Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

27 février 2015

Pimpon le camion de pompiers

Ridel_Pimpon le camion de pompiersAlbum jeunesse de Curd Ridel.

Le camion Pimpon est bien beau avec sa couleur rouge. Il se promène tranquillement quand il entend des cris dans un arbre : c’est le lapin Pipio qui ne peut plus redescendre après être allé chercher son cerf-volant coincé dans les branches. Heureusement, avec sa grande échelle, Pimpon est un camion bien secourable ! « L’échelle de Pimpon s’allonge, s’allonge comme pour toucher les nuages. » Tout est bien qui finit bien et Pipio peut retourner jouer avec son cerf-volant. Il y a aura toujours des enfants insouciants !

Avec son bouton sonore, nul doute que ce petit livre cartonné ravira les enfants. Leurs parents, un peu moins…

Challenge Totem

 

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25 février 2015

La véritable histoire de Noël

Leino_La veritable histoire de NoelRoman jeunesse de Marko Leino.

Le jeune Nicolas Pukki se retrouve orphelin le soir de Noël, la mer glaciale de la Laponie lui ayant arraché ses parents et sa petite sœur. Le village de Korvajoki est attristé par ce drame, mais également pris à la gorge par la misère et aucune famille ne peut adopter définitivement l’enfant. Le conseil du village décide donc que Nicolas passera un an dans chaque famille et changera de foyer la nuit de Noël. Pour remercier ses hôtes, il confectionne de petits jouets en bois pour les enfants des familles qui l’ont accueilli. D’année en année, il faut de plus de plus de jouets et il y a de plus en plus d’enfants à satisfaire. « Un jour, sa nouvelle famille serait composée du village de Korvajoki tout entier ! » (p. 97) Confié en apprentissage à Iisakki, un ébéniste bourru des environs, Nicolas perfectionne son talent et décide que, le matin de Noël, tous les enfants trouveront un jouet devant leur porte. Il ne lui manque qu’un traîneau, quelques rennes et un habit rouge pour créer la légende. « Les héros sont toujours nécessaires, leur existence n’est pas vaine. » (p. 82) Mais sa promesse doit rester secrète. « Moins ils en sauront, plus ils pourront croire. » (p. 242)

Ce roman me laisse un sentiment plutôt positif. L’histoire est bien menée et revisite la forme du conte de Noël : avec ses 24 chapitres, ce livre peut parfaitement accompagner les jeunes lecteurs au cours du mois de décembre, pour entrer doucement dans la magie de Noël. Il y a quelques ruptures de ton un peu dissonantes, mais dans l’ensemble, ce texte se lit très bien. À mon goût, il y a trop de tristesse et de répétitions : Nicolas doit rester seul, il est condamné à la solitude, il doit taire son secret, etc. Le discours final sur l’amour n’a pas réussi à lever complètement la pesanteur qui entoure le personnage principal. Toutefois, le message principal est donné. Il y aura toujours des enfants et ils auront toujours besoin de jouets, quelle qu’en soit la provenance. L’essentiel est de perpétuer la tradition et la joie de donner, cette dernière s’apprenant dès le plus jeune âge.

Une lecture qui arrive avec deux mois de retard sur le calendrier des festivités...

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23 février 2015

Une saison blanche et sèche

Brink_Saison blanche et secheRoman d’André Brink.

Ben du Toit est un professeur sans histoire dans une école d’Afrique du Sud. Son quotidien vacille après l’arrestation et le meurtre de Gordon et Jonathan Ngubene. Le premier est le concierge de l’école où travaille Ben et il a trouvé la mort en tentant d’élucider les circonstances de l’assassinat du second, qui n’est autre que son fils. « Laborieusement, comme une fourmi, Gordon réunit des preuves, dans l’amour et la haine. » (p. 65) Ben du Toit est alors confronté à la corruption du système judiciaire et policier et il comprend enfin ce que signifie l’Apartheid qui frappe son pays. À son tour, il rassemble des preuves et des témoignages pour dénoncer les deux meurtres, les violences policières et le procès truqué. « Ne suis-je pas totalement inutile, en fait déplacé, dans un mouvement si vaste, si compliqué ? La seule idée d’un individu essayant d’intervenir n’est-elle pas absurde ? » (p. 201) De plus, sa peau blanche ne le met pas à l’abri des foudres d’un gouvernement hypocrite, cynique et inhumain. « Regardez ce que le gouvernement fait pour eux… et, en échange, ils brûlent et détruisent tout ce qui leur tombe sous la main. Pour finir, ce sont eux qui en font les frais. » (p. 80) Dans sa quête de justice et de vérité, Ben du Toit va perdre sa famille et son travail, mais il ne cédera pas devant les menaces et les intimidations.

La narration est portée par un journaliste, ancien ami de Ben du Toit, qui a mis en ordre les papiers laissés par le professeur après sa mort. Par recoupements et déductions, l’histoire se met lentement en place, contredisant les articles de presse et les rapports officiels. Ce qui apparaît est une vérité sombre et sordide sur un pays divisé, où les peuples sont séparés par une frontière invisible, mais dense qu’il ne fait pas bon franchir, ni vouloir abattre. Ben du Toit est une victime volontaire, un martyr qui se sacrifie pour une cause qu’il fait sienne, affirmant et proclamant ainsi que rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Une saison blanche et sèche est une lecture coup-de-poing : le roman date de 1982, mais il n’a pas pris une ride, car si l’Apartheid est révolu en Afrique du Sud, il y a bien d’autres pays qui souffrent de ce genre de maux.

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22 février 2015

Billevesée #165

Sujet récurrent des pauses au boulot : l'eau. Ou plutôt, le goût de l'eau.

J'affirme et je maintiens que l'eau a un goût différent selon sa provenance. Ainsi, il y a des eaux en bouteille que je préfère à d'autres. Et oui, je trouve que l'eau du robinet a un goût (très souvent de javel, mais passons).

Mes collègues s'accordent pour dire qu'il y a une différence de goût entre tel soda rouge et tel soda bleu, mais quand je parle d'eau, ça rigole !

M'en fous, moi je sais ce que je sens !

Alors, billevesée ?

Billevesee_Gout de leau

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20 février 2015

Mr. Nosey

Hargreaves_Mr NoseyAlbum jeunesse de Roger Hargreaves.

Monsieur Curieux est curieux, tout simplement. « Mr Nosey liked to know about everything that was going on. He was always poking his nose into other people’s business. » S’il y a une serrure, Monsieur Curieux – ou Mr Nosey en anglais – va forcément y jeter un coup d’œil. S’il trouve une lettre qui ne lui est pas adressée, il va forcément l’ouvrir. Si son voisin lit le journal, il va forcément vouloir le lire en même temps. Évidemment, les habitants de Tiddletown ont en plus qu’assez que Monsieur Curieux se mêle toujours de leurs affaires. Ils décident donc de lui donner une bonne leçon !

Pauvre Monsieur Curieux ! Avec un nez pareil, ce n’est pas très étonnant qu’il lui arrive tant de mésaventures. Voici le premier album de Roger Hargreaves que je lis en langue originale. C’est là que je comprends une nouvelle fois l’immense talent des traducteurs, car la musicalité de l’histoire est la même en français et en anglais. Je vais donc continuer à lire les charmantes histoires de Monsieur et Madame !

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18 février 2015

Conte d'hiver

Helprin_Conte dhiverRoman de Mark Helprin.

Dans ce roman, vous trouverez :

  • New York en hiver,
  • Un étalon blanc qui court si vite qu’il s’envole,
  • Peter Lake, cambrioleur amoureux,
  • Pearly Soames et sa bande de gangsters,
  • Un gâte-sauce tatoueur,
  • Une étrange communauté qui vit dans les marais,
  • Beverly, jeune beauté aux cils si longs qu’il lui faut des lunettes spéciales,
  • De la neige et du vent,
  • Un froid à briser les arbres et les cœurs,
  • Un mur de brouillard,
  • Des bateaux et des hommes qui surgissent des nuages,
  • Une femme qui collectionne les mots et qui parle à un coq,
  • Un plateau en or,
  • Des amours flamboyantes,
  • Un homme qui cherche une ville parfaitement juste,
  • Un train pris dans la glace,
  • Un incendie qui pourrait brûler la mer,
  • L’affrontement du soleil et de la baleine, ou de deux journaux si vous préférez,
  • Un amour qui transcende le temps,
  • L’arrivée du nouveau millénaire,
  • Des réalités imperceptibles et des rêves qui prennent forme.

Il serait dommage, voire criminel de dévoiler les tenants et les aboutissants de ce très beau roman. « Vous saurez exactement qui vous êtes et pour toujours, en découvrant qui vous aimiez. » (p. 680) De page en page, on découvre une fantasmagorie amoureuse qui se joue de la mort, un portrait de New York si précis que la ville est davantage un être vivant qu’un décor, et une profonde interrogation sur le temps et ses frontières. Les personnages sont nombreux et aucun n’est le héros, de même que les époques se succèdent et, finalement, se confondent. Écrit en 1983, traduit en français en 1987 et republié en 2014, ce roman reste étonnamment moderne dans sa composition et son propos. Je vous laisse sur quelques très beaux extraits de cette pépite littéraire.

« Les vertus restent intactes et incorruptibles. Elles sont une récompense en elles-mêmes, un rempart qui nous sert à protéger notre vision du beau. Elles nous donnent la force nécessaire pour supporter sans flancher les tempêtes qui nous assaillent lorsque nous partons à la recherche de Dieu. » (p. 284)

« La ville, parfaitement juste, ne pouvait émerger de ruines dégoutantes, ni sortir du ventre d’une civilisation industrielle corrompue, ni se former autour du cœur d’une ville assourdissante et inhumaine, entièrement grise, à l’image des machines. Elle ne pouvait prendre son essor à partir de clochers couverts de suie, ni de fleuves chargés de glace, ni d’avenues sans fin aux immeubles vétustes, construits au hasard. » (p. 335)

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16 février 2015

Tchico

Idatte_TchicoAlbum jeunesse de Jean-Pierre Idatte. Illustrations de Michel Trublin.

Le jeune Tchico voudrait se rendre au pays des indiens sages. Mais pour y parvenir, il doit traverser une prairie immense, une forêt profonde et une rivière puissante. Il rencontre Gros-Lourd le vautour, Brindille le gorille et Trois-Dents le caïman. Chacun va l’aider dans son voyage et Tchico apprend ainsi à anticiper les dangers et à accepter l’aide des autres. « Si tu veux traverser la prairie, demande conseil, demande conseil. Si tu veux traverser la prairie, demande conseil à un ami. »

Cette lecture m’est une véritable madeleine de Proust. Cet album est une de mes toutes premières lectures. Je ne l’avais pas oublié, sans m’en souvenir vraiment. Les éditions Les 3 chardons sont spécialisées dans les albums-spectacles : à partir d’une histoire, une troupe d’acteurs proposent une mise en scène avec chanson. Et je sais, sans m’en souvenir vraiment, avoir passionnément aimé cette représentation et la chanson. Avoir retrouvé cet album a été un grand bonheur et c’est avec un même bonheur que je l’ai offert à ma petite filleule, en espérant qu’elle aimera autant que moi cette histoire.

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15 février 2015

Billevesée #164

D'où le stylo-feutre tire-t-il son nom ? Du feutre, mes braves gens, textile non tissé obtenu par pression et ébouillage de fibres naturelles. La mine des premiers stylos-feutre était faite de feutre, CQFD.

Alors, billevesée ?

Billevesée_Feutre

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13 février 2015

Max et les poissons

Adriansen_Max et les poissonsRoman jeunesse de Sophie Adriansen. Illustrations de Tom Haugomat.

Max Geiger est un petit garçon très intelligent. Avec son prix d’excellence, il a reçu un poisson rouge. Pour une autre raison, il a reçu une étoile jaune à coudre sur son vêtement. Pour son anniversaire, il espère avoir un autre poisson pour tenir compagnie au premier. Mais c’est la guerre, et la guerre n’est pas drôle. « La guerre, ça commence l’été et ça empêche de faire des châteaux de sable. La guerre, ça empêche d’aller se baigner dans l’eau salée. La guerre, ça remplace les vacances à la plage par les jeux dans l’impasse avec Daniel et Bernard. » (p. 16) Finalement, pour son anniversaire, Max est emmené avec sa famille au Vel’ d’Hiv’ : ce n’est pas vraiment la fête qu’il avait imaginée.

Max et les poissons offre aux jeunes lecteurs une première approche de la guerre, du point de vue d’un enfant. Avec un style simple, parfois trop infantile à mon goût, l’auteure parle de peur, de séparation, d’attente et d’espoir. Le petit carnet historique en fin d’ouvrage remet le récit dans son contexte et ouvre la discussion. S’il n’y a pas d’âge pour parler de la guerre, il y a une manière de le faire et celle de Sophie Adriansen est assurément réussie.

De la même auteure : J'ai passé l'âge de la colo !

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11 février 2015

Arlequin ou les oreilles de Venise

Ben Kemoun_Arlequin ou les oreilles de VeniseAlbum jeunesse d’Hubert Ben Kemoun. Illustrations de Mayalen Goust.

« Tout le monde à Venise se moquait des oreilles d’Arlequin. C’est vrai qu’elles étaient larges. Certains s’amusaient à les comparer à des plats à tarte ou aux voiles gonflées des navires qui entraient dans le port. » Mais grâce à ses grandes oreilles, Arlequin est le meilleur accordeur de tout Venise : il rend leur juste sonorité à tous les instruments de la cité. Il est un jour appelé par un homme qui veut faire accorder sa fille : depuis des années, la jolie Colombine est muette. « Vous redonnez la voix aux pianos usés comme aux psaltérions brisés, faites de même avec ma fille. » Il a beau tendre l’oreille, Arlequin ne sait pas comment rendre sa voix à Colombine. Alors, il se tait et il écoute le silence de la jolie jeune fille, jusqu’à entendre enfin ce qu’elle dit.

Avec ses grandes oreilles et son costume moins bariolé que le veut la tradition, Arlequin a tout d’un clown triste, mais c’est finalement un clown heureux qui rencontre l’amour. Sous le pinceau de Mayalen Goust, la Commedia Dell’Arte prend des couleurs poétiques et romantiques. Et quel plaisir de découvrir le riche lexique musical de cette histoire : une façon simple et ludique d’apprendre de nouveaux mots.

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