Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

24 juillet 2014

L'épée d'Ardenois - III/IV Nymelle

Willem_Epee dArdenois_NymelleBande dessinée d'Étienne Willem.

Arthus, Grimbert et la la Fouine, les fiers compagnons de l’Aube, ne désarment pas : Hellequin de Bois-Maudits collecte chaque jour une nouvelle pièce de l’armure de Nuhy, permettant à ce dernier de revenir à la vie. Les royaumes alliés de Bohan, Herbeutagne et Valdor semblent plus faibles et désunis que jamais alors que des hordes de pirates skernovites déferlent sur les côtés.

Maintenant que Garen a compris qu’il est le fils de la prophétie, celui qui doit tuer Nuhy avec l’épée d’Ardenois, il est effrayé par les responsabilités qui pèsent sur ses jeunes épaules. Toujours sans nouvelles de sa mère, il ne sait pas s'il pourra accomplir ce qu'on attend de lui. Avec l’aide de maître Maugis, le vieux hibou qui en sait tant, il doit aller au-devant de son destin. C’est compter sans Nymelle, ancienne apprentie de Maugis qui veut sa revanche. « Mais Garen n’est pas un danger, pas même un guerrier… Il est juste… / Il est juste un symbole, une lumière qui rend l’ombre plus noire, et aveugle celui qui la contemple. Voilà pourquoi il est dangereux. Les bardes ont déjà commencé à chanter sa geste !! » (p. 43)

Légende, secret, complot, alliance, vengeance et guerre : ce troisième volume est bien sombre. Le dessin est toujours très dynamique et les visages remarquablement expressifs. Le dénouement se fait attendre avec délice et c’est une impatience grandissante que j’attends l’accomplissement du destin de Garen, ce charmant petit lapin. Avec toujours une bonne dose d’humour et des clins d’œil délicieux au fil des pages, Nymelle est un très bon opus.

Willem_Epee dArdenois_Nymelle_1

Tome I : Garen - Tome II : La prophétie

Challenge Totem

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22 juillet 2014

La ferme africaine

Blixen_Ferme africaineTexte autobiographique de Karen Blixen.

La baronne Karen Blixen-Finnecke, Danoise d’origine, a acheté une plantation de café en Afrique. Dans ce texte, elle parle de ses relations avec les indigènes, certains devenant de proches amis. Elle évoque son attachement à cette terre chaude et sauvage, si proche encore des merveilles de la création telle que Dieu l’a voulue. « Moi, je sais un hymne à l’Afrique, un chant sur les girafes allongées et sur le clair de lune, sur les charrues dans le sol et les visages luisants de sueur des cueilleurs de café. Et l’Afrique, sait-elle un chant sur moi ? L’air vibre-t-il jamais d’une couleur que j’ai portée, y a-t-il un jeu d’enfant où mon nom ressurgit, la pleine lune jette-t-elle sur le gravier de l’allée une ombre qui ressemble à la mienne ? » (p. 113 & 114) Sa tendresse parfois condescendante révèle avant tout un amour profond pour ce continent.

Entre nostalgie et regret, l’auteure évoque également sa relation avec Denys Finch Halton, colon à l’élégance folle, adepte d’un amour intense, mais sans attache. Quand la ruine est consommée et qu’elle doit vendre sa ferme, l’auteure sait qu’elle gardera en elle l’empreinte de l’Afrique, brûlante et indélébile, cette Afrique dont elle fait désormais partie, pour toujours.  « Un Blanc qui aurait voulu nous complimenter aurait écrit : ‘Je ne vous oublierai jamais.’ Mais un Africain dit : ‘Nous ne te croyons pas capable de jamais nous oublier.’ » (p. 117)

Out of Africa est davantage un recueil de chroniques qu’un roman : sans logique temporelle, l’auteure aborde un sujet et un autre, ne suivant que le fil de ses souvenirs et de sa nostalgie. Hélas, cela crée un immense manque de cohérence : en règle générale, je n’apprécie pas les récits décousus, il en est de même pour ce texte dont je retiens tout de même de superbes passages. Et bien sûr, je ne peux que recommander l’adaptation cinématographique avec Meryl Streep et Robeeeeeeert Redford.

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20 juillet 2014

Billevesée #134

Aujourd'hui, un mot qui me fait marrer. Oui, parfois, il suffit d'un mot... Parlez-moi de scoubidou, de billevesée, de bergamote ou criez saperlipopette et je souris !

Le mot rigolo du jour est lèchefrite, ce récipient que l'on place sous une broche pour recueillir la graisse et le jus de la viande en train de cuire. Non content de me faire marrer, ce mot me met aussi en appétit.

Alors, billevesée ?

Billevesee_Leche frite

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17 juillet 2014

En finir avec Eddy Bellegueule

Louis_En finir avec Eddy BellegueuleRoman autobiographique d’Édouard Louis.

Eddy Bellegueule a toujours eu conscience de sa différence : il est délicat, ce n’est pas un dur. Dans la famille où il est né, c’est une anomalie, une tare, une honte.  « Ils pensaient que j’avais fait le choix d’être efféminé, comme une esthétique de moi-même que j’aurais poursuivie pour leur déplaire. » (p. 27) Martyrisé à l’école, moqué dans le village, humilié dans sa famille, Eddy encaisse, coup après coup, sans rien dire, parce que se plaindre, ce serait encore plus honteux pour lui et les siens. « On ne s’habitue pas tant que cela à la douleur. » (p. 41) Pendant des années, le garçon essaie de devenir ce qu’on attend de lui et lutte contre lui-même.

Le malheur d’Eddy Bellegueule, ce n’est pas tant d’être un garçon aux tendances homosexuelles, c’est d’être né dans un milieu défavorisé où la pauvreté est autant matérielle qu’intellectuelle et où il ne fait pas bon être autre chose qu’un homme, un vrai. Dans sa lutte contre le déterminisme social et familial, Eddy Bellegueule s’illustre comme un être courageux, à tel point qu’il aurait pu, sans rougir, être un personnage d’Émile Zola. « L’impossibilité de le faire empêchait la possibilité de le vouloir, qui à son tour fermait les possibles. » (p. 79) Refusant de se contenter de ce qui semble destiné et immuable, il ose voir plus loin pour vivre mieux. Se sauver de chez lui pour se sauver lui-même, c’est finalement la seule solution.

En finir avec Eddy Bellegueule est un roman autobiographique. Le mot important est « roman ». Largement inspiré de son enfance et de ses souffrances, le texte appartient à la fiction et il serait vain et crétin d’y voir un simple règlement de compte à l’encontre de ceux qui ont fait de son enfance un enfer. On peut se dire que cette histoire est partielle et partiale puisqu’un seul protagoniste s’exprime au nom des autres. « Elle formule la thèse de la folie pour ne pas laisser échapper cet autre mot, pédé, ne pas penser à l’homosexualité, l’écarter, se convaincre que c’est de la folie, préférable au fait d’avoir pour fils une tapette. » (p. 123) Et alors ? Roman ou autobiographie, fiction ou réalité, En finir avec Eddy Bellegueule est un texte nécessaire sur l’homophobie qui, dans certains milieux, est plus une habitude qu’une véritable prise de position. Mais qu’elle soit pensée ou bêtement suivie, l’homophobie est un mal qui ronge les fondements d’une société qui se prétend égalitaire.

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15 juillet 2014

Différentes saisons

king_Differentes saisonsRecueil de textes de Stephen King.

Espoir, éternel printemps – Rita Hayworth ou la rédemption de Shawshank

Andy Dufresne entre dans la prison de Shawshank pour une longue peine. Jugé coupable d’avoir assassiné son épouse et l’amant de celle-ci, il est pourtant innocent. Durant toutes les années de sa captivité, refusant de laisser enfermer, il prépare une spectaculaire évasion dont le premier élément est un poster de Rita Hayworth. C’est l’histoire de cette évasion que raconte le narrateur « Andy était cette part de moi qu’ils n’ont jamais pu enfermer, la part de moi qui se réjouira quand finalement le portail s’ouvrira et que je sortirai, vêtu d’un costume minable, avec vingt dollars me brûlant les poches. […] De cette part, tout simplement Andy en avait plus que moi et il s’en est mieux servi. » (p. 118) Le film de Frank Darabont avec Tim Robbins et Morgan Freeman m’avait beaucoup plu et cette lecture me donne furieusement envie de le revoir.

Été de corruption – Un élève doué

Todd Bowden est un bon garçon, bien élevé, intelligent. Impossible de comprendre son attitude quand il démasque un ancien officier nazi dans le voisinage : au lieu de le dénoncer aux autorités, il le presse de questions et veut toujours plus de détails. « Pourquoi viens-tu ici déranger un vieillard ? Peut-être, comme tu le dis, étais-je autrefois un nazi. Et même un SS. Maintenant, je suis vieux, c’est tout, et je dois prendre un suppositoire pour faire fonctionner mes intestins. Alors, qu’est-ce que tu veux ? / / Eh bien… je veux qu’on me raconte. C’est tout. C’est tout ce que je veux. Vraiment. » (p. 152) Hélas, la fascination macabre du garçon pour le passé de l’officier nazi va virer à l’obsession, au chantage et au sadisme. Peu à peu, le rapport de force s’inverse et s’annule : le gamin et le vieux deviennent deux monstres liés l’un à l’autre par la honte et l’horreur.

L’automne de l’innocence – Le corps

Billy, Vern, Teddy et Chris tuent le temps avant la rentrée des classes. Ce sont les derniers jours des vacances d’été. Pour marquer le coup et tenter de devenir des héros, ils partent à la recherche du cadavre d’un jeune garçon. Ces quelques jours arrachés à la monotonie et à l’ennui les feront passer de l’enfance à l’adolescence quand l’aventure entre copains se heurte à la brutale réalité. « Le gosse était mort. Le gosse n’était pas malade, il n’était pas endormi. Le gosse n’allait plus jamais se lever le matin ou attraper la chiasse en mangeant trop de pommes ou cueillir de la vigne vierge. […] Le gosse était déconnecté de ses baskets sans aucun espoir de réconciliation. Il était mort. » (p. 504) Le film de Rob Reiner avec Wil Wheaton et Kiefer Sutherland est un bijou d’émotion qui colle très exactement au texte.

Un conte d’hiver – La méthode respiratoire

À New York, il existe un club d’hommes très fermé. Les participants s’y retrouvent pour lire, discuter ou jouer aux cartes, comme dans tous les clubs. Mais pour Noël, ils ont l’habitude de se raconter des histoires surnaturelles. L’une d’elles est particulièrement étrange et relate l’accouchement d’une femme grâce à une étonnante méthode respiratoire. « Quel mal y aurait-il, au nom du ciel, à raconter à ma femme une soirée parfaitement innocente dans le club vieillot de mon directeur… et même s’il y avait quelque chose de mal, qui le saurait jamais ? » (p. 559) Et pourtant, le personnage principal se garde bien d’évoquer ses rencontres avec son épouse, tout comme il évite de poser trop de questions à l’étrange majordome, en dépit du malaise qui l’assaille quand il passe la porte du club.

Ni tout à fait romans, ni tout à fait nouvelles, ces quatre textes suffisent à prouver l’étendue du talent du King. Capable de nous tenir en haleine avec les histoires les plus simples ou de nous faire frissonner d’horreur devant les pires avanies, Stephen King sait parfaitement ce qu’il fait de ses lecteurs et comment les atteindre. Encore, ai-je envie de dire ! Heureusement que je n’ai pas tout lu de cet auteur !

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13 juillet 2014

Billevesée #133

Allons enfants de la patrie-ie-ie, etc., aux armes et tout ce que vous voulez !

Le chauvinisme ne passant pas par moi, je ne m'en tiens pas à la fête nationale française. Voyons celle d'autres pays.

  • Arabie Saoudite : 23 septembre
  • Belgique : 21 juillet
  • Canada : 1er juillet
  • Djibouti : 27 juin
  • Éthiopie : 28 mai
  • Fidji : 10 octobre
  • Géorgie : 26 mai
  • Honduras : 15 septembre
  • Indonésie : 17 août
  • Jamaïque : 6 août
  • Koweït : 25 février
  • Luxembourg : 23 juin
  • Malte : 21 septembre
  • Népal : 7 juillet
  • Ouganda : 9 octobre
  • Pérou : 28 juillet
  • Qatar : 3 septembre
  • Russie : 9 mai
  • Sainte-Lucie : 22 février
  • Tchad : 11 août
  • Ukraine : 24 août
  • Vatican : date variable qui correspond à l'anniversaire de la messe d'inauguration du Pape en fonction
  • Rappelez-vous : il n'existe aucun pays commençant par les lettres W et X !
  • Yemen : 22 mai
  • Zambie : 24 octobre

Alors, billevesée ?

Billevesee_Fete nationale

La musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas, disait Brassens. Moi, je n'ai rien contre un défilé de mignons militaires...

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11 juillet 2014

Dreamcatcher

King_DreamcatcherRoman de Stephen King.

Jonesy, Beaver, Henry et Pete sont quatre amis inséparables depuis l’enfance, depuis qu’un évènement héroïque les a soudés pour toujours. Tous les ans, à l’automne, ils partent pour une semaine de chasse au fond des bois. Cette année, quelque chose tourne mal et leur virée entre hommes pourrait être la dernière. Prise dans une tempête de neige, la forêt s’affole et les animaux fuient d’étranges lumières qui flottent dans le ciel. L’invasion vient d’en haut et d’horribles créatures s’en prennent aux créatures vivantes qu’elles croisent, attaquant leur chair, mais aussi leur esprit. « Parce qu’ils n’étaient pas de pauvres petits E. T. sans défense, attendant que quelqu’un leur donne une carte de téléphone pour qu’ils puissent appeler chez eux, parce qu’ils étaient une maladie. Ils étaient le cancer. » (p. 219) Alors que les autorités s’en mêlent et tentent de juguler la contamination, les quatre amis d’enfance sont confrontés à l’une des plus grandes terreurs de l’Amérique.

Dans la mythologie et le folklore des États-Unis, il est impensable de ne pas mentionner les extraterrestres, leurs tentatives d’invasion de la terre et les efforts déployés par le gouvernement pour cacher ces attaques. La théorie du complot qui existe autour de ce sujet a déjà fait couler beaucoup d’encre, mais Stephen King avait aussi son mot à dire. Sous sa plume, ce sont surtout les flots de sang qui coulent : l’épouvante est telle qu’il est impossible de ne pas comprendre l’ironie. Stephen King ne se moque pas des peurs de ses concitoyens, mais en les exagérant, il choisit d’en pointer le ridicule à des fins cathartiques. « Les rêves vieillissent plus vite que les rêveurs. » (p. 20) Je ne vais pas vous mentir : ce roman glace le sang à de nombreuses reprises, mais sa chute et sa morale sont loin d’être simplistes. À sa manière si particulière, Stephen King dénonce une nouvelle fois les dérives d’un pays qu’il ne cesse pourtant pas d’aimer et d’admirer.

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09 juillet 2014

Oxymore mon amour : dictionnaire inattendu de la langue française

Chiflet_Oxymore mon amourOuvrage de Jean-Loup Chiflet.

Jeux de mots, mystères des règles de grammaire, noms étranges, vocabulaire désuet, figures de style, tout est bon pour faire lire et faire rire. Jean-Loup Chiflet présente la langue française qu’il aime, cette langue si riche et si ludique, à la fois exigeante et fantasque. Si vous avez un balai coincé dans la couverture, passez votre chemin ! Si vous êtes plutôt du genre à mettre les points sur les virgules et à ne pas fermer les parenthèses, régalez-vous !

Que collectionnent le capillabélophile, le glacophile et le schoïnopentaxophile ? Respectivement les étiquettes de fond de chapeau, les pots de yaourt et les cordes de pendu.

Rangez votre dictionnaire de rimes, parfois (souvent) il ne sert à rien d’autre qu’à caler les portes. « Certains mots ne riment avec aucun autre nom commun. Ainsi, triomphe, quatorze, quinze, simple, pauvre, meurtre, monstre, belge, goinfre, larve ne riment à rien ! » (p. 26)

Saviez-vous que grammaire et grimoire ont la même étymologie ? Le premier mot a évolué de façon savante et le second de façon vulgaire. Mais non, ne vous fâchez pas, les sorciers sont des gens très bien élevés !

Un Parisien vit à Paris et un Chinois vit en Chine. Plus difficile : le Malgache vit à Madagascar et le Séquanodynosien vit en Seine-Saint-Denis. Mais où vit le Bragard ou le Sourdin ? À Saint-Diziers et à Villedieu-les-Poêles. Et oui, certains gentilés n’affichent pas vraiment la couleur !

Enfin, voici un mot qu’il faudrait inventer : qu’est-ce qu’un chiyoyo ? C’est un petit chien au bout d’une laisse à enrouleur.

Oxymore mon amour est un ouvrage à ne pas prendre au premier degré, ce serait rudement dommage, mais il offre quelques rappels bienvenus de cette bonne vieille grammaire qui terrorise tant les écoliers. J’ai commencé cette lecture en janvier et je la termine tout juste. Non pas que cet ouvrage soit indigeste, mais il met à rude épreuve les zygomatiques. Comme je ne veux pas mourir tout de suite, ni de rire ni d’autre chose, j’ai préféré étaler cette lecture dans le temps. Bien m’en a pris, je me suis payé plusieurs bonnes tranches de rigolade !

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07 juillet 2014

La bande à Mafalda

Quino_Bande a MafaldaBande dessinée de Quino.

Faut-il vraiment présenter Mafalda, petite fille très éveillée ? Elle aime les Beatles et la Panthère rose, mais elle est bien préoccupée par la menace nucléaire et la guerre froide. Et ses amis ne sont pas plus sereins. « C’est bien ce que je te disais Miguelito. Ce vaccin protège contre la polio, mais pas contre le communisme. / Dommage ! J’aurais bien aimé faire un doublé. » (p. 4) Manolito, Susanita, Felipe, Mafalda et tous les autres sont d’adorables petits bonshommes qui ont de grandes interrogations politiques, sociales et économiques, ce qui est loin d’être de leur âge. « J’ai beaucoup pensé au rôle de l’homme dans le monde et je suis arrivée à la conclusion qu’un rôle ne vaut rien si la pièce est mauvaise. » (p. 9)

Quino_Bande a Mafalda_1

L’humour présent dans ces strips naît du décalage entre les inquiétudes exprimées et la maturité improbable de gamins qui feraient mieux d’aller jouer au ballon. Comme Calvin et Hobbes, les bandes dessinées mettant en scène Mafalda expriment un désespoir tout à fait comique et grinçant. « Maman ? / Qu’est-ce qu’il y a ? / Rien. Je voulais seulement m’assurer qu’il y a encore un joli mot qui sert à quelque chose. » (p. 45) Et à l’instar du petit garçon avec son tigre en peluche, Mafalda a des parents qui sont souvent dépassés par la maturité de leur enfant. « Papa, si on trouve les petits bébés sous les choux, ça veut dire que j’ai eu une origine végétale ? / Je peux te dire seulement que tu es mon chou. / Tu te débrouilles pas mal, tu sais ? » (p. 46)

De temps à autre, un album de Mafalda rend le monde un peu gris !

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06 juillet 2014

Billevesée #132

Tout le monde à poil !

Aujourd'hui, je vous parle des femmes à barbe. Souvent exhibées dans les foires, ces femmes souffrent d'hirsutisme, un déréglement physiologique qui se traduit par l'apparition de poils de type masculin sur des zones corporelles qui sont habituellement glabres sur le corps féminin.

Alors, billevesée ?

Billevesee_Femme a barbe

 

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