandeau qu’elle garde sur les yeux. Sa seule arme est l’ouïe affûtée de ses enfants. Rien d’autre ne peut protéger cette petite famille qui part, les yeux condamnés, vers un possible refuge.

En parallèle du récit de voyage, on suit les souvenirs de Malorie qui remontent vers le début de l’épidémie, les villes désertées, les morts atroces et les horreurs relayées par les informations, toujours entourées de mystère puisque personne ne sait ce qui se passe. Malorie se souvient de son arrivée chez Tom, homme au grand cœur qui avait ouvert sa maison pour accueillir tous ceux qui avaient besoin d’aide. Entourée de Félix, Jules, Don, Cheryl, Olympia et Gary, c’est là qu’elle a accouché. C’est là qu’elle a élevé ses bébés en les protégeant de l’extérieur. « Les enfants, elle le savait, ne ressentiraient aucun manque dans le nouveau monde s’ils n’en voyaient jamais rien. » (p. 166) C’est là aussi qu’elle a frôlé l’horreur et la mort.

Énorme coup de cœur pour ce roman aux airs postapocalyptiques et à l’atmosphère terrifiante. Stephen King aurait pu écrire cette merveille ! « Vos inquiétudes ne vous protègent de rien, elles ne vous donnent que des heures d’inquiétude supplémentaires. » (p. 84) Question rhétorique : le plus terrifiant est-il de voir une créature hideuse et menaçante ou de savoir qu’elle est à côté de vous, mais que la voir vous tuerait ? Dans cet univers de terreur constante, les aveugles sont rois et ignorer est plus précieux que savoir. Je suis certaine que je ne saurai pas survivre dans un monde où je ne peux pas voir où je mets les pieds, moi l’empotée des guibolles.

Un film est en préparation et j’ai bien hâte de voir (ahaha) ce qu’il donnera ! J’espère qu’il respectera le principe du roman et qu’il ne montrera pas les créatures. C’est cette absence d’image et la course folle d’une imagination frustrée qui font régner la tension et la terreur. « Quelle que soit leur nature, […], notre cerveau est incapable de les appréhender. Un peu comme l’infini, d’une certaine manière. Quelque chose de trop complexe pour notre entendement. » (p. 67)  Vous êtes du genre à fermer les yeux quand le monstre apparaît à l’écran ? Tant mieux, mais gardez-les bien ouverts pendant votre lecture et n’en perdez pas une miette.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [8] - Permalien [#]

07 février 2016

Billevesée #215

Je vous ai parlé de rouge à lèvres, voici une info sur les collants. Je vais presque réussir à vous faire croire que je suis coquette et féminine !

Les collants se différencient par leurs deniers. Les deniers, c'est le poids en grammes pour 9000 mètres de fibre. La logique fait le reste : moins un collant compte de deniers, plus la chose sera fine. Et plus je vais me cailler et plus on verra ma vilaine peau.

Cette définition ne vaut que pour un collant constitué à 100% de la même matière.

Alors, billevesée ?

Billevesee_Collant deniers

 

 

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Boudoir - Lignes d'affrontement [5] - Permalien [#]
Tags :

04 février 2016

Le mépris

Moravia_MeprisRoman d’Alberto Moravia.

Quatrième de couverture : Vivant dans une modeste chambre meublée, Richard et sa femme, Émilie, durant les deux premières années de leur mariage, ont vécu heureux dans un accord charnel exaltant. Puis l’occasion s’offre de changer de vie : Richard se voit confier par le producteur Battista la rédaction d’un scénario de cinéma. Or, c’est au moment où l’écrivain consent à prostituer son talent par amour sa femme que celle-ci devient étrangement distante et décide de faire chambre à part. Non seulement elle ne l’aime plus mais déclare le mépriser. Dans la somptueuse villa de Capri où Richard travaille avec le metteur en scène Rheingold à un film sur L’Odyssée, le drame de ces êtres unis par l’amour et séparés par leur individualité atteint son paroxysme.

J’avais lu ce roman quand j’avais 12 ou 13 ans et je m’étais profondément ennuyée. Sans aucun doute, j’étais trop jeune pour cette lecture. Il y a peu, j’ai vu le film de Jean-Luc Godard qui s’ouvre sur une scène où Brigitte Bardot, nue, demande à son mari s’il aime ses mains, ses seins, ses fesses, etc. Là encore, un ennui marqué même si j’ai été éblouie par les paysages italiens noyés de soleil liquide et brûlant. Quand mon club de lecture a choisi de découvrir ce roman, j’ai pensé que je pourrais dépasser mon impression première et découvrir les qualités de ce livre qui m’avait échappé. Peine perdue, les écrits de Moravia ne semblent pas fait pour moi. Confer mon avis sur La Ciociara.

« Émilie me semblait absolument sans défauts et je crois que je paraissais tel à ses yeux. […] L’objet de ce récit est de raconter comment, alors que je continuais à l’aimer et à ne pas la juger, Émilie au contraire découvrit ou crut découvrir certains de mes défauts, me juger et, en conséquence, cessa de m’aimer. » (p. 5 & 6) Pour Alberto Moravia, l’amour dure deux ans et la frugalité heureuse des débuts fait place au mépris devant la perspective d’un profit sans gloire. En 300 pages (dans mon édition), on voit comment l’idylle glisse vers la réalité et se fracasse sur ses contours acérés. C’est un sujet assez commun en littérature et le traitement qu’en propose Alberto Moravia ne me convainc pas. Je ne comprends pas l’acharnement de Richard à comprendre les raisons du mépris de sa femme, encore moins ses illusions de retrouver l’amour d’Émilie. « Tu veux pousser les choses au pire… Voilà ce que tu veux ! / Tu admets donc que cette vérité ne me fera pas plaisir ? » (p. 127) Il se complaît dans un entre-deux parfaitement agaçant et refuse d’affronter la réalité, cherchant sans cesse des explications alambiquées à l’attitude pourtant manifeste de son épouse. « L’idée ne m’effleura pas que si elle n’éprouvait pas le besoin de se cacher, c’est que j’étais son mari et non un étranger. J’étais si convaincu de ne pas exister pour elle, du moins au point de vue amoureux, que j’interprétai naturellement son geste ambigu comme une preuve de mon néant. » (p. 247)

Richard m’a été antipathique tout au long du récit, tout comme Battista qui est un personnage tout à fait odieux. J’ai davantage de sympathie pour Émilie qui, en dépit de son attitude souvent brusque, est la seule personne honnête et franche de ce drame bouffon. Voilà une relecture ratée et j’en resterai là pour Moravia.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Enfer - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

02 février 2016

Les chevaux noirs

Vesaas_Chevaux noirsRoman de Tarjei Vesaas.

Dans le domaine d’Ambros Förness, les chevaux sont le centre de tout, la fierté et le bien le plus précieux. Viv et Leiv, les grands enfants du premier mariage d’Ambros, conduisent les chariots du relais familial. Quant à Mabb et Kjell, les bambins issus du mariage d’Ambros et Lisle, ils sentent confusément que leur famille n’est pas heureuse. Sans cesse à la recherche de preuves d’amour, leur innocence frustrée pèse sur la maison. Alors qu’un ancien soupirant de Lisle se rapproche, Ambros ne sait contenir sa jalousie et se laisse aller à ses penchants alcooliques. « Comment se sent-on quand on attend et qu’on ne reçoit jamais rien ? » (p. 77) En ville, Leiv est incapable de résister à une partie de cartes bien qu’il ne gagne presque jamais. Peu à peu, le domaine s’endette et périclite, à l’image de ses habitants qui se laissent submerger par leurs démons intérieurs. « Savez-vous ce que je souhaite, moi ? Je voudrais être différent de ce que je suis. Je fais le contraire de ce que je voudrais. Impossible de me retenir avant d’avoir coulé à pic. » (p. 140)

Dans ce roman, les innocents souffrent le plus et en premier. Sacrifiés sur l’autel des vanités adultes, enfants et chevaux finissent difficilement la course. En quelque deux cents pages, l’histoire progresse de plusieurs années au gré d’ellipses parfois un peu trop brusques illustrées par de puissants changements de saison, on suit les affres de la famille Förness jusqu’au dénouement final, heureusement plus doux que le reste de l’histoire. J’ai été moins sensible à cette histoire qu’aux Oiseaux ou au Germe du même auteur, mais le style de Tarjei Vesaas reste aussi beau, mélange de poésie brutale et de lyrisme sec.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [4] - Permalien [#]

31 janvier 2016

Billevesée #214

Pour pouvoir exercer leur profession, les avocats doivent appartenir à un barreau. Mais le barreau, quoi qu'est-ce ?

Au sens figuré, c'est l'enceinte réservée où plaident les avocats. T'es pas avocat, tu rentres pas. Par extension, le barreau désigne la profession de l'avocat, puis l'ordre auquel il appartient. La métonymie est mon amie !

Et puis, cette histoire de barreau est assez drôle puisque, pour pouvoir plaider, les avocats doivent appartenir à l'un d'eux. Sans cela, ils ne peuvent pas faire en sorte que leurs clients ne finissent pas derrière.

Alors, billevesée ?

Billevesee_Barreau

 

 

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Boudoir - Lignes d'affrontement [7] - Permalien [#]
Tags :


29 janvier 2016

The Big Short - Le casse du siècle

Lewis_The Big Short-Le casse du siecleTexte de Michael Lewis.

Quatrième de couverture : En 2005, profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des médias et du gouvernement, quatre outsiders du monde de la finance anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point le casse du siècle ! Michael Burry, Steve Eisman, Greg Lippmann et Ben Hockett : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques et tenter de rafler la mise…

Wall Street, univers étrange, mystérieux, un peu magique pour les non-initiés. C’est avant tout une place dangereuse où se brassent des millions, voire des milliards de dollars chaque jour, chaque heure. Les traders spéculent et enregistrent des gains ou des pertes considérables, des sommes qu’il est presque impossible d’imaginer tant leurs montants sont extravagants. Ces hommes ne sont pas corrompus, mais incapables de bien gérer les capitaux qui leur sont confiés. Et ces capitaux, ce sont des maisons, des crédits contractés par les classes moyennes. Entre montages financiers, mécanismes illusoires et cercles vicieux, le marché se tend jusqu’à l’explosion. Rares sont ceux qui ont anticipé le désastre, mais ils ont su, pour certains, en profiter. « Un petit nombre de personnes – plus de dix, moins de vingt – paria directement contre le marché des subprimes, qui valait des milliers de milliards de dollars, et, par extension, contre le système financier dans son ensemble. Ce qui était en soi un fait remarquable : la catastrophe était prévisible, et pourtant seule une poignée de gens s’en rendait compte. » (p. 162) Tout paraît trop gros, trop invraisemblable. Comment tous les spécialistes ont pu passer à côté de ça ? La question reste encore en suspens. Steve Eisman, Michael Burry, Greg Lippmann et Ben Hockett sont les héros de ce récit, mais des héros sans armure et dont la victoire est contestable si on se place du côté de la morale, mais écrasante si on se place du côté de la finance.

J’ai bien compris toute cette mécanique en lisant, mais je serai bien en peine de l’expliquer. Tout le monde a entendu les noms suivants : Goldman Sachs, J. P. Morgan, Salomon Brothers, Moody’s. Savoir précisément ce qu’ils représentent et ce qu’ils dissimulent est une autre affaire. Dans son analyse, Michael Lewis est précis. Il n’accuse pas, mais il rend à chacun ses responsabilités dans l’explosion de la bulle financière américaine et la crise qui a secoué les classes les moins aisées de l’Amérique. Il y a également un certain cynisme dans ce texte. « La jeunesse américaine ne s’est jamais rebellée contre la culture de l’argent. Pourquoi prendre la peine de renverser le monde de ses parents quand on peut l’acheter puis le revendre morceau par morceau ? » (p. 18) Passionnant, effrayant et même épique, ce récit ne laisse pas indifférent !

Le film d’Adam McKay avec Christian Bale, Steve Carell, Ryan Gosling et Brad Pitt cartonne actuellement en salles, mais je ne pense pas aller le voir. J’ai eu ma dose de haute finance et de drames socio-économiques !

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [14] - Permalien [#]
Tags :

26 janvier 2016

L'extraordinaire voyage de Sabrina

Travers_Extraordinaire voyage de SabrinaRoman de P. L. Travers. Illustrations de Gertrude Hermes.

Sabrina Lind a onze ans quand elle doit quitter sa maison et ses parents avec son jeune frère James. La guerre qui ravage l’Europe se rapproche en effet de l’Angleterre et il est plus sûr pour les enfants de rejoindre l’Amérique. « Cet été-là n’était pas un été comme les autres, c’était un adieu. » (p. 17) Sur le bateau qui les emmène, les enfants doivent composer entre leur tristesse de quitter leur foyer et l’excitation d’un voyage aux mille promesses. « On ne peut malheureusement rien faire contre le mal du pays. Oublions tout ça, c’est l’heure d’une belle bataille de polochons. » (p. 68) Sous la forme d’un journal, Sabrina raconte la succession des jours et des découvertes. Sous la garde de tante Pel, Sabrina et James inventent des histoires merveilleuses et des aventures sur des îles désertes pour faire passer le temps pendant la traversée.

Une fois en Amérique, les enfants Lind sont confiés à la garde bienveillante d’Harriet et George, des amis de la famille. Alors que les adultes font leur possible pour cacher les inquiétantes nouvelles qui arrivent de Londres, Sabrina et James découvrent New York, la statue de la Liberté et l’Exposition universelle. « Vous savez ce qu’on ressent quand on tourne les pages d’un livre captivant ? Eh bien, l’Amérique, c’est tout à fait comme ça. » (p. 124) L’enfance s’impose malgré tout, malgré la guerre, sans se départir d’une insouciance grave et d’une innocence sage. « Nous ne pourrions pas être des réfugiés de toute façon. Les réfugiés sont des gens qui viennent de Pologne ou de Belgique, qui portent des châles et mangent de la soupe dans des abris et n’ont de maison nulle part. » (p. 132) Le petit James confie ses peines dans ses magnifiques poèmes et exprime son trop-plein d’énergie en boxant tous ceux qui le taquinent d’un peu trop près.

Quel beau roman pour la jeunesse ! Le dernier chapitre m’a brisé le cœur, mais je suis ravie de ne pas avoir retrouvé la rigueur sèche qui m’avait déplu dans Mary Poppins. Ici, les adultes sont tendres et compréhensifs devant des enfants qui ne sont pas systématiquement en faute ou à corriger. Ce sont de jeunes êtres sensibles et doués de raison. Sabrina affiche une jolie maturité pour son âge : on voit poindre en elle la jeune fille délicate et réfléchie qu’elle deviendra. Dans son journal, elle apprend à faire face au quotidien, à approfondir ses réflexions et à pondérer ses sentiments. Le voyage extraordinaire n’est pas que celui qui l’a conduite de l’Angleterre à l’Amérique, c’est aussi celui qui lui a fait quitter l’enfance innocemment aveugle pour entrer dans un monde résolument plus difficile.

L’extraordinaire voyage de Sabrina est un texte émouvant, puissant et drôle. Je le conseille sans réserve aux grands et aux petits lecteurs. Et pour poursuivre la découverte de P. L. Travers, je vous conseille de voir le très beau film Saving Mr Banks, où Emma Thompson incarne une P. L. Travers en négociation face à Walt Disney campé par un facétieux Tom Hanks. Le but de la négociation ? Adapter Mary Poppins au cinéma ! Ce film m’émeut à chaque fois que je le vois. Un dernier mot sur les illustrations Gertrude Hermes : les dessins délicats, les gravures et les croquis subliment ce texte et titillent agréablement l’imagination.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [4] - Permalien [#]
Tags :

25 janvier 2016

Le livre de la jongle

De Groodt_Livre de la jungleLivre de Stéphane de Groodt. Illustrations de Raphaël Cruyt.

L’auteur propose des définitions fort à propos et parfaitement loufoques d’expressions françaises auxquelles on ne prête plus vraiment attention. En leur donnant un nouveau sens, Stéphane de Groodt les dépoussière et dérouille nos zygomatiques. Je vous mets au défi de ne pas éclater de rire.

Voilà des textes qui se lisent et qui s’écoutent : ici, la lecture à voix haute s’impose. Même dans le métro, mais gare au fou rire ! Avec son humour piquant et primesautier, l’auteur explore sans pédanterie ni orgueil sa grande érudition. À n’en pas douter, Stéphane de Groodt a sa place parmi les grands auteurs comiques et les monstres de scène, à l’instar d’un Raymond Devos ou d’un Pierre Desproges.

Que penserait l’Académie française de tout cela ? Sur le fond, sans doute bien des choses, mais sur la forme, c’est irréprochable ! Absurde, dites-vous ? Et alors ? Marrons-nous un bon coup et laissons tomber les formes !

Évidemment, pour votre plaisir et le mien, voici quelques définitions tout à fait savoureuses.

« Être sur la sellette – Pour monter sur ses grands chevaux, il faut une grande selle. Pour monter sur ses petits chevaux, il faut une petite selle. Être sur la sellette sous-entend donc que l’on monte sur son poney, donc qu’on n’est pas très énervé. » (p. 16)

« Coller quelqu’un aux basques – De par leur situation géographique, les Espagnols sont ceux qui collent le plus aux Basques. Ne se quittant pas d’une semelle, les Basques aident d’ailleurs leurs voisins qu’ils trouvent ibère sympa. » (p. 27)

« Prendre son pied – C’est une question de bienséance. Il est toujours préférable de prendre son pied plutôt que celui de son voisin, au risque de prendre sa main dans la gueule, ce qui n’est pas le pied… » (p. 39)

« Donner du fil à retordre – Se dit quand on n’arrive pas à battre à plate couture. C’est tailleur pour cette raison qu’il ne faut pas se défiler, mais au contraire se battre à haute couture en vue de décrocher la médaille Dior. » (p. 42)

« Se taper la cloche – Ça fait mal. Se dit aussi d’un dîner où l’on se retrouve assis à une mauvaise place. » (p. 92)

« Poser un lapin – Pour soulever un lièvre dans la clairière, on pose un lapin sous le râble, ou l’érable si c’est la forêt. » (p. 115)

« Des châteaux en Espagne – À l’époque de l’Inquisition, il fut décidé d’instaurer la chasse des chatons en Espagne. Par minous, les catholiques entendaient par là qu’ils étaient responsables de scinder les partisans de l’orthodoxie catholique, car pour eux le cat est schisme. » (p. 160)

« Appeler un chat un chat – Aide à favoriser l’épanouissement personnel de l’animal. Appeler un chat un chien peut par contre lui minet le moral. » (p. 204)

Pour ne pas en rester là, je vous invite à découvrir une des chroniques télévisuelles de Stéphane de Groodt. Je sais, c’est mal de se moquer, mais comment résister quand on voit la différence d’intellect entre Stéphane et Nabilla.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

24 janvier 2016

Billevesée #213

Le champagne, on le sabre ou on le sable ? Personnellement, c'est une chose dont je me moque puisque je n'aime pas du touuuuut ça !

Mais voilà, comme je vous sais alcooliques amateurs de bonnes choses, je vais mettre ça au clair.

On peut sabler ou sabrer le champagne. Oui, inutile de vous écharper, les deux sont possibles. Mais le sens n'est pas le même.

On le sabre quand on l'ouvre avec un sabre. Voilà qui paraît logique.

On le sable quand on l'ouvre d'un seul coup.

C'est clair pour tout le monde ? On n'en parle plus, donc.

Alors, billevesée ?

Billevesee_Champagne

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Boudoir - Lignes d'affrontement [8] - Permalien [#]
Tags :

22 janvier 2016

Sons of Anarchy

Golden_Sons of AnarchyRoman graphique de Christopher Golden (scénario) et Damien Couceiro (dessin).

Pour SAMCRO, le Sons of Anarchy Motorcycle Club Redwood Original, la loyauté est une valeur fondamentale. Cette bande de bikers trempe certes dans des affaires illégales, mais son code d’honneur est inébranlable. « Vous autres, vous avez ce sens tordu de la noblesse, mais vous avez du sang sur les mains. » Quand Kendra Kozik, la fille d’un membre décédé du club, vient solliciter l’aide de SAMCRO pour échapper à un producteur de films pornos aux activités immorales, elle sait que, en dépit des vieilles rancœurs, elle trouvera une protection. Le premier à lui offrir son soutien est Alex Trager, dit Tig, ancien ami de son père. Tig est encore bouleversé par le meurtre de sa fille auquel il a assisté, impuissant. Pour lui, sauver Kendra, c’est un peu racheter ses fautes et ses absences en tant que père.

Ça peut sembler étrange, mais j’étais une très grande fan de la série Sons of Anarchy. Eh oui, il n’y a pas que les lapins et Zola dans la vie, il y a SOA aussi. L’ultime saison, diffusée l’an dernier, a refermé avec maestria une très bonne histoire de bikers, de violence, de famille et de chevalerie un peu dévoyée. Mon personnage préféré était Tig, incarné par le canonissime Kim Coates : ce motard un rien fêlé, totalement casse-cou, jouant sans cesse avec le feu, est aussi un cœur tendre qui aime les femmes et les chiens. OK, ce portrait ne lui fait certainement pas honneur… J’étais donc ravie de voir que cet ouvrage se concentre en particulier sur lui et pratiquement pas sur les histoires d’amour-haine de Jax, le président de SAMCRO.

L’épisode qui est ici présenté ne se situe pas au début de l’histoire telle que nous la présente la série télévisée. Le motorclub a déjà perdu des membres importants, il y a de l’eau dans le gaz entre Clay, l’ancien président, et SAMCRO. Et partout, des bandes rivales ou la mafia essaient de gagner du terrain. Bienvenue à Charming qui, en dépit de son nom, n’est pas un endroit dans lequel vous souhaiteriez rester si vous saviez ce qui s’y trame.

Le dessin de Damien Couceiro est sombre, rapide, parfois brusque et il illustre parfaitement cet épisode qui concentre ce qui a fait le succès de cette série : une violence sanglante, des personnages charismatiques, des dialogues ciselés mêlant humour potache et négociations âpres. Sons of Anarchy était une excellente série télévisée servie par des acteurs talentueux, une mise en scène soignée et un univers musical aux petits oignons. Je me dois finalement d’être honnête : si je vous parle de ce roman graphique, c’est parce que je l’ai lu – évidemment – et que je l’ai apprécié, mais c’est surtout pour vous parler de la série. Il faut avoir le cœur bien accroché parce que certaines scènes sont d’une violence à la limite du supportable, mais cette brutalité théâtralisée n’est jamais excessive ou accessoire : elle sert un propos dur et réaliste sur une partie de la société américaine. Alors, commencez par l’album de Christopher Golden et Damien Couceiro pour vous faire une idée (mais attention aux spoilers…) et embrayez sur la série si ça vous a plu !

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]