Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

25 septembre 2017

Le tonnerre de Dieu (qui m'emporte)

Clavel_Tonnerre de Dieu (qui memporte)Roman de Bernard Clavel.

Plusieurs fois par mois, Brassac descend à Lyon pour boire et fréquenter les filles. Il ramène souvent des chiens errants dans sa misérable ferme du Rhône. « Selon lui, les chiens valent mieux que les hommes. […] Il aime les chiens, c’est tout. Mais il les aime vraiment. Il aime d’ailleurs toutes les bêtes. » (p. 42) Un soir, il revient avec Simone, jeune prostituée, mais sans aucune pensée perverse dans ce sauvetage. « Je ne saurais expliquer pourquoi, mais je n’ai jamais eu l’impression que cet homme pouvait me faire du mal. » (p. 14) Sans s’en rendre compte, Simone s’installe dans la ferme, entre Brassac et son épouse Marie. Elle trouve une sérénité inconnue dans cette campagne reculée, se laissant envahir par de doux souvenirs qu’elle croyait perdus.

Avec des mots simples et des personnages à peine esquissés, Bernard Clavel monte des histoires puissantes et émouvantes. Ici, il dépeint la formation d’une famille avec des membres qui se choisissent. C’est efficace, fulgurant et très beau. Du même auteur, je vous recommande chaudement le magnifique Voyage du père.

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24 septembre 2017

Billevesée #300

300 !

Voilà, c'est tout !

Alors, billevesée ?

Billevesee_300

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22 septembre 2017

California Girls

Liberati_California girlsTexte de Simon Liberati.

Le 9 août 1969, Sharon Tate, épouse de Roman Polanski et enceinte de huit mois, est assassinée dans sa maison de Beverly Hills par plusieurs membres de la « famille », la secte dirigée par Charles Manson. « Il n’avait jamais tué de femme jusqu’ici et il se dit que c’était vraiment une besogne répugnante. Quelque chose qui vous mine le moral. Qui vous fait sentir tout petit et méchant une fois qu’on a frappé. » (p. 125)

Cette terrible histoire est un fait divers qui a secoué l’Amérique et horrifié plusieurs générations. Simon Liberati imagine les jours avant le supplice de Sharon Tate, mais aussi les jours qui ont suivi. Il nous fait plonger dans le quotidien de la « famille », nous frotter aux femmes et aux hommes puants de la secte et regarder Charles Manson droit dans les yeux. « Il était le Fils de l’Homme (Man-Son), une réincarnation de Jésus-Christ redescendu sur terre pour aider une nouvelle humanité à naître. En cela, il n’obéissait qu’à un seul maître. Soi-même. Jésus-Christ réincarné, c’était le sens de son nom : Charles Willis Manson, Charles will is man son. » (p. 82) Le malaise est immense et pourtant, pourtant, impossible de poser le livre ou de détourner le regard. On veut voir la lame s’enfoncer, on veut entendre les appels au meurtre et on veut sentir l’odeur du sang. Avec une chanson des Beach Boys en fond sonore. Hypnotique. Fascinant. Glaçant.

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20 septembre 2017

Catherine de Médicis

Gabella_Catherine de MedicisBande dessinée de Mathieu Gabella (scénario) et Paolo Martinello (dessins).

Quatrième de couverture – Catherine de Médicis, devenue veuve d’Henri II en 1559, exerce pendant trente ans tout ou partie du pouvoir sous les règnes de ses trois fils, François II, Charles IX et Henri III. Elle veille jalousement à maintenir le respect de l’autorité royale dans une période de troubles religieux et politiques. Échouant dans sa politique de pacification, elle endosse la responsabilité des massacres de protestants lors de la tristement célèbre Saint-Barthélémy : la légende noire de Catherine de Médicis est née.

Pas de résumé, l’Histoire se suffit à elle-même. Et il est bien difficile de saisir toute la complexité de Catherine de Médicis. On la voudrait froide et cruelle pour qu’elle colle à l’image véhiculée par les romans de capes et d’épée et certains films. Elle était surtout une femme de tête qui voulait préserver le royaume de France et asseoir la puissance de ses fils, mais pas à tout prix. Elle a longtemps essayé de contenter les protestants et les catholiques, jusqu’à l’irréconciliable. « Nous allons donner au peuple de Paris le Sang qu’il veut voir couler… pour lui couper l’herbe sous le pied. Et nous allons décapiter les protestants pour éviter la contre-attaque. Il y a un temps pour la paix, un autre pour la guerre. Que Dieu nous prenne en pitié. » (p. 37)

Je n'ai pas été subjuguée par le dessin, mais la bande dessinée n’est pas désagréable à regarder. Et elle a l’immense mérite de remettre en perspective tous les éléments qui ont conduit aux massacres des huguenots dans toute la France. Cette BD est un bel exemple de vulgarisation historique.

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18 septembre 2017

Philippe le Bel

Gabella_Philippe Le BelBande dessinée de Mathieu Gabella (scénario) et Christophe Regnault (dessins).

Quatrième de couverture – Philippe IV de France, dit Philippe le Bel, fils de Philippe III de France et de sa première épouse Isabelle d’Aragon, est roi de France de 1285 à 1314. Derrière la légende noire du procès des Templiers et des rois maudits se sache un souverain silencieux, secret et éminemment politique. Et les « affaires » qui émaillent cette époque suscitent les questions : Pourquoi s’en prendre au Temple ? Pourquoi ces guerres en Flandre ? Pourquoi ce conflit avec le Pape ? De ces presque 30 ans de règne émerge finalement une volonté constante et tendue vers un but unique : la grandeur du royaume de France !

Pourquoi ne pas faire un résumé de ma main ? Parce que l’Histoire se suffit à elle-même et que cette bande dessinée présente avec détails la vie de ce monarque. On comprend les rapports difficiles avec la papauté, quasiment jusqu’à la rupture. « Je ne veux pas m’approprier les biens du Temple, je veux une Église saine et obéissante. » (p. 43) Et surtout, on voit naître avec Philippe le Bel une certaine idée de la France, toute puissante et écrasante, qui trouvera une sorte d’achèvement, des siècles plus tard, sous le règne de Louis XIV. « Il fallait asseoir l’autorité du roi sur le royaume, envers et contre tous, faire face à l’Église et à son pape. […] Mais de tous mes adversaires, le seul qui me résiste désormais, c’est l’argent. Encore et toujours. Nous avons levé des taxes par tous les moyens possibles, usé de la guerre et des monnayages. Rien n’y fait. […] Désormais, le pouvoir de la couronne ne se plus seulement sur les champs de bataille, dans les assemblées ou des procès… mais dans les livres de compte. » (p. 46)

Le seul point négatif de cette bande dessinée, c’est son dessin que je n’ai pas du tout apprécié : anguleux et froid, je l’ai trouvé sans charme. Cela dit, j’aime énormément ce genre d’ouvrage qui vulgarise avec précision l’Histoire et sa complexité.

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17 septembre 2017

Billevesée #299

Lepus timidus, également appelé lièvre variable, est un...

OUI, JE PARLE ENCORE DE BESTIOLES À GRANDES OREILLES, ET ALORS ?!

Donc, le lièvre variable est ainsi appelé parce que son pelage change de couleur en fonction des saisons.

Alors, billevesée ?

Billevesee_Lievre variable

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15 septembre 2017

Challenge Destination PAL : édition 2017 - Tout le monde descend !

Vous avez passé un bel été ? Vous avez lu tout votre saoul ?

La croisière 2017 s'achève et il est temps de me donner vos bilans de lecture !

Destination PAL

On remet ça l'an prochain ?

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13 septembre 2017

Phil Ochs - Vie et mort d'un rebelle

Eliot_Phil Ochs, vie et mort dun rebelleBiographie de Marc Eliot.

Quatrième de couverture - Bob Dylan excepté, le plus important auteur-compositeur et interprète de la chanson nord-américaine des années 60 fut certainement Phil Ochs – bien que sa renommée n'ait que fort peu traversé l'Atlantique. Avec un talent et un courage peu communs, il traita en chansons la plupart des grands problèmes politiques nationaux et parfois internationaux d’une décennie particulièrement effervescente : de l’invasion américaine manquée contre Cuba jusqu’au Watergate et à la chute de Nixon, en passant par l’assassinat de Kennedy, la lutte pour l’égalité raciale, le soutien aux mineurs du Kentucky, l’opposition à la guerre du Vietnam, la résistance des peuples d’Amérique latine contre l’impérialisme (il organisa en 1974 à New York un immense gala de soutien au peuple chilien, avec la participation très remarquée de Bob Dylan). Au fil de sa vie courte et mouvementée, Phil Ochs connut plus ou moins intimement – de la rencontre occasionnelle à l’amitié profonde et durable – des personnages célèbres et divers, chanteurs (Bob Dylan, Pete Seeger, Tom Paxton, Joan Baez, Judy Collins, Victor Jara), activistes d’extrême gauche (comme Jerry Rubin avec qui il forma le mouvement Yippie), politiciens libéraux (Eugene McCarthy, Robert Kennedy ou Ramsey Clark) ou dessinateurs « underground » (Ron Cobb). Mais Phil Ochs ne fut pas seulement un « protest-singer » virulent ; la seconde phase de sa carrière créatrice, sans renier la première, la dépasse et lui donne un éclairage plus puissant, en débouchant sur des thèmes lyriques et philosophiques qui dévoileront un artiste véritablement majeur : poète, mélodiste, vocaliste, journaliste, agitateur d’idées nouvelles et parfois prophétiques. Malgré l'enthousiasme et le nombre de ses fans fidèles, Phil Ochs ne devint jamais une star ni un gros vendeur de disques. Tiraillé entre ses propres contradictions, l'évolution générale de la société américaine et de la jeunesse, et les affres du show-business, ne parvenant plus à écrire, à partir de 1970 il sombra dans l'alcoolisme et la dépression nerveuse, qui le conduisit finalement au suicide. Il laisse néanmoins une œuvre qu'il est plus que temps de découvrir.

Il est toujours vain de vouloir résumer la vie d’un homme quand on lit sa biographie. La quatrième de couverture fait assez bien le boulot ici. J’ai découvert Phil Ochs grâce à Stephen King, dont l’un des courts romans publiés dans Cœurs perdus en Atlantique s’articule autour de la chanson I Ain’t Marching Anymore. Si le King dit que c’est bon, il faut forcément que je jette un œil/une oreille. Voilà plusieurs années que je suis émue dès que j’entends les chansons de cet ancien enfant rêveur, journaliste chantant, opposé à la guerre et à l’impérialisme. Écorché vif, éternel insatisfait, idéaliste, Phil Ochs est le poète maudit de la folk music. « Politique et musique étaient deux aspects importants, bien que séparés, de ses talents naissants. » (p. 50)

Il est dommage que les chansons ne soient présentées que dans leur traduction française, sans rappel des textes originaux. Pour vous faire une idée de la voix et du talent de Phil Ochs, écoutez les incontournables I Ain’t Marching Anymore, Crucifixion, Pleasures of The Harbor, Santo Domingo, A Tape of California, The War is Over, I’m Gonna Say It Now. Dans ses chansons, Phil Ochs proteste, accuse et revendique, mais ce qu’il cherche avant tout, c’est à plaire à tous ceux qui l’écoutent. « Il leur aurait donné n’importe quoi. Tout ce qu’il voulait en retour, c’était leur amour sous la forme d’un tube. » (p. 132)

Le seul reproche que j’ai à faire à ce texte est son style lyrique, parfois jusqu’au délire. Nous sommes moins devant une biographie d’artiste que devant l’hommage d’un fan. « J’ai décidé d’écrire ce livre le lendemain du suicide de Phil Ochs. » (p. 13) Mais c’est finalement assez pardonnable : la personnalité de Phil Ochs, très humaine et très sensible, ne peut pas laisser de marbre. « J’ai pris des leçons pour pouvoir jouer les chansons de Phil à la guitare : je voulais sentir ce que ça faisait de promener mes doigts sur sa musique. » (p. 14) L’émotion de Marc Eliot est largement partagée grâce au livret de photos placé au centre du livre. On découvre Phil Ochs à divers âges de sa vie : enfant, adolescent, jeune homme et jusqu’à la veille de sa mort.

Après avoir lu cette biographie, tout en écoutant les chansons de Phil Ochs, quasiment toutes disponibles en plus ou moins bonne qualité sur YouTube, je n’ai qu’une envie, trouver enfin les albums de cet artiste qui m’émeut tant.

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11 septembre 2017

Minuit 4

King_Minuit 4Recueil de deux courts romans de Stephen King.

Le policier des bibliothèques – Il existe une légende bien connue de tous les enfants américains : s’ils ont du retard pour rendre les livres, le policier des bibliothèques viendra les punir. Quand Sam Peebles emprunte des ouvrages pour terminer un discours professionnel, il ne se doute pas que ses vieilles terreurs d’enfant vont s’incarner sous la forme de la terrible Ardelia Lortz, dont Junction City n’ose pas dire le nom, et s’en prendre à ses amis. Des traumatismes d’enfant refont surface et il faut tout le courage de l’adulte pour vaincre les monstres venus du passé.

Ce n’est clairement pas l’histoire courte/nouvelle de Stephen King la plus renversante que j’aie lue, mais sous l’horreur et la terreur, elle fait la part belle à l’humour et à l’autoréférence, ce qui me plaît toujours quand c’est fait par le roi de l’épouvante, parce que ce n’est pas de l’autosatisfaction, mais une façon de mettre en perspective son œuvre et de prouver à quel point elle est inscrite dans l’imaginaire collectif et populaire. « Je n’ai jamais entendu un disque de Ozzy Osbourne et n’en ai aucune envie, non plus que de lire les romans de Robert McCammon, Stephen King ou V. C. Andrews. » (p. 35)

Le molosse surgi du soleil – Kevin est le plus heureux des gamins quand il reçoit un polaroïd pour son anniversaire. Mais l’appareil prend toujours la même photo, ou presque. « Ce qui clochait avec cette photo était l’impression qu’elle donnait de clocher. » (p.25) Sur chaque cliché, il y a un chien énorme qui semble se déplacer. Kevin confie l’appareil à Pop Merrill, sinistre citoyen de Castle Rock dont la curiosité malsaine n’a d’égale que la cupidité. Il faudrait détruire le polaroïd, mais il y a des forces qui semblent l’empêcher. « Ce truc prend des photos d’un autre monde. » (p. 338) Cours, Kevin, cet autre monde en a après toi !

Impossible de ne pas penser à Rose Madder et à son tableau dont l’image se change en vision d’horreur. Ici, à nouveau, l’image est vivante et dangereuse et bien décidée à attaquer le jeune propriétaire de l’appareil photo. Cette histoire a le mérite d’être brève : sans être inintéressante, elle n’est pas renversante. Une fois encore, je me suis surtout délectée de l’ambiance particulière propre aux romans de Stephen King : que l’intrigue se déroule à Castle Rock annonce toujours du bizarre ou de l’horrifique. Et c’est encore mieux agrémenté de quelques références à Cujo ou à Christine.

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10 septembre 2017

Billevesée #298

On appelle la Corse l'île de Beauté parce qu'elle regorge de paysages superbes.

Mais j'ai cherché en vain la première occurrence de cette appellation.

Si vous avez des pistes...

Alors, billevesée ?

Billevesee_Ile de beaute

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