Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

17 novembre 2017

Winter

Bass_WinterTexte de Rick Bass.

Rick Bass et son amie Elizabeth décident de quitter la grande ville et de s’installer quelque part dans l’Ouest américain. Ils trouvent une maison dans la vallée du Yaak River, dans le Montana. Lui est peintre, elle est écrivaine. Ils n’ont jamais vécu sans le confort. « C’est parfois tout à fait merveilleux de découvrir qu’on était dans l’erreur, qu’on est ignorant et qu’on ne sait rien, peau de balle. » (p. 22) En arrivant sur place à la mi-septembre, ils savent qu’il est déjà presque trop tard pour préparer l’hiver. Et préparer l’hiver, ça signifie avoir suffisamment de bois pour se chauffer. « Ça faisait une curieuse impression, assez effrayante, de savoir que ce phénomène qu’on appelle les grands froids est tapi là-bas dans le futur, dans les ténèbres, mais qu’il est assuré. » (p. 58) Mais le narrateur se découvre une passion sincère pour l’hiver et des aptitudes pour cette vie simple et rude. Tant pis si sa voiture n’est pas faite pour les montagnes. Tant pis s’il est difficile de manier une tronçonneuse. Rick Bass s’approprie l’hiver et l’hiver l’accueille en son sein blanc et pur. « Je n’arrive pas à croire que je suis si riche, que je récolte autant de neige. Tout ce qui tombe m’appartient, nous appartient. » (p. 79)

Cette lecture est l’illustration d’un fantasme personnel : je rêve parfois de tout lâcher, de me retirer du monde et de m’enfoncer dans l’hiver. De vivre dans une cabane, au plus près de la nature, avec deux chiens et le son du bois qui craque dans la cheminée. J’aime le froid et j’aime l’hiver. J’ai donc suivi le récit du narrateur avec passion et envie. Ce journal est une immersion totale dans la saison blanche et l’on voit arriver mars avec tristesse, car cela annonce le dégel. Impossible d’en douter, dans ce texte, l’hiver est plus qu’une saison ou une température, c’est presque un personnage, au moins une entité omniprésente. « Cette vallée fourmille de mystère, de beauté, de secrets – et pourtant elle ne livre aucune réponse. Quelquefois, je crois que cet endroit – si haut dans les montagnes, au milieu de bois si touffus – et une sorte de marche menant au ciel, le dernier endroit par où l’on passe avant d’y arriver pour de bon. » (p. 55 & 56) Si vous aimez les mois glacés, lisez ce livre et plongez dans l’hiver. Et lisez aussi Indian Creek de Pete Fromm, un autre récit de vie extrême dans l'hiver nord-américain.

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15 novembre 2017

Beauté fatale

Chollet_Beaute fataleEssai de Mona Chollet.

Mona Chollet a décortiqué presse féminine, séries télévisées, publicités et stratégies marketing, blogs, sites Internet, enquêtes, témoignages de mannequin et autres. Elle en tire un état des lieux peu réjouissant de la position de la femme, des combats qui restent à mener et des paradoxes de la féminité. « La théorie de l’exception française suit toujours le même schéma discursif : on commence par concéder qu’il reste des progrès à faire, sans trop se fouler non plus pour dissimuler que ça ne nous empêche pas vraiment de dormir, puis on enchaîne très vite en soulignant les progrès inouïs qui ont quand même été accomplis. On en conclut que, dans ce contexte éminemment satisfaisant, celles qui continuent le combat ne peuvent être que des mégères enragées et hystériques que seul le ressentiment fait jouir, et qui cherchent à obtenir un traitement de faveur plutôt que l’égalité (puisqu’elles l’ont déjà !) » (p. 9)

À force de modèles illusoires et inatteignables, l’injonction de la féminité devient une menace de mort : c’est en cela que la beauté est fatale. Et les bonnes intentions, qui souvent tournent mal, ne suffisent pas à briser les spirales de haine de soi et d’autodestruction. Et tant que l’apparence – formatée, uniformisée, contrôlée – restera pour beaucoup la valeur première, la diversité féminine sera menacée. « Personne ne peut résister à cette scrutation de ses moindres défauts physiques, évalués selon des critères de plus en plus irréalistes. » (p. 209) Beauté fatale parle de surconsommation, de régimes, de chirurgie esthétique, de mode, de troubles alimentaires, d’histoires sordides ou encore de violences en tout genre.

Clairement, je rends très mal hommage à cet excellent texte et à la démonstration de Mona Chollet. L’argumentaire est dynamique, abordable, intelligent et nourri de références pertinentes. J’aurais pu recopier toutes les phrases et les apprendre par cœur ! Voilà une lecture nécessaire et urgente, à mettre sous tous les yeux, qu’ils soient masculins, féminins, jeunes, vieux, myopes… Parce qu’il ne s’agit pas (que) d’être belle, mais surtout d’être.

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13 novembre 2017

Attention Dieu méchant

Auslander_Attention dieu mechantRecueil de nouvelles de Shalom Auslander.

Qu’y a-t-il à lire dans ce livre ?

  • Un couple s’ingénie à se pourrir la vie.
  • Un chimpanzé accède à la conscience et découvre la honte et la culpabilité.
  • Dieu, Lucifer et la Mort n’arrivent pas liquider un pauvre type.
  • Un gamin découvre la masturbation, et son chien le juge.
  • Deux hamsters attendent le retour de Joe, leur dieu absolu et omnipotent.
  • Des chiffres et des faits sur l’Holocauste font passer du rire grinçant à l’horreur totale.
  • De nouvelles tablettes pourraient remettre en question les trois grandes religions occidentales.
  • Un juif se réveille dans le corps d’un goy.
  • Un homme est lassé d’entendre Dieu lui parler et lui ordonner d’accomplir des faits à sa gloire.
  • Dieu est une marque et il a droit à son plan marketing au sein d’une prestigieuse agence de communication.
  • Charlie Brown, Snoopy et ses amis s’affrontent dans une partie de baseball et discutent d’une éventuelle solution finale envers les citrouilles.
  • Dieu est un volatile.

L’humour ici est noir et cynique. Il ne fait pas que flirter avec le blasphème : il l’investit pleinement et c’est proprement jubilatoire. Chaque nouvelle parle de la condition humaine et de son besoin de croire. C’est aussi drôle et féroce que c’est profond et spirituel. Bref, ce recueil est indispensable.

Je vous laisse avec quelques extraits à méditer.

« Bernstein vivait chaque instant de sa vie présente dans l’attente et la préparation de la future. Quarante-cinq années d’étude de la Torah l’avaient persuadé de la nullité sordide du monde ici-bas et aussi de la perfection euphorique de celui qui viendrait ensuite. » (p. 10)

« Que sommes-nous, sinon une bande de singes à la con ? Où est notre dignité ? Où est notre fierté ? Où sont nos pantalons ? » (p. 20)

« Quand Yankel Morgenstern mourut et arriva au Paradis, son étonnement fut considérable en constatant que Dieu était un gros poulet. » (p. 96)

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12 novembre 2017

Billevesée #307

En français, la lettre "q" est toujours suivie d'un "u" quand elle est placée au milieu d'un mot.

Ne venez pas me dire qu'il n'y a pas de "u" à la fin de "cinq" ou de "coq" : le "q" n'est pas placé en milieu de mot !

En linguistique, l'association du "q" et du "u" est un digramme ou un digraphe. Ça remonte au latin qui ne différenciait pas le "u" et le "v". Et je m'arrête là pour les explications lingusitiques !

Je finis sur un mot que j'ai longtemps écrit avec une erreur : "piqûre". J'avais tendance à mettre 2 "u" : un pour aller avec le "q" et un pour la voyelle.

Alors, billevesée ?

Billevesee_Q+U

 

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10 novembre 2017

Nord et Sud

Gaskell_Nord et sudRoman d’Elizabeth Gaskell.

Après des années à Londres, Margaret Hale retrouve la douceur du foyer familial dans le Hampshire. Mais son père, en proie à des doutes spirituels, décide de quitter sa charge de révérend. La famille doit alors s’installer à Milton-Northern, ville industrielle du Darkshire. Les premiers temps, Margaret ne peut s’empêcher d’opposer la beauté de la paroisse et de son écrin de nature à la noirceur de la cité ouvrière. Elle est convaincue que l’homme ne peut pas être heureux dans cette atmosphère poussiéreuse. « Certes, dans le Sud, nous avons nos pauvres, mais leur visage ne porte pas cette terrible expression que je vois ici, et où se lit un morne sentiment d’injustice. » (p. 126) Mais surtout, elle nourrit une aversion et des préjugés tenaces envers les commerçants et les boutiquiers. Pourtant généreuse et dévouée, Margaret fait parfois montre d’orgueil et de froideur, surtout envers John Thornton, patron d’une usine textile qui devient l’élève favori et l’ami de son père. Elle reproche au jeune homme d’exploiter les masses industrieuses qui se tuent à la tâche pour lui. Cependant, à mesure qu’elle apprend à connaître le nord et son environnement industriel, ses yeux se dessillent et la magie du sud lui apparaît artificielle et vaine. Découvrira-t-elle la beauté de ce pays de labeur et accordera-t-elle enfin du crédit au pauvre John, désespérément épris d’elle ? Évidemment, oui.

Nord et Sud est un roman social, voire socialiste. « Je constate qu’il y a deux classes dépendant étroitement l’une de l’autre et qui, pourtant, considèrent chacune les intérêts de l’autre comme opposés aux siens. Jamais encore je n’ai vécu dans un endroit où deux groupent ne cessent de se dénigrer. » (p. 183) Il y est question des premières grèves et de la naissance des mouvements ouvriers. La révolution industrielle, si glorieuse de notre point de vue, était un bouleversement terrible pour les populations de l’époque. « Est-ce que vous donnez à vos domestiques des justifications pour vos dépenses et vos économies ? Nous autres, qui possédons le capital, avons le droit de décider de quelle façon nous l’utilisons. » (p. 183) La peinture de ces changements est loin d’être inintéressante, mais dans le genre, j’ai préféré la description qu’en a faite Charlotte Brontë dans Shirley. Quant à la relation et à l’histoire d’amour entre Margaret et John, faites d’affrontements de deux orgueils et deux conceptions du monde, elles m’ont largement moins plu que celles développées par Jane Austen dans Orgueil et préjugés. Elizabeth Gaskell a écrit un roman victorien de très bonne facture, mais pour l’avoir lu après d’autres monuments littéraires, je l’ai trouvé un peu fade. Il me reste à voir la minisérie produite par la BBC.

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08 novembre 2017

L'inaccessible

Garcel_InaccessibleRecueil de nouvelles de Charles Gancel.

Édith se débarrasse de son mari en même temps que de sa maison. « Elle avait tué Roger comme on coupe la télé, un doigt posé sur la télécommande. »  (p. 14) Sous la canicule, un jeune compositeur préfère la piscine et la compagnie de ses voisines à son piano et aux mélodies qu’il doit composer. « Il déteste la chaleur. On ne peut rien contre elle. Il aime l’hiver. On s’en protège. » (p. 44) Dans un monde à l’agonie, une jeune femme étrangement préservée est une proie idéale. Dans la nouvelle Russie, Slava est un assassin hors pair qui ne sait que tuer. « La mort est communiste, par nature égalitaire. Qui pourrait distinguer le gros du famélique dans la fraternité des squelettes blanchis ? » (p. 117) Vingt ans plus tard, que reste-t-il d’un premier amour ? « Il l’aimait avant de la connaître. Il en était sûr. Elle était en lui, déjà installée comme un vide à combler. » (p. 131) Face au syndrome de la page blanche, dans une ville violente et survoltée, un écrivain attend la révélation.

Chacune à leur manière, ces nouvelles sont des histoires d’amour. Dérangeantes, passionnées ou étouffantes, elles apportent ce petit supplément d’âme à toutes les existences où elles s’inscrivent. Avec ce recueil, je découvre la plume de Charles Gancel et je suis sous le charme de ce style élégant, profond et poétique. J’ai surtout été touchée par « Le foulard » qui parle si bien de chaleur, de gare et d’amour. Je vous laisse avec quelques phrases d’une beauté affolante.

« Les gares devraient n’être faites que pour partir. » (p. 50)

« Il a perdu Laura et gagné douze mesures de douceur. Dans l’économie générale de l’âme, il se sait combler. » (p. 55)

« Que sait-on du dernier chapitre d’un livre qu’on oublie dans un train, sinon qu’il a rejoint une autre vie, d’autres mains et peut-être d’autres lacunes, quelque part dans la logique trouée du temps. » (p. 167)

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06 novembre 2017

Deux soeurs pour un roi

Gregory_Deux_soeurs_pour_un_roiRoman de Philippa Gregory.

Marie Boleyn a 13 ans et un époux quand le roi Henri VIII en fait sa maîtresse. Encouragée par son père et son oncle, la jeune fille doit se soumettre à la volonté des Boleyn. « Si elle partage la couche du roi et y conçoit un bâtard, nous aurons gros à jouer. » (p. 22) En effet, la reine Catherine d’Aragon n’a pas su donner de fils au roi et ce dernier craint que son royaume n’ait pas d’héritier. L’arrivée d’Anne, la sœur d’aînée de Marie, bouleverse les plans des Boleyn. « Je suis née pour être votre rivale […], et vous, la mienne. Nous sommes sœurs, n’est-ce pas ? » (p. 154) Désormais, c’est d’Anne dont le roi est épris et la famille Boleyn est déterminée à asseoir cette fille sur le trône d’Angleterre et obtenir avantages et richesses de cette union. « Ma propre famille avait décidé que je serais la putain quand elle serait l’épouse. » (p. 204) Pour assouvir son désir envers Anne et obtenir enfin un fils, Henri VIII est prêt à tout, même à s’aliéner Rome et à instituer une Église d’Angleterre indépendante. Marie, narratrice et témoin de toute cette folie, cherche avant tout à protéger ses enfants et à vivre en paix avec l’homme qu’elle a choisi contre la volonté des siens. Elle assiste à l’ascension démesurée de sa sœur et à sa chute inexorable, après près de 10 ans d’intrigues, de tromperies et de trahisons.

Tout au long du livre, Anne la brune est présentée comme une femme ambitieuse et calculatrice, plus ou moins insupportable et égoïste, alors que Marie la blonde se présente comme douce et victime. C’est un parti pris de l’autrice assez agaçant. Pour ne rien arranger, le style est parfois lourd et inutilement pompeux. Cependant, à mon grand étonnement, j’ai tourné les pages de ce livre à une allure folle, sans bouder mon plaisir. Sans doute parce que je connaissais déjà la tragique histoire des épouses d’Henri VIII et que je ne me suis pas perdue entre tous les protagonistes. Amour, raison d’État et d’Église, et ambitions personnelles s’entrechoquent et constituent une histoire tellement démesurée et pleine de rebondissements qu’on pourrait la croire inventée. Si vous cherchez d’autres versions plus ou moins romancées de cet épisode historique, je vous recommande vivement la série Les Tudor ou Wolf Hall, la seconde surpassant largement la première.

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05 novembre 2017

Billevesée #306

En français, le son d'un éternuement est représenté par le terme "Atchoum" : c'est une onomatopée ou un bruit articulé.

Les Anglais disent "Atishoo".

Les Allemands disent "Hatschi".

Les Espagnols disent "Achis".

Les Italiens disent "Etciu".

Les Japonais disent 'Hakushon".

Bref, il y a autant de bruits articulés que de langues !

Alors, billevesée ?

Billevesee_Atchoum

 

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03 novembre 2017

Underground Railroad

Whitehead_Underground railroadRoman de Colson Whitehead.

Cora accepte de suivre Caesar et de fuir la plantation Randall : leur espoir est d’atteindre le chemin de fer clandestin et de quitter la Géorgie vers un état, voire un pays où l’esclavage n’a plus cours. La bizarrerie de l’Amérique, c’est qu’ici les gens étaient des choses. » (p. 8) Cora a en tête l’exemple de Mabel, sa mère, qui a fui et n’a jamais été rattrapée par Ridgeway, l’impitoyable chasseur d’esclaves. « C’était bien contre la tombe que luttaient les fugitifs, car telle était leur destination si ces hommes l’emportaient et les ramenaient à leur maître. » (p. 59) Pendant quelque temps, elle pense avoir trouvé la liberté en Caroline du Sud, mais cela ne dure pas. Elle trouve un refuge précaire en Caroline du Nord, mais en est à nouveau délogée. Sa fuite semble ne pas avoir de fin, ni ses tourments d’apaisement. « Aucune chaîne ne rattachait les malheurs de Cora à sa personne ou à ses actes. Elle avait la peau noire et c’est comme ça que le monde traitait les Noirs. Ni plus ni moins. » (p. 206)

Ce roman se lit rapidement et sans déplaisir : il est rythmé et bien écrit. Les chapitres s’ouvrent sur des reproductions de récompense offerte pour la capture d’esclaves en fuite : elles glacent le sang et rappellent à tout moment que la situation de Cora est incertaine. Cependant, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer ce roman à Racines d’Alex Haley : ce dernier balaie plusieurs générations d’esclaves et leurs descendants. En comparaison, Underground Railroad m’a semblé un peu fade, même s’il reste un très bon roman. Sur le même sujet, dans une moindre mesure, je vous recommande La dernière fugitive de Tracy Chevalier.

Et je vous laisse avec un terrible extrait du roman.

« Si les nègres étaient censés jouir de leur liberté, ils ne seraient pas enchaînés. Si le Peau-Rouge était censé conserver sa terre, elle serait encore à lui. Et si le Blanc n’avait pas été destiné à s’emparer de ce nouveau monde, il ne le posséderait pas. » (p. 78)

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01 novembre 2017

Les adaptations ciné/télé des textes de Stephen King

Avez-vous profité de la soirée d'Halloween pour regarder un film d'horreur ? Si oui, était-ce une adaptation d'une oeuvre de Stephen King ?

Vous le savez, entre le King et moi, c'est une grande histoire d'amour ! J'ai découvert le bonhomme peu avant mes 30 ans et j'ai presque tout lu de lui en 4 ans. C'est vous dire la passion que j'ai pour cet auteur !

Hollywood a depuis longtemps compris tout le potentiel visuel et dynamique des textes de Stephen King. Les adaptations cinématogprahiques et télévisuelles des oeuvres de cet auteur sont nombreuses. Il y a des merveilles, de bons gros nanars et des ratages complets.

Je vous propose donc un tour d'horizon des adaptations que j'ai vues, avec mon avis tout à fait personnel (normal puisque c'est le mien) en quelques mots, et je complèterai à mesure des nouvelles adaptations et de mes visionnages. Il y a bien des films, séries et téléfilms que je n'ai pas encore vus. Pour connaître mon avis sur le texte de Stephen King, cliquez sur le titre.

*****

Carrie - Il y a eu plusieurs adaptations du premier roman de Stephen King. Le titre du film de Brian de Palma est Carrie au bal du diable, avec Sissy Spacek dans le rôle titre. Le film a pas mal vieilli, mais il reste un chef d'oeuvre d'horreur visuelle et d'épouvante sanglante.

SKfilms_Carrie

Salem - Je n'ai pas vu la minisérie de 1979, mais celle de 2004. J'étais un peu réticente en raison de la présence de Rob Lowe dans le rôle principal. Finalement, c'est une adaptation honorable, plutôt bien rythmée. Mais visuellement, le niveau gagesque explose tous les records. Et je vais prétendre que la fin n'est pas ce qu'elle est...

SKfilms_Salem

Shining, l'enfant l'umière - Le film de Stanley Kubrick n'est pas exactement fidèle au roman, mais il est une très bonne adaptation qui rend bien compte de l'ambiance terrifiante de l'Overlook. Jack Nicholson est un fou dangereux parfait et il a pour ainsi dire la tête de l'emploi.

SKfilms_Shining

Rage - Il n'existe pas d'adaptation de ce court roman bien dérangeant.

Le fléau - Je n'ai pas encore lu le livre.

Dead Zone - J'ai peu de souvenirs du film de David Cronenberg avec Christopher Walken dans le rôle principal, en revanche je suis encore bien traumatisée par la série télévisée diffusée sur M6 à partir de 2003. Traumatisée parce que c'était vraiment très très mauvais !

SKfilms_Dead zone

Marche ou crève - Le réalisateur Franck Darabont a annoncé une adaptation en 2007, mais rien n'est encore fait.

Charlie - Drew Barrymore dans l'un de ses premiers rôles. Et une brochette d'acteurs connus. Mais l'adaptation est à l'image du livre : poussive. Le petit truc qui sauve tout, c'est l'aspect 1980's très marqué : un bon petit goût de nostalgie pas trop mal vieillie...

SKfilms_Charlie

Cujo - L'adaptation de Lewis Teague est franchement moyenne. Elle respecte peu ou prou le roman, mais la réalisation est poussive. Cependant, prix d'interprétation pour le chien et son maquillage !

SKfilms_Cujo

Chantier - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Running Man - L'adaptation de 1987, par Paul Michael Glaser et avec Arnold Schwaznegger, est très éloignée du texte : en gros, on a le même titre, les mêmes personnages, mais des motivations, une intrigue et une fin différentes. Mr Muscle fait son Mr Muscle et saille du biceps : c'est probablement la seule raison qui m'a fait finir le film.

SKfilms_Running man

Christine - Le film de John Carpenter prend pas mal de liberté avec le texte, notamment sur l'origine de la voiture, mais ça reste du bon film d'horreur bien flippant.

SKfilms_Christine

La peau sur les os - L'adaptation de Tom Holland, en 1996, se laisse regarder sans déplaisir. Et trop kiff quand Stephen King apparaît à l'écran !

SKfilms_La peau sur les os

L'année du loup-garou - Je n'ai pas vu l'adaptation parue sous le titre de Peur bleue.

Simetierre - Je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique, mais une série télé est annoncée pour bientôt.

Les yeux du dragon - La seule adaptation est théâtrale.

Le talisman - Le projet de mini-série n'a jamais été mis en oeuvre. Dommage.

Ça - Le téléfilm en trois partie de Tommy Lee Wallace est très fidèle au texte, mais l'interprétation est assez mauvaise. Et ça a plutôt mal vieilli ! En revanche, l'adaptation de 2017 d'Andy Muschietti (le premier chapitre pour le moment) est une totale réussite visuelle et d'ambiance. Comme j'aime le dire quand je suis vraiment effrayée : PIPI CULOTTE !!! Hâte de voir le chapitre 2 en 2019 !

SKfilms_Il est revenu  

SKfilm_Ca

La tempête du siècle - J'ai vu la mini-série réalisée par Craig R. Baxley quand j'étais jeune, avant même de savoir que c'était un scénario de Stephen King. Colm Feroe est un excellent Linoge, mais je dois bien l'avouer, si j'aime autant cette adaptation, c'est aussi pour les souvenirs qui entourent son visionnage : moi et mon frère, seuls devant l'écran, avec la permission de minuit de nos parents, ce qui était assez rare.

SKfilms_La tempete du siecle

Misery - L'adaptation de Rob Reiner est fabuleuse. Kathy Bates n'a pas volé son oscar pour son rôle d'Annie Wilkes, fan un peu trop enthousiaste, et c'est peu de le dire.

SKfilms_Misery

Les Tommyknockers - La mini-série produite en 1993 est l'exemple même du nanard et du kitsch. Les acteurs sont mauvais au possible, tout sonne faux et le carton-pâte crève l'écran. Vous me direz que ça a mal vieilli et que les effets spéciaux étaient certainement très chouettes pour l'époque. Sachant que cette adaptation est sortie la même année que Jurassic Park, je vous assure qu'elle est mauvaise !

SKfilms_Les tommyknockers

La part des ténèbres - Je n'ai pas encore lu ce livre.

La tour sombre - Énorme douleur et déception... Il était de toute façon impossible de faire un bon film, et certainement pas en 1h40. Le premier tome est résumé en une phrase. Le deuxième tome est inexistant. Le film se concentre plus ou moins sur le troisème tome, mais avec de nombreux raccourcis. Walter est un méchant bouffonesque (avec un col en V bien trop plongeant pour ne pas être ridicule !) dans son QG de méchant et sa bande de vilains sbires. Roland (OK, la belle gueule d'Idriss Elba sauve un peu le tout...) est mou, caricatural, peu convaincant. Apparemment, une suite est prévue. Misère...

SKfilms_La_tour_sombre

Bazaar - Je n'ai pas vu cette adaptation. Mais la présence d'Ed Harris au casting est un argument susceptible de me faire combler cette lacune trèèèèès rapidement.

Jessie - L'adaptation de Mike Flanagan, produite par Netflix, est une réussite, une merveille de malaise et d'angoisse !

SKfilms_Jessie

Dolores Claiborne - Taylor Kackford a réalisé une belle adaptation de ce roman très émouvant. Kathy Bates (encore elle) est épatante dans le rôle-titre. Je vous mets au défi de ne pas chialer devant ce film !

SKfilms_Dolores Claiborne

Insomnie - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Rose Madder - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

La ligne verte - Qui ne connaît pas la fabuleuse adaptation réalisée par Franck Darabont ? Tom Hanks est magistral, Michael Clarke Duncan incarne un personnage impossible à oublier. Je ne manque jamais une occasion de revoir ce film magnifique et très réussi. Si ça vous intéresse, regardez l'excellente analyse vidéo faite par LinksTheSun : ce mec est brillant et il dit tout, ou presque, de ce film génial.

SKfilms_La ligne verte

Désolation - Pas mal... Pas terrible, mais pas mauvais non plus. Mais je dois avouer que la présence de Ron Perlman joue beaucoup dans ma complaisance : cet acteur a la gueule de l'emploi !

SKfilms_Desolation

Les régulateurs - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Sac d'os - Le téléfilm porte le nom La maison sur le lac. Plutôt fidèle au texte et avec quelques très bons effets visuels et de réalisation, mais la présence de Pierce Brosnan a un peu douché un peu mon enthousiasme : le bonhomme m'exaspère dans tous ses rôles.

SKfilm_Maison sur le lac

La petite fille qui aimait Tom Gordon - George Romero n'a jamais pu concrétiser son projet d'adaptation, par manque d'argent. Hélas, il ne pourra plus jamais le faire. Snif, snif, snif, surtout quand on sait l'admiration de Stephen King pour ce réalisateur et l'influence des oeuvres de ce dernier dans les textes du roi de l'horreur.

Dreamcatcher - L'adaptation de Lawrence Kasdan est une montagne de rigolade, un nanar à côté duquel il ne faut pas passer. Morgan Freeman est ridicule à pleurer (de rire) en militaire entêté et bourrin. Les effets spéciaux sont dégoulinants de plastique fondu. À hurler de rire, donc, et parfois on n'en demande pas beaucoup plus à un film, d'autant plus que le livre est loin d'être le meilleur de Stephen King.

SKfilms_Dreamcatcher

Territoires - Je n'ai pas encore lu ce livre.

Roadmaster - Le projet d'adaptation de Tobe Hooper n'a jamais vu le jour. Dommage, car ce film a un potentiel visuel énorme.

Colorado Kid - Je n'ai pas vu la série Les mystères de Haven qui se fonde apparemment de façon très lointaine sur ce court roman.

Un tour sur le bolid' - Je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique.

Cellulaire - Je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique et j'en suis même totalement passé à côté en 2016 !

Histoire de Lisey - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Blaze - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Duma Key - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Dôme - Les trois saisons de la série Under the Dome sont d'autant plus décevantes qu'elles ont été supervisées par Stephen King. En gros, on retrouve les mêmes noms de personnage, mais ils ont des caractères et/ou des histoires différentes. L'intrigue est rapidement très différente et la fin est un majeur tendu à la douce idée de respecter l'oeuvre d'origine. Les acteurs sont... les acteurs sont, voilà. Le seul avantage de cette série est qu'elle donne envie de relire le roman qui est plutôt très bon.

SKfilms_Dome

22/11/63 - Comme quoi, il est possible de ne pas reproduire certaines erreurs... En travaillant avec J. J. Abrams sur le scénario de la mini-série, Stephen King a produit un chef-d'oeuvre télévisuel. Tout est bon dans cette adaptation : les acteurs, le rythme, l'image, les clins d'oeil aux autres textes du King (cherchez bien le "Redrum" dans la fabrique de papier...). Le roman était fabuleux : son adaptation est tout à fait à la hauteur.

SKfilms_22-11-63

Joyland - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Docteur Sleep - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Mr Mercedes - Une série est prévue pour 2017 : j'ai hââââte !

Revival - Il n'existe pas d'adaptation de ce roman.

Carnets noirs - Il y aura peut-être une saison 2 à la série tirée de Mr Mercedes.

Fin de ronde - Il y aura peut-être une saison 3 à la série tirée de Mr Mercedes.

*****

Stephen King a publié de nombreux recueils de nouvelles. Certaines ont été adaptées.

Danse macabre - Plusieurs nouvelles ont été adaptées. Je n'ai vu aucune d'elles.

  • Les enfants du maïs - 
  • Désintox Inc -
  • La corniche -
  • Poids lourd -
  • Poste de nuit -
  • Cours, Jimmy, cours -
  • La presseuse -
  • Petits soldats -

Différentes saisons - Plusieurs adaptations.

  • Le corps - La nouvelle est adaptée en 1987 sous le titre Stand By Me et est une très chouette histoire d'amitié entre gamins.

SKfilms_Stand by me

  • Les évadés - Vous connaissez sans doute le film The Shawshank Redemption avec Tim Robbins et Morgan Freeman dans les rôles principaux. Paru en 1994, il a été nommé à plusieurs récompenses aux oscars, et il aurait mérité de recevoir toutes les statuettes.

SKfilms_Les evades

  • Un élève doué - Je n'ai pas vu cette adaptation.

Brume - Je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique de 2007, mais j'ai vu la série The Mist produite par la plateforme Netflix. Elle souffre du même syndrôme que Dôme : des acteurs trop nombreux et insipides, et un matériau d'origine passé à la moulinette et recraché en un magma immonde. Fort heureusement, il n'y aura pas de deuxième saison et la fin très décevante de la première est à oublier au plus vite. Et je vais chercher le film de 2007 : il ne peut pas être pire !

SKfilms_The mist

Minuit 2 - Je n'ai pas encore lu ce recueil.

  • Les Langoliers - En 1995, Tom Holland a commis une adaptation pour la télévision. C'est avec ce téléfilm, gamine, que j'ai découvert le concept de nanar. Mon frère et moi en avons ri pendant des semaines. En fait, on en ri encore.

SKfilms_Les langoliers

  • Vue imprenable sur jardin secret - Nouvelle adaptée sous le titre Fenêtre secrète. Il me semble que j'ai vu l'adaptation avec Johnny Depp et John Turturo, mais je n'en ai aucun souvenir. C'est dire si ça devait être bon mauvais...

Minuit 4 - Aucune des deux nouvelles n'a été adaptée.

Rêves et cauchemars (tome 1, tome 2) - Je n'ai vu aucune des adaptations.

  • Désolé, bon numéro -
  • Le doigt téléscopique -
  • Le rapace nocturne -
  • Le dentier claqueur -
  • La cadillac de Dolan -
  • La tribu des dix plombes -

À noter que la série américaine Rêves et cauchemars produite en 2006 reprend plusieurs nouvelles du recueil, une par épisode, et des nouvelles d'autres recueils.

Coeurs perdus en Atlantide - En 2001, Scott Hicks adapte en regroupant plusieurs des textes de ce recueil, sous le titre Coeurs perdus en Atlantide. Anthony Hopkins est, comme dans presque tous ses films, extraordinairement bon.

SKfilms_Coeurs perdus en atlantide

Tout est fatal - Plusieurs nouvelles ont été adaptées dans la série Rêves et cauchemars, d'autres de manière indépendantes. Je n'en ai vu aucune.

  • Quand l'auto-virus met cap au nord -
  • Salle d'autopsie 4 -
  • 1408 -
  • Tout est fatal -

Juste avant le crépuscule - Pas d'adaptation télévisuelles ou cinématographique.

Nuits noires, étoiles mortes -

  • Bon ménage - Je n'ai pas vu l'adaptation parue au cinéma.
  • Grand chauffeur - Le téléfilm de Mikael Salomon, produit en 2014, est très réussi et retranscrit à merveille la violence de la nouvelle, mais aussi la détermination de la femme qui se venge.

SKfilms_Grand chauffeur

  • 1922 - Cette nouvelle m'avait terrifiée à la lecture : il faut dire que je ne suis pas spécialement fan des rats... L'adpatation produite par Netflix est particulièrement réussie : elle reprend la forme de la confession et, visuellement,... des rats partout !

SKfilms_1922

 

Le bazar des mauvais rêves - Il n'y a pas d'adaptation pour le moment.

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Stephen King et J. . Abrams travaillent sur la série Castle Rock qui se trouve à la croisée des différents texte du Stephen King Universe. Castle Rock est la ville créée par le King, située dans le Maine et théâtre de très nombreux romans. Ça promet d'être très bon !

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Boudoir - Lignes d'affrontement [2] - Permalien [#]