Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

30 septembre 2016

Et tu n'es pas revenu

Loridan-Ivens_Et tu nes pas revenuTexte de Marceline Loridan-Ivens. Co-écrit avec Judith Perrignon. Suivi d’un dossier d’Annette Wieviorka.

En mars 1944, à quinze ans, Marceline a été déportée à Birkenau. Son père, son très cher père, a été envoyé à Auschwitz. Hasard ou chance, il a réussi à lui faire passer une ultime lettre, quelques lignes perdues dans la mémoire de la narratrice. Des décennies plus tard, obsédée par le souvenir oublié de ce message, elle répond à son père. À son papa. « Ce mot est sorti de ma vie si tôt, qu’il me fait mal, je ne peux le dire que dans mon for intérieur, surtout pas l’articuler. Surtout pas l’écrire. » (p. 15) Shloïme Rosenberg est le seul à ne pas être revenu et son absence meurtrit toute la famille, épouse et enfants. C’est un non-sens, une injustice hurlante. Shloïme, dit Salomon en France, aimait ce pays. Il y avait acheté un petit château, à Bollène, pour loger les siens et tenter de s’enraciner dans cette terre qui ne l’a pas laissé faire. « Tu n’es pas mort pour la France. La France t’a envoyé vers la mort. Tu t’étais trompé sur elle. Pour le reste, tu avais vu juste. Je suis revenue. » (p. 51) Au prix d’une volonté farouche de survivre, Marceline est revenue. Mais ô combien blessée, pour toujours marquée, à jamais différente. « J’ai été quelqu’un de gai, tu sais, malgré ce qui nous est arrivé. Gaie à notre façon, pour se venger d’être triste et rire quand même. » (p. 7) De toutes ses forces, elle a tenté de vivre, surmontant la difficulté d’avoir échappé à la mort. Fallait-il revenir des camps, demande-t-elle à la fin de sa lettre ?

Entre épitre intime et témoignage, le récit à quatre mains de Marceline Loridan-Ivens et de Judith Perrignon est un texte bouleversant, comme tous ceux parlant de la Shoah et de la culpabilité du survivant. On sait la vie de Marceline après son retour de Birkenau et les terribles marches de la mort. Si elle prend la plume à 80 ans passés, ce n’est pas pour accuser, ni pour regretter, peut-être pour se soulager un peu et se préparer à rejoindre celui qu’elle n’a jamais cessé d’attendre. « T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. » (p. 83)

Le dossier final d’Annette Wieviorka met en perspective le récit de Marceline avec la grande histoire. Cet élargissement du point de vue ne rend pas les choses plus supportables, mais leur donne une dimension supplémentaire. L’antisémitisme administratif ne laisse jamais d’horrifier et justifie plus que jamais le devoir de ne pas oublier. « Car la mémoire, bien qu’elle se réfère au passé, se vit toujours au présent. » (p. 122)

De Judith Perrignon, je vous conseille les très beaux L’intranquille et Victor Hugo vient de mourir.

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28 septembre 2016

Le professeur

Bronte_ProfesseurRoman de Charlotte Brontë.

William Crimsworth quitte l’Angleterre après une désastreuse expérience dans l’affaire de son frère Edouard, un homme odieux à tous les égards. Il tente sa chance à Bruxelles où lui sont proposées deux places de professeur. L’une d’elles est dans une pension de jeunes filles. Entre des jeunes coquettes qu’il doit mater et des élèves modestes dont le potentiel doit être encouragé, le jeune Crimsworth fait l’apprentissage des relations avec les femmes. Il apprend également à dompter son amour-propre et à s’ouvrir à l’amour. « L’élève, dont le corps est parfois plus robuste et dont les nerfs sont moins sensibles que ceux du professeur, a sur son maître un immense avantage ; soyez certains qu’il en usera sans pitié, parce que l’être qui est jeune, vigoureux et insouciant, ne partage pas la souffrance qu’il voit subir et n’épargne personne. » (p. 132)

Misère… quelle purge que ce roman ! Le protagoniste est un geignard insupportable qui, s’il souhaite acquérir une bonne place dans la société, se laisse assez souvent porter par les événements et doit son salut à autrui. Il est finalement gratifié d’un bonheur conjugal et familial parfait. Grand bien lui fasse ! Ajoutez à cela une opposition entre la chère Angleterre et le continent sans charmes, opposition répétée jusqu’à l’écœurement, et vous avez un roman qui a mis ma patience à rude épreuve. Mais je l’ai fini. Gloire à moi ! Ça mérite bien une deuxième part de gâteau, non ?

Avec son substrat autobiographique indéniable, ce roman de jeunesse présente toutes les imperfections des œuvres immatures. Cela mérite sans doute une certaine indulgence, mais peut-être suis-je une trop grande inconditionnelle de Jane Eyre pour apprécier vraiment un autre texte de Charlotte Brontë et donner leur chance à ses autres romans. Malheur, il me reste Shirley à découvrir…

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26 septembre 2016

Le maître des illusions

Tartt_Maitre des illusionsRoman de Donna Tartt.

Bunny est mort. Henry, Francis, Charles, Camilla et Richard étaient présents. Que s’est-il passé dans la forêt derrière l’université de Hampden ? Pour le comprendre, Richard reprend l’histoire là où elle a commencé, quand il est arrivé à Hampden, qu’il a intégré la classe très sélective du professeur Julian Morrow et qu’il a rencontré les cinq élèves. « Je n’ai jamais rien eu de commun avec aucun d’entre eux, rien sinon ma connaissance du grec et l’année que j’ai passée en leur compagnie. Et si l’amour est quelque chose qu’on a en commun, je suppose que nous l’avions en commun, mais j’imagine que cela peut paraître bizarre au vu de l’histoire que je vais vous raconter. » (p. 14) Bien qu’il s’intègre au groupe, Richard sent que ses camarades lui cachent des choses et qu’ils se renferment à son contact. Un jour, Henry lui révèle le secret qu’il dissimule avec Francis et les jumeaux Charles et Camilla, secret que Bunny a découvert et qu’il menace de révéler. « Qui étaient ces gens ? À quel point les connaissais-je ? Pouvais-je leur faire vraiment confiance, au fond ? Pourquoi m’avaient-ils choisi, entre tous, pour tout me dire ? » (p. 189) Alors que l’hiver s’est abattu sur le Vermont et qu’il pétrifie tout par le froid et la neige, la situation devient intenable. Bunny va-t-il parler ? Henry et les autres ne peuvent pas le laisser faire. Et voilà donc, comme annoncé au début, que Bunny est mort. Comment, désormais, vivre avec ce fardeau et dissimuler l’atroce vérité ? Heureusement, ou peut-être pas, Henry semble avoir toujours la solution. « Tu sais ce qui m’étonne ? […] Pas qu’il nous dise ce qu’on doit faire. Mais qu’on fasse toujours ce qu’il nous dit. » (p. 406) Henry, comme un certain dieu grec, est le maître des illusions.

Je m’étais profondément ennuyée avec Le chardonneret, mais Le petit copain m’avait emballée. Pour Le maître des illusions, c’est un entre-deux. La première partie est absolument fascinante. Tout est raconté du point de vue de Richard dans un récit a posteriori dont l’enchaînement logique se déploie lentement. Ce ne sont pas des aveux, ni une confession, mais on sent bien que Richard soulage son âme en reconstituant de vieux événements qui le hantent. La deuxième partie du roman m’a semblé un peu longue : les choses s’éternisent jusqu’au dénouement, mais cela permet toutefois de révéler les rapports malsains qui existent entre les personnages. Je retiens l’épisode des funérailles qui est un morceau sordide époustouflant. Le maître des illusions est un bon roman à suspense, dans cette atmosphère universitaire qui me plaît tant. Nostalgie, quand tu nous tiens…

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25 septembre 2016

Billevesée #248

Gourmandise, me revoilà ! Parlons des petits fours et de l'origine de leur nom.

L'ami Wikipedia fait ça très bien, ne nous fatiguons pas plus !

Le terme provient de l’usage des pâtissiers d’utiliser la chaleur résiduelle des fours après cuisson pour cuire des pâtisseries plus petites. Comme les pâtes où le sucre constitue la base principale sont beaucoup plus délicates que celles préparées pour les autres pâtisseries, leur dénomination vient de ce que, exigeant une chaleur beaucoup plus douce, elles doivent être cuites « à petit four », ce nom comprenant tout ce qui ne nécessite qu’un four doux ou modérément chauffé.

C'est malin, maintenant, j'ai faim...

Alors, billevesée ?

Billevesee_Petits fours

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23 septembre 2016

Quelques adieux

Laberge_Quelques adieuxRoman de Marie Laberge.

François Bélanger enseigne la littérature à l’université de Québec. Il est marié à Élisabeth et aime sa femme. Un jour de rentrée, il croise le regard de la jeune Anne Morissette. Dès lors, comment résister au désir fou qui le consume ? « Lui qui s’était toujours cru à l’abri, bien tassé dans son œuf conjugal et professionnel ne comprenait pas pourquoi tout à coup il en ressentait les parois et l’étroitesse. » (p. 15) De son côté, l’étudiante ne sait que faire de l’attirance qu’elle éprouve pour son professeur. Elle qui vit si librement, refusant toute attache et toute promesse, se sent menacée par cette passion qui les consume. François aime Élisabeth. Et il aime Anne. Il ne peut envisager de quitter la première, mais il ne peut tolérer de vivre sans la seconde. « Anne contient la fin, Élisabeth la durée. Et il se doute que jamais il n’aurait pu se consumer en Anne si Élisabeth n’avait pas existé. Que sans elle, peut-être que lui aussi aurait fui. » (p. 136) Des années plus tard, Élisabeth comprend que François en a aimé une autre. Elle s’épuise alors à remuer le passé, à interroger ceux qui savaient, à comprendre comment elle a pu ignorer la grande passion de son mari. « Tu veux savoir si il y a de quoi être jalouse, si François l’aimait plus que toi, mieux que toi, si ça valait la peine, si c’est une fille assez intéressante pour que ton chagrin ne soit pas du gaspillage. » (p. 206) Pour reprendre sa route et pardonner à François, Élisabeth va devoir dire adieu à quelques illusions et à beaucoup de peurs.

Marie Laberge ne parle pas d’adultère, elle parle d’amour. François est-il coupable d’en aimer une autre qu’Élisabeth ? Est-on coupable d’aimer ? « Et, de façon irrémédiable, il sait qu’il a affaire non à une liaison, mais à la passion. Et il y consent. » (p. 89) Le polyamour, thèse à la mode depuis quelque temps, est ici présenté avec simplicité et évidence. Il est des cœurs qui peuvent aimer à foison sans trahir, ni abandonner. La société condamne ce qu’elle considère comme une errance des sentiments ou une manifestation vile de pulsions charnelles. Mais le désir n’est pas coupable quand il est vécu comme le fait François. « Vaincu, débouté, il rentre, taraudé par le désir d’Anne, soumis comme à un vieux mal si connu qu’il en est presque aimé. » (p. 45) Ce roman m’a beaucoup émue. Le style de Marie Laberge est impeccable, sonore et poétique, follement sensuel parfois et terriblement tranchant quand il faut achever. Quelques adieux me donne encore plus envie de découvrir le reste de l’œuvre de cette grande auteure québécoise.

Mon avis sur Ceux qui restent.

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21 septembre 2016

Les quatre filles du révérend Latimer

McCullough_Quatre filles du docteur latimerRoman de Colleen McCullough.

Edda, Grace, Heather et Kitty sont les quatre filles du révérend Thomas Latimer. Elles ont grandi à Corunda, en Nouvelle-Galles-du-Sud. Edda et Grace sont jumelles, filles du premier mariage du révérend. Heather et Kitty le sont également, nées des secondes noces du pasteur. Maude, la mère des deux dernières, n’a jamais caché sa folle préférence pour Kitty, dont la beauté exceptionnelle frappe toux ceux qui la croisent. Mais entre les sœurs, point de jalousie. Les quatre filles s’aiment et se soutiennent envers et contre tous. « Comment aurait-il pu deviner la puissance des liens qui unissaient des sœurs, des jumelles plus encore ? » (p. 359) C’est ensemble qu’elles entrent à l’hôpital de Corunda pour devenir infirmières. Dans les années 1920, en Australie, la profession est en train de changer et l’ambition des filles Latimer ne pourra qu’en bénéficier. Chacune choisit alors son destin. « Leurs personnalités avaient modelé différemment leurs traits, et leurs regards ne se posaient pas sur le même horizon. » (p. 19) Grace préfère se consacrer à un époux et à une famille. Edda est déterminée à devenir la meilleure et à voyager pour oublier sa déception de ne pas avoir suivi d’études de médecine. Heather veut également se consacrer à son métier et ne pas s’encombrer d’un mari. Kitty hésite entre bonheur conjugal et indépendance. Les années passent, les sœurs restent soudées même si la vie écarte leurs chemins. « Comment pourrait-on faire l’économie du chagrin lorsqu’on perd la moitié de soi-même ? » (p. 100) Autour d’elles, alors que l’hôpital se modernise sous l’impulsion de son nouveau directeur, l’Australie souffre de la Grande Dépression.

Après avoir lu Les oiseaux se cachent pour mourir et L’espoir est une terre lointaine (méconnu, mais bien plus épique que le précédent), j’espérais un autre grand roman australien de Colleen McCullough, un texte passionné et passionnant. Hélas, ce roman est plaisant, mais sans profondeur. Il s’attache surtout à rappeler sans cesse, jusqu’à l’overdose, combien les sœurs Latimer se ressemblent, mais pas tant que ça. « Lorsque vous connaîtrez mieux les sœurs Latimer, vous vous rendrez compte qu’au sein de chacune des deux paires de jumelles les traits communs se trouvent nettement délimités chez l’une tandis que chez l’autre on les croirait un peu gauchis, déformés comme dans les miroirs concaves ou convexes des fêtes foraines. » (p. 198) Comme s’il était vraiment nécessaire de démolir à ce point le mythe selon lequel les jumeaux de même sexe sont identiques, copies conformes sans distinction, ni saveur. Mon regard sur la question est sans doute biaisé puisque j’ai un frère jumeau et deux petites sœurs jumelles qui n’ont ABSOLUMENT RIEN de conforme. Autre point que l’auteure répète encore et encore, c’est l’immense affection qui lie les quatre jeunes femmes. « Les filles du pasteur ne demandent rien d’autre que de voir leurs sœurs nager dans le bonheur. » (p. 388) Sorti de cela, le roman tente une réflexion assez maigre sur l’indépendance et l’émancipation des femmes. Bref, Les quatre filles du révérend Latimer offre un bon moment de lecture, mais bien décevant par rapport à d’autres romans de la même auteure.

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19 septembre 2016

Bel-Ami

Maupassant_Bel-AmiRoman de Guy de Maupassant.

Ancien hussard, Georges Duroy enrage dans la vie civile, incapable de réaliser ses grandes ambitions. Une rencontre fortuite lui ouvre les portes du journalisme et d’un monde riche et brillant. Sa belle figure lui est en outre un atout non négligeable. « Dis donc, mon vieux, sais-tu que tu as vraiment du succès auprès des femmes ? Il faut soigner ça. Ça peut te mener loin. […] C’est encore par elle qu’on arrive le plus vite. » (p. 18) Il devient l’amant de Madame de Marelle, s’étourdissant d’amour et de plaisir dans les bras de cette bourgeoise. Hélas, sa nouvelle position ne l’a pas rendu plus riche et il court sans cesse après l’argent. « Puisqu’elle avait des envies qu’il ne pouvait satisfaire dans le moment, n’était-il pas naturel qu’elle les payât plutôt que de s’en priver ? » (p. 87) Décidé à réussir et à s’imposer, Duroy finit par épouser la veuve de celui qui l’a introduit dans le journalisme, mais il nourrit une profonde jalousie pour cette femme dont il n’arrive pas à percer tous les mystères. Finalement riche et reconnu, Duroy n’en a toujours pas assez et vise toujours plus haut, vers la jolie fille d’un homme récent devenu millionnaire.

Maupassant, roi du cynisme ! Quel plaisir de lire le portrait de Duroy, envieux et impatient, que rien ne satisfait jamais ! Son ambition est retorse et cruelle, elle ne s’embarrasse pas de scrupules et piétine les sentiments des femmes. Bel-Ami porte un regard acerbe sur le journalisme, montrant ses liens étroits et suspects avec la politique et la finance. Point de tendresse ou de compassion ici : l’amour et la presse se mènent d’une même main de fer et d’affaires.

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18 septembre 2016

Billevesée #247

Le mot "amiral" est dérivé du mot arabe "émir", titre de noblesse attribué à un homme qui commande.

Précisions avec l'ami Wikipedia. Une première étymologie le donne comme dérivé de la locutionʾamīr al baḥr, "émir/prince de la mer", étymologie par la suite contestée au profit de la locution ʾamīr al ālī, "très grand chef".

Alors, billevesée ?

Billevesee_Amiral

 

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16 septembre 2016

Challenge Destination PAL : édition 2016 - Retour à terre

L'été a été profitable ! Ma PAL physique est réduite à peau de chagrin et ma PAL numérique a bien diminué !

En gras, les livres lus cet été. Pour certains, les liens arriveront après la publication de ce billet.

Le mois de juillet a été consacré à la quasi démolition/éradication/extermination de ma PAL physique. Faut ce qu'il faut avant l'avalanche de la rentrée littéraire !

Ma PAL physique

  1. Quelques-uns des cent regrets, Philippe Claudel
  2. Le destin de Robert Shannon, Archibald Joseph Cronin
  3. Les vertes années, Archibald Joseph Cronin
  4. Le moulin sur la Floss, George Eliot
  5. Le hussard sur le toit, Jean Giono
  6. Entracte - Petit revue des mots du spectacle, Bernard Guiraud
  7. Quatrevingt-treizeVictor Hugo
  8. Journal d'une femme adultère, Curt Leviant
  9. La trilogie de Gormenghast, Mervyn Peake : Titus d'Enfer, Gormenghast, Titus errant
  10. Roméo et Juliette - Le marchand de Venise - Les deux gentilhommes de Vérone, William Shakespeare
  11. À l'est d'Eden, John Steinbeck
  12. Ô Verlaine !, Jean Teulé
  13. Le coq de bruyère, Michel Tournier
  14. De la terre à la lune, Jules Verne
  15. Les tribulations d'un Chinois en Chine, Jules Verne
  16. Robur le conquérant, Jules Verne
  17. La blanchisserie, Tarjei Vesaas

Mais il y a eu des entrées (dont certaines sont sorties aussi sec !) pendant l'été, voici donc ce qu'il en est véritablement de ma PAL physique. Pas de panique, tout est sous contrôle ! Au total, 16 livres lus sur 17 de la PAL physique de début !

  1. Journal d'une femme adultère, Curt Leviant
  2. La vie des autres, Neel Mukherjee

En août, en vacances chez papa-maman au bord de la piscine et chez papy-mamie entre deux bouffes, je me suis attaquée à ma PAL numérique. Et je suis de plus en plus ravie de ma liseuse qui me permet tant de lectures pour si peu d'encombrement. J'ai fait la peau à quelques pavés, ça fait du bien ! Au total, 24 livres lus sur 45 de la PAL numérique de début !

Ma PAL numérique

  1. Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie
  2. La septième fonction du langage, Laurent Binet
  3. Le festin de Babette, Karen Blixen
  4. Le professeur, Charlotte Brontë
  5. Shirley (1 et 2), Charlotte Brontë
  6. La dame en blanc, Wikie Collins
  7. La pierre de lune, Wilkie Collins
  8. La piste du crime, Wilikie Collins
  9. Les frères Karamazov, Fiodor Dostoievski
  10. Purity, Jonathan Franzen
  11. L'oeuvre d'une nuit de mai, Elizabeth Gaskell
  12. La lettre écarlate, Nathaniel Hawthorne
  13. Bug-Jargal, Victor Hugo
  14. Han d'Islande, Victor Hugo
  15. La cathédrale, Joris-Karl Huysmans
  16. Les soeurs Vatard, Joris-Karl Huysmans
  17. La petite femelle, Philippe Jaenada
  18. Ça, Stephen King
  19. Carnets noirs, Stephen King
  20. Christine, Stephen King
  21. Insomnie, Stephen King
  22. Juste avant le crépuscule, Stephen King
  23. La part des ténèbres, Stephen King
  24. Le fléau, Stephen King
  25. Mr Mercedes, Stephen King
  26. Revival, Stephen King
  27. Shining, Stephen King
  28. Le goût du bonheur - 1 : Gabrielle, Marie Laberge
  29. Le goût du bonheur - 2 : Adélaïde, Marie Laberge
  30. Le goût du bonheur - 3 : Fabien, Marie Laberge
  31. Mauvaise foi, Marie Laberge
  32. Quelques adieux, Marie Laberge
  33. Revenir de loin, Marie Laberge
  34. Martin Eden, Jack London
  35. Bel-Ami, Guy de Maupassant
  36. Les quatre filles du révérend Latimer, Colleen McCullough
  37. La dernière séance, Larry McMurtry
  38. Le fils, Philip Meyer
  39. Carthage, Joyce Carol Oates
  40. M Train, Patti Smith
  41. L'île au trésor, Robert Louis Stevenson
  42. Le maître des illusions, Donna Tartt
  43. Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong
  44. La science chez Stephen King, Robert E. Weinberg
  45. Mrs Dalloway, Virginia Dalloway

Au total, j'ai lu 40 sur 62 livres, soit presque 64,5 % de mes livres en attente !

Un petit tour vers mes PAL à jour ?

Destination PAL

 

J'attends les liens vers vos PAL finales en commentaire de cet article ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour me les communiquer et pour publier vos derniers billets de lecture.

 

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14 septembre 2016

Americanah

Ngozi Adichie_AmericanahRoman de Chimamanda Ngozi Adichie.

Ifemelu a quitté le Nigeria pour suivre des études en Amérique. Après des débuts difficiles et des années de doute, la jeune femme a trouvé sa place dans ce grand pays. « Elle aimait par-dessus tout pouvoir prétendre, dans ce lieu où régnait l’abondance, être quelqu’un d’autre, admis par faveur dans le club consacré de l’Amérique, quelqu’un d’auréolé d’assurance. » (p. 5) Conférencière pour Princeton, rédactrice d’un blog renommé sur la race et les relations entre les blancs et les autres ethnies, Ifemelu est devenue une Americanah. Mais après treize ans loin de chez elle, elle éprouve le vif désir de rentrer au pays. « Le Nigeria devint l’endroit où elle devait être, le seul endroit où elle pouvait enfouir ses racines sans éprouver en permanence le désir de les arracher et d’en secouer la terre. » (p. 9) Ce retour aux sources est l'occasion de retrouver son identité profonde et peut-être celle de renouer avec Obinze, son amour de jeunesse. Leur relation avait explosé à cause de la distance et des déboires américains d’Ifemelu dans les premiers temps de son séjour outre-Atlantique. « Cette façon d’insinuer que l’Amérique l’avait en quelque sorte irrévocablement changée avait planté des épines dans sa peau. » (p. 20)

Avant de rentrer à Lagos, Ifemelu décide de se faire tresser les cheveux comme quand elle était jeune. Assise dans une boutique minable, entre les mains d’une jeune coiffeuse, elle se souvient de son arrivée en Amérique, de ses études, de son intégration et de ses deux grands amours américains, Curt et Blaine, qui n’ont cependant jamais réussi à lui faire oublier vraiment Obinze. Elle se rappelle qu’elle s’est sentie noire en arrivant en Amérique, que la couleur de sa peau lui était à la fois une identité, un passé et une condition sociale aux yeux des blancs. « Tu es dans un pays qui n’est pas le tien. Agis comme il faut si tu veux réussir. » (p. 132) Dans son blog, elle a écrit sans tabou sur la place des noirs en Amérique. Elle a réfléchi à la grande question des cheveux des Noires : doivent-elles les défriser, les tresser, les porter librement ? Que disent les cheveux des Noires aux Blancs ? « Tu vois le problème avec des yeux américains. Mais le problème est que tu n’es même pas une véritable Americanah. » (p. 422) Elle a vécu et observé les combines des immigrés : mariages blancs, prêts de carte de sécurité sociale, magouilles pour avoir une carte verte.

Entre intégration, voire assimilation, et racisme, le Noir américain ou non américain doit gagner sa place et sans cesse prouver sa réussite. L’exemple éclatant de ce succès complet, c’est Barack Obama, alors candidat à la présidence américaine. Le rêve américain s’incarne dans cet homme noir charismatique et ambitieux. De retour à Lagos, Ifemelu sera-t-elle qui a réussi en Amérique ? Retrouvera-t-elle sa place dans son pays ? « Parce qu’à l’époque où ils s’étaient quittés, elle ne connaissait rien des sujets qu’elle traitait dans son blog, il eut l’impression de l’avoir perdue, comme si elle était devenue quelqu’un qu’il ne pouvait plus reconnaître. » (p. 415) Entre ici et là-bas, les racines et l’identité sont bien difficiles à préserver.

Que d’humour et de tendresse dans ce récit ! Chimamanda Ngozi Adichie bouscule les clichés et le politiquement correct pour dresser des portraits sincères d’une jeunesse africaine attirée par les lueurs de la grande Amérique ou de l’Europe, mais désireuse de réussir dans son pays. Un très grand roman, sensible et drôle.

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