Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

19 octobre 2018

Mots croisés Télérama

Recueils de grilles de mots croisés de Marc Aussitôt.

Telerama_Mots croises1 Telerama_Mots croises2

Aujourd'hui, pas tout fait de la lecture, mais un loisir très proche des mots.

Depuis que je suis môme, j'adore les mots fléchés et les mots croisés. Passion acquise auprès de mes grands-parents maternels et paternels que j'ai toujours vus noircir des grilles.

En 2016, pendant une courte période d'abonnement, j'ai découvert les grilles de Marc Aussitot dans le magazine Télérama. Énorme coup de coeur pour le travail de ce verbicruciste qui compose des définitions que moi, cruciverbiste amatrice, je prends un plaisir dingue à déchiffrer ! Elles sont drôles, érudites, insolites, évidentes, anecdotiques. Bref, tout ce qu'il faut pour stimuler mes neurones !

Eh non, verbicruciste et cruciverbiste ne sont pas synonymes !

Le troisième volume vient de paraître et a rejoint ma table basse. J'ai fini le deuxième pendant l'été au bord de la piscine, mais je commence à peine le premier. Encore de belles soirées de remue-méninges en perspective, avec de la bonne musique en fond sonore !

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17 octobre 2018

La vérité sort de la bouche du cheval

Alaoui_Verite sort de la bouche du chevalPremier roman de Meryem Alaoui. À paraître le 23 août.

La narratrice, c’est Jmiaa, prostituée à Casablanca depuis que son mari a fichu le camp vers le mirage d’une vie meilleure en Espagne. « Pour vivre, je me sers de ce que j’ai. » (p. 17) Jmiaa n’a pas sa langue sans sa poche, elle est droite dans ses bottes et débrouillarde. « Ici, tu rencontres celui qui chaque jour boit sa honte et qui – le soir venu – te fait vomir la tienne, dans les toilettes sales et l’excuse d’un vin frelaté. Mais, au fond, tu te fous bien d’eux, de leur misère et de leur crasse. Parce que tu sais que c’est comme ça. Et que sur cette terre, chacun son lot. » (p. 26) Jmiaa aime la vie, la fête, l’alcool – peut-être un peu trop. Et sa fille, à qui elle tente de cacher son activité. Elle aime aussi Chaïba, son petit ami, aussi brutal qu’inconstant. Arrive Chadlia, dite Bouche de cheval, qui veut réaliser un film dans Casablanca et lui donner tous les accents du réel. « Il faut que ce soit comme dans la vraie vie. Pour que les gens y croient. Qu’ils pensent que c’est vraiment arrivé. » (p. 166) Pour ça, elle a besoin de quelqu’un qui connaît la ville dans ce qu’elle a de plus authentique. Pour Jmiaa, c’est une proposition en or. « C’était ça mon travail avec elle : l’aider pour qu’elle puisse finir d’écrire son histoire. Plus facile que ça, il n’y a pas. » (p. 123) Jmiaa compte bien en profiter autant qu’elle pourra et tirer tous les avantages de cette situation. D’autant plus que Bouche de cheval cherche maintenant l’actrice principale de son film.

Jmiaa est le genre de personnage que je désespère de croiser plus souvent dans la littérature. Quel plaisir de l’écouter parler – à qui, cela reste un mystère – et de suivre son regard profane sur le cinéma, mais acéré sur la nature humaine ! Dotée d’un gros bon sens et d’une tête solide, elle traverse les épreuves de la vie avec majesté et détermination. À l’image de sa protagoniste, le roman est généreux, drôle par moment, profond, vivant et très humain. Et le style de Meryem Alaoui est de ceux qui enchantent dès les premières lignes, à la fois musical et chantant, aussi rythmé que mesuré. Avec ce premier roman, l’autrice fait déjà preuve d’un talent certain et je vais suivre de près la suite de sa carrière littéraire.

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15 octobre 2018

Les prénoms épicènes

Nothomb_Prenoms epicenesRoman d’Amélie Nothomb.

« Nous sommes ensemble depuis cinq ans. À part l’amour, tu n’as rien. / Tu ne t’en es pas plainte. » (p. 4) Quand Reine quitte Claude, ce dernier décide de se venger et qu’importe que cela lui prenne 15 ans. Pour cela, il s’attache la douce Dominique qui, sans le savoir, participe à un plan amer poli par le dépit. De leur mariage naît Épicène, petite fille adorable qui ne comprend pas pourquoi son père la hait, mais qui s’en accommode en le haïssant encore plus fort. « Pourquoi avoir des remords de ne pas aimer qui ne l’aimait pas ? La question ne méritait aucun état d’âme. » (p. 21) Cependant, il y a une différence entre ressentir ce violent sentiment et l’avouer à d’autres. Et tandis que Claude poursuit obstinément sa vengeance, la fillette découvre les ravages de la duplicité et de la dissimulation. « À dix ans, Épicène ne fut pas capable de dire à sa meilleure amie que son père était un sale type et qu’elle le détestait. » (p. 26) Plus tard, quand bien des vies auront été bouleversées, il restera une simple question : peut-on vraiment se venger d’un chagrin d’amour ? Et cela a-t-il un sens ?

Après Frappe-toi le cœur qui décrivait le terrible manque d’amour d’une mère envers sa fille, Amélie Nothomb explore ici les relations père-fille et, au-delà, les chemins que l’on emprunte dans l’existence : faut-il vivre pour un autre, contre un autre, pour soi ? Si le style de cette autrice me laisse particulièrement froide, tant son dépouillement frôle la désolation, le contenu de ses derniers romans me stimule agréablement et, toujours, me rappelle la chance que j’ai eue de grandir dans une famille normale, banale, heureuse.

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14 octobre 2018

Potins #41

Tarjei Vesaas est un auteur norvégien né en 1897 et décédé en 1970.

POTIN - Il aurait dû hériter et prendre la suite de ses parents dans l'exploitation familiale, mais ces derniers l'ont encouragé à écrire et développer son talent d'écrivain.

Lisez :  Palais de glace, Le germe, La blanchisserie, Les chevaux noirs, Les oiseaux.

Potins_Tarjei Vesaas

 

 

 

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12 octobre 2018

Bienvenue à Cotton's Warwick

Mention_Bienvenue à Cotton's WarwickRoman de Michaël Mention.

Dans le Northern australien, Cotton’s Warwick est une ville oubliée, quasi désertée, où les étrangers ne sont pas les bienvenus. Il n’y reste que seize hommes et une femme qui sont écrasés par une canicule exceptionnelle. « Descendants de bagnards et d’aborigènes violées jusqu’au sang, les Warwickiens sont fiers de leurs origines comme de leur consanguinité. » (p. 6) Il n’y a plus assez d’eau pour se laver, à peine pour boire, mais de toute façon ils préfèrent la bière. Tous se soumettent à Ranger Quinn, à ses ordres tyranniques, à la messe quotidienne et à la répétition inepte des journées. Mais voilà que l’un d’eux meurt, puis un autre et encore un autre et presque tous. Les survivants, loin de faire front commun, redoublent de cruauté les uns envers les autres, achevant le travail de destruction entamé à l’encontre de l’humanité.

La mort est rapide et s’abat en une ligne sur des personnages dont on a tôt fait d’oublier le nom tant ils étaient haïssables et peu fréquentables. La mort est visuelle, presque graphique, d’autant plus que les meurtriers sont inattendus et presque de nature divine, métaphysique. Alors que le soleil embrase l’air et que la fournaise renaît chaque matin après le couperet glacial de la nuit, les kangourous, les razorbacks, les kookaburras et les brown snakes reprennent l’ascendant sur l’Outback.

Autant j’aime le gore décomplexé de Stephen King – parce qu’il sert un propos –, autant je suis restée hermétique à l’escalade hallucinée de violence sanglante et déshumanisée de ce roman. Je n’ai pas compris le propos de ce thriller sauvage sur fond de nouvelles internationales et de musique rock. Je le laisse aux amateurs de barbarie gratuite et de fantasmes hémoglobinés !

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10 octobre 2018

Éloge voluptueux du chat

Hochet_Eloge voluptueux du chatEssai de Stéphanie Hochet. À paraître le 11 octobre (Oui, demain ! Au moins, vous êtes prévenus, alors tenez-vous prêts !)

Ce n’est pas première fois que Stéphanie Hochet se frotte à ce bel animal : après son Éloge du chat, elle propose une version voluptueuse de ce sujet décidément inépuisable. « Sybarite de la sieste, Lucullus de la gamelle, toujours prêt à la caresse, le chat est le champion de la délectation. Un félin frigide est une contradiction dans les termes : l’absolue volupté appartient à son essence. » (p. 228) Pour avoir également lu le Petit dictionnaire amoureux du chat de Frédéric Vitoux, je peux affirmer que Stéphanie Hochet est originale et intarissable et que l’animal est insaisissable, tant il y a dire sur lui ! « Honneur aux chats, gloire à la fierté féline, à bas les conifères et leurs alliés flavescents ! » (p. 213)

Devant ce dictionnaire, comme un chat, je n’en ai fait qu’à ma tête, refusant le classement alphabétique et sautant d’une entrée à une autre, en suivant les renvois, un peu comme une histoire dont le chat serait le héros et déciderait de chacun de mes mouvements. « Vouloir civiliser le chat est une aberration philosophique. Le chat est cette partie de nous qui refuge le joug de l’obligeance. » (p. 21) Ce faisant, je suis passée de l’Angleterre à l’Égypte, j’ai sautillé au Japon et j’ai croisé Colette, les Aristochats, Charles Baudelaire et le ténébreux Blacksad. J’ai caressé quelques têtes de chien, animaux que j’aime autant que les chats pour des raisons différentes, et j’ai enfoui mon nez dans la douceur de la fourrure de quelques lapins qui, selon Stéphanie Hochet, sont sans doute les versions végétariennes du chat. Je partage cette opinion qui mériterait largement un développement, voire un éloge impertinent du lapin !

Dans sa préface, Gilles Lapouge cerne avec finesse la magie de cet ouvrage : « Ce n’est pas le chat de Stéphanie qui devient un humain. C’est Stéphanie qui devient un chat. » (p. 8) Et Stéphanie Hochet de renchérir : « Je connais beaucoup de gens qui rêvent de se réincarner en chat. Pour ma part, je n’ai pas vu l’intérêt d’attendre une prochaine vie. » (p. 17) Au gré de cet abécédaire dont les lettres sont déclinées en courbes félines, j’ai largement aggravé mon ailurophilie, et ça me réjouit. « Sa manière de se frotter à votre jambe surtout si vous portez des bas de soie qui font un si joli bruit […] » (p. 12) J’aime profondément les toutous, mais j’ai choisi de vivre avec un matou pour des raisons d’espace : je refuse d’enfermer un chien dans un appartement, alors que je sais que ma Bowie chérie sait exploiter toute la surface, voire tout le volume de la maison. Et comment ne pas compatir quand Stéphanie Hochet donne la parole à son ami écrivain, Jérémy Fel, qui raconte le deuil qui l’habite depuis la disparition de sa compagne à moustaches. Mais qu’on se le dise, le bipède ailurophile n’est pas fou, oubliez l’image de la crazy cat lady ! Le chat n’est pas une religion, ce n’est pas un dogme : c’est une évidence ! « Aimer les chats ne [consiste] pas à idéaliser les félins, mais à se réjouir de leur attitude majestueuse. » (p. 74 & 75)

Cet Éloge voluptueux du chat se lit avec délectation, en s’étirant sur un matelas confortable ou lové sous une couette dont nous sommes le maître. Ce n’est pas un mode d’emploi du petit félin domestique, ni un livre sacré, mais une façon de rappeler l’humain à ses devoirs envers le chat. « Si Dieu est mort, le chat se propose de devenir son voluptueux ersatz. » (p. 30) Ce n’est pas Philippe Geluck qui dira le contraire : lisez sa Bible selon le Chat. Mais surtout, lisez les œuvres de Stéphanie Hochet qui s’y entend pour parler de chats et de bien d’autres sujets !

Et venez la rencontrer à la librairie Place Ronde de Lille le 17 octobre pour discuter de ce charmant animal que nous aimons tant et faire dédicacer votre exemplaire ! Et ailleurs en France si Lille est trop de loin de chez vous. (Mais tous les chemins mènent à Lille, et à Lili.)

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08 octobre 2018

Brasseries de Flandre

Chaplain_Brasseries de flandreOuvrage de Marie-Hélène Champlain. Photographies de Samuel Dhote.

« Dans ce plat pays flamand bombé de quelques monts et bordé par la mer, la bière a trouvé une terre à son goût dont elle se nourrit sans partage : ici, pas de vignes à flanc de coteau, mais des rangées de houblons sur leurs échasses, plus hautes encore que les géants qui peuplent les rues et les places lorsque l’ambiance est à la fête ! » (p. 7)

Depuis la préhistoire, la bière nourrit et désaltère les hommes. Elle est présente dans les célébrations religieuses et dans les fêtes païennes et civiles. Elle appelle au partage de moments conviviaux. Et en Flandre, la bière et l’activité brassicole sont bien plus que cela : elles sont une industrie, une histoire, un patrimoine vivant.

Marie-Hélène Champlain retrace le destin de quelques petites ou grandes dynasties brassicoles du nord de la France. « Le brasseur est un personnage important de la vie sociale du village. Ce n’est d’ailleurs pas innocent si plusieurs brasseurs sont devenus maires, parfois même de père en fils. » (p. 43) Elle rappelle qu’à 1 ou 2 degrés, la bière était servie en bol pour le goûter des enfants, distribuée aux moissonneurs et recommandée aux jeunes accouchées pour faire monter le premier lait. La bière, c’est une boisson nourricière à plus d’un titre !

Pendant plusieurs siècles, la bière a été la boisson principale dans presque tous les foyers. Mais la Première Guerre mondiale et les impératifs de l’industrialisation ont freiné cette activité, d’autant plus que le produit de la fermentation basse a fini par lasser : trop fade et jugée sans caractère, la bière légère a été délaissée pour d’autres breuvages. « À partir des années 1960, le désamour pour la bière touche l’ensemble des consommateurs. Chez les enfants, la limonade, le soda ou les eaux pétillantes ont l’attrait de la nouveauté et séduisent durablement. À l’école, le lait a remplacé le traditionnel bol de bière et à table, on boit de l’eau. » (p. 75)

Chaplain_Brasseries de flandre_1   Chaplain_Brasseries de flandre_2

Depuis quelques années, de nouvelles brasseries voient le jour et réhabilitent un art qui a failli se perdre, en créant de nouvelles bières : la qualité prévaut sur la quantité ! Et comme le dit l’héritier de la famille Ricour, « la bière, c’est un peu comme la cuisine. Il faut un chef rigoureux, de bons produits, du palais, un savoir-faire et une exigence sur la qualité ! » (p. 87) La brasserie des années 2010 redonne ses lettres de noblesse à une boisson qui sait rester populaire, mais aussi trouver sa place sur les bonnes tables et dans les grandes occasions. La bière de soif n’est pas morte – et heureusement ! –, mais la bière de dégustation sait s’imposer !

L’ouvrage s’achève sur une présentation des trésors de la Flandre, de la table aux visites, des loisirs aux célébrations. Outre les clichés de Samuel Dhote qui subliment les paysages, les récoltes et la boisson, l’ouvrage fait la part belle à des illustrations diverses : images d’archives, cartes postales et vieilles photographies, affiches commerciales et étiquettes de bières. Et quel plaisir de trouver en fin d’ouvrage quelques recettes appétissantes, à base de bière évidemment ! Je ne résiste pas à vous en montrer une que je vais tester sans attendre (passion fromage…) !

Chaplain_Brasseries de flandre_3

Désormais, quand sur une terrasse lilloise ou dunkerquoise vous porterez à vos lèvres un verre de boisson blonde ornée d’une mousse claire, vous saurez que c’est la Flandre tout entière qui vous cavale dans le gosier et vous régale ! Je préfère les bières de type stout, noires et épaisses, comme une célèbre marque irlandaise à la bouteille aussi sombre que son contenu, aux bières blondes et légères des Flandres, mais Brasseries de Flandre enrichit agréablement ma découverte du pays de Flandre que je parcours avec plaisir depuis mon installation dans sa capitale en début d’année. Et il m’a donné follement envie de revoir la série télévisée Les Steenfort, maîtres de l’orge.

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07 octobre 2018

Potins #40

Emily Bronte est une autrice anglaise née en 1818 et décédée en 1848.

POTIN - Elle était si proche de sa soeur, Anne, qu'on les a souvent comparées à des jumelles.

Lisez : Les hauts de Hurlevent, évidemment !

Potins_Emily Bronte

 

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05 octobre 2018

Les nouvelles aventures de Lapinot - Un monde un peu meilleur

Trondheim_Un monde un peu meilleurBande dessinée de Lewis Trondheim.

Lapinot est un bon gars, toujours prêt à rendre service. Mais à cause de son ami Richard, champion dans l’art de dire et faire des choses stupides et/ou dangereuses, il contribue à une prise d’otages dans une arrière-salle de bistrot. « En tout cas, moi, je rends le monde meilleur. / Tu rendrais le monde meilleur si tu divisais par deux toutes tes formes d’initiatives. » (p. 16) Entre temps, il a rencontré Gaspard qui voit les auras des personnes qu’il croise, il a revu Nadia avec laquelle il espère renouer et il a fait une première rencontre grâce à une application.

Lapinot est un héros du quotidien, à la générosité simple et immédiate. Ni meilleur ni pire qu’un autre, il a une sensibilité peut-être plus développée que celle de ses congénères. « Tu es l’inventeur, le découvreur, le créateur d’une société où la bonté l’emportera. » (p. 23) Il y a beaucoup d’humour dans ces pages, mais il est grinçant et un peu acide, comme la vie en général. C’est surtout un rire jaune, mais un rire qui essaie de tirer le meilleur parti de l’existence et qui apporte une pointe d’optimisme dans le marasme ambiant.

Il faudra évidemment que je comble une grosse lacune en lisant les premières aventures de Lapinot, mais je suis déjà conquise par ce petit personnage aux oreilles et aux dents caractéristiques de son espèce, et pas uniquement à cause de ça. Parce que Lapinot, comme je le disais en introduction, c’est un bon gars. Et j’aime ça, les bons gars.

Challenge Totem

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03 octobre 2018

Le monde antique de Harry Potter - Encyclopédie

Le_Callet_Monde_antique_de_Harry_PotterEncyclopédie de Blandine Le Callet. Illustrations de Valentine Le Callet.

Quatrième de couvertureCaput Draconis ! Piertotum locomotor ! Wingardium leviosa ! Tous les lecteurs de Harry Potter le savent, les sorciers utilisent une langue qui ressemble beaucoup au latin pour leurs mots de passe et leurs formules magiques. Mais les emprunts de J.K. Rowling à l’Antiquité vont bien au-delà. De l’atrium du ministère de la Magie au sombre bureau du professeur Rogue, des transes de Sibylle Trelawney aux foudres de Dumbledore, des centaures de la Forêt interdite au sphinx du labyrinthe, le monde des sorciers est profondément inspiré par la culture gréco-romaine. Dans cette encyclopédie illustrée, à la fois érudite et ludique, Blandine Le Callet révèle l’extraordinaire travail de référence à l’Antiquité auquel s’est livrée J.K. Rowling. On y trouvera des articles sur une foule de personnages de la saga, mais aussi sur des animaux, des plantes, des monstres, des lieux, des formules magiques, et bien d’autres choses encore… Bienvenue dans le monde antique de Harry Potter.

Que j’aime les quatrièmes de couverture bien faites ! Et celle de cet ouvrage est un modèle du genre. Venons-en au contenu dudit ouvrage. En fouillant tous les recoins des livres écrits par J. K. Rowling et bien d’autres sources (sites internet, jeux, etc.), Blandine Le Callet a traqué la moindre trace de culture gréco-romaine et son encyclopédie a des allures de jeux de piste ! Les quelque 550 pages de ce livre ont largement ravi l’ancienne latiniste et la férue d’étymologie que je suis. Quel plaisir immense de décrypter avec l’autrice le sens des formules magiques (en français et dans la version originale), les noms des personnages et des créatures ou encore des épisodes des livres qui empruntent beaucoup à la mythologie antique et ainsi la renouvèlent. Ainsi, vous pouvez voir en Cédric Diggory un nouvel Hector ou en Dumbledore un nouveau Zeus ou un nouveau Socrate. Et grâce à Blandine Le Callet, vous serez incollable quand il s’agira de décortiquer les néologismes de J. K. Rowling !

Certaines entrées sont plus longues que d’autres et les personnages principaux de la saga ont droit à des développements sur plusieurs pages. Je n’en retiens qu’une qui – ô surprise – parle d’un certain animal à longues oreilles« Lapifors est un sortilège permettant de transformer un objet en lapin. Il apparaît dans le jeu Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. Le nom de ce sortilège est composé de mot français « lapin » – lui-même dérivé du lapin lepus qui signifie « le lièvre » – et de fors qui signifie « le sort », « le hasard » en latin. » (p. 289) Je suis loin d’être une mordue (pas moldue, mordue !) acharnée de l’univers Harry Potter, mais il me ravit et m’enchante, et cette encyclopédie m’a aidée à comprendre quelques points, à faire des connexions, bref à rallumer mon envie de tout relire et de revoir tous les films. Pas mordue, moi ? Hum…

Le Callet_Monde antique de Harry Potter_1

Il me reste cependant une incompréhension de forme : certains titres d'entrée sont imprimées en petites majuscules, d’autres en bas de casse : pourquoi ? Je suis un peu (beaucoup) maniaque quand il est question de mise en page : pourquoi ne pas avoir mis tous les intitulés au même niveau typographique ? Mais c’est un détail… Aucun doute que cette encyclopédie magnifiquement illustrée deviendra un ouvrage de référence pour tous les Potterheads qui n’en finissent pas de décrypter l’œuvre de J. K. Rowling !

Et j’en profite pour vous recommander un magnifique roman de Blandine Le Callet, La ballade de Lila K.

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