Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

23 août 2019

Ouverture à la française

Roman de Dora Djann.

Née dans le Kurdistan de Turquie, Ziné a souvent déménagé pendant son enfance, suivant ses parents au gré des contrariétés subies par le régime contre lequel ils s’élevaient. Un matin, le père part en premier vers L’Europe, rêvant d’une cité idéale dans laquelle installer sa famille. « À partir de ce moment-là, je passe mon temps à me répéter qu’il me manque. Comme je n’ai pas de pétales de fleurs à arracher sous la main, je compte avec les motifs de fleurs sur les étoffes. » (p. 48) La mère finit par le suivre, puis vient le grand voyage pour les enfants, le vrai déracinement avec l’installation en France. Passant d’activistes menacés à immigrés précaires, les parents font de leur mieux pour offrir le meilleur à leurs enfants, tout en préservant leur culture. « Mes parents, qui sont désormais libres de faire de la politique, n’ont cependant pas les moyens d’exprimer leurs opinions en France, car ils ne maîtrisent pas le français et on ne leur donne pas la possibilité de l’apprendre. Ils restent dans leur petit monde à faire la révolution. » (p. 97 & 98) Élevée dans la peur des hommes et du déshonneur, Ziné n’a d’autre possibilité d’échapper à l’emprise de sa famille que d’épouser son premier amour, un Français, sans le consentement de son père. « Le ravissement de l’Europe m’accompagne. J’ai droit à la parole. On me questionne sur la nature de mes envies, et on accorde de la valeur à mes réponses. » (p. 88) S’ouvre alors une longue décennie pendant laquelle le père et la fille ne se connaissent plus.

Le texte commence quand Ziné revient dans le quartier où vit celui qu’elle admirait et qu’elle aimait tant étant enfant. Après être retournée en Turquie sur les traces de son identité, la jeune femme sait enfin qui elle est et elle veut se présenter à son père. Pour un premier roman, c’est une réussite. Porté par une voix puissante et une plume déjà solide, le récit appelle à faire tomber les masques et à cesser d’imaginer l’autre pour enfin le voir et le retrouver. Le long cheminement de la fille vers le père est bouleversant. Dora Djann est une autrice à suivre !

Lu dans le cadre du prix Au coin de la Place Ronde 2019.

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21 août 2019

Après la fête

Nicolle_Apres la feteRoman de Lola Nicolle. À paraître le 22 août 2019.

« J’essayais de t’impressionner, mais tu ne m’écoutais pas, je le voyais bien. J’ai parlé vite pour combler ma gêne, coupé les mots en deux. Tu m’as embrassée. L’histoire débute sur une phrase jamais terminée. » (p. 11) Raphaëlle, la narratrice, raconte son bel amour avec Antoine, leurs années étudiantes et le début de la vie active. Mais ce roman, un peu comme l’annonce le titre, est surtout la chronique d’une séparation annoncée. Elle s’écrit au rythme d’une bande-son qui mêle musique populaire française et rap énergique. C’est un fond sonore un peu vain, que tout le monde entend sans vraiment l’écouter, comme dans les fêtes qui toujours finissent. « En arrivant sur la rive, tu m’avais murmuré : cette femme qui serait ma vie, je croyais que c’était toi. /, Mais j’étais seulement la femme de la mienne. Et nous en étions restés là, chacun pour soi. » (p. 137)

Avec ce premier roman, Lola Nicolle fait montre d’un talent à suivre, même si je déplore une tendance un peu artificielle à filer trop longtemps les métaphores. Mais je salue les très belles images qu’elle invente pour parler de l’amour, du plaisir et du désir. Avec simplicité et élégance, l’autrice dépeint les ravages silencieux du temps sur les espoirs et les ambitions.

Et quelques jolies phrases pour vous mettre en appétit.

« Longtemps, nous sommes restés au milieu de l’appartement, dans le creux de nos bras et dans ceux de la nuit. » (p. 28)

« La nuit tombait et dans nos corps, tu excellais. Tu anéantissais mes préjugés. Tu me cueillais là où jamais personne n’avait été, me dominais. » (p. 40)

« Tomber-amoureux, verbe du premier groupe : avoir la sensation que la conversation avec une autre personne est illimitée, et souhaiter que la discussion, sans cesse, se poursuive. Apprécier les silences, les chérir. » (p. 60)

Lu dans le cadre du prix Au coin de la Place Ronde 2019.

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19 août 2019

La petite conformiste

Seyman_Petite conformisteRoman d’Ingrid Seyman. À paraître le 22 août.

Esther s’est toujours sentie en décalage avec sa famille. Face à ses parents de gauche, libertaires, juifs et adeptes du nudisme, elle a développé une obsession de l’ordre, qui ne fait que s’accroître quand elle entre dans une école catholique. Espérant jour après jour que ses parents finiront par divorcer, Esther apprend que la vie se plaît à faire des dégâts collatéraux et à tirer des balles perdues.

Cette histoire m’a rappelé En attendant Bojangles, ou quand les doux dingues sont surtout dingues, voire fous dangereux. Les manies du père n’ont plus rien d’excentrique quand elles déclenchent des crises de rage incontrôlables. « En fait, Babeth n’avait qu’un seul défaut : mon père. À cause de lui, elle était capable de dire (et de penser) à peu près tout et son contraire. » (p. 55) Pas étonnant que la gamine se réfugie dans l’ordre et la rigueur, seule façon de faire tenir son monde, monde dont des pans entiers s’effondrent régulièrement sous les explosions paternelles.

Le premier roman d’Ingrid Seyman repose sur un style simple, mais vif. On ne badine pas avec la douleur ici : on l’expose crument, voire on la dissèque pour mieux la comprendre et la contrôler. Bien moins léger que ce que laissent entendre les premières lignes de la quatrième de couverture, La petite conformiste est la fable grave d’une enfance qui se heurte à la violence des amours imparfaites.

Lu dans le cadre du prix Au coin de la Place Ronde 2019.

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16 août 2019

Cadavre exquis

Bazterrica_Cadavre exquisRoman d’Agustina Bazterrica.

Les animaux sont devenus mortellement toxiques pour l’homme et sont exterminés systématiquement. Pour continuer à consommer des protéines animales, les humains ont mis en place une filière de production de viande humaine. De cela découle une industrie aussi bien rodée que l’ancienne industrie de viande animale. Les têtes sont soigneusement sélectionnées, les inséminations sont contrôlées, les pièces sont suivies. Et comme dans le cochon, tout est bon : la peau, la graisse, les cheveux, tout est transformé. Tout cela est encadré d’une communication parfaitement rodée. « Il y a des mots convenables, hygiéniques. Légaux. »(p. 16) Dans ce système bien organisé, Marcos travaille dans un abattoir. Son regard croise un jour celui d’une femelle. « Elle est belle […] mais sa beauté est inutile. Ce n’est pas parce qu’elle est belle qu’elle en sera plus savoureuse. » (p. 132) Marcos commet alors l’interdit : il considère cette pièce humaine bonne à être mangée comme un être vivant, un être humain, un être à aimer. Il la cache dans son garage, mais il sait dès le début qu’il ne pourra pas la garder.

 Le roman nous montre une société accrochée à la consommation de viande et qui refuse de changer de modèle alimentaire, comme si le régime carniste était un dogme. « Il faut respecter la nourriture. […] Toute assiette contient de la mort. Prenez-le comme un sacrifice que d’autres ont fait pour vous. » (p. 212) Devenu cannibale, l’homme est vraiment un loup pour l’homme. Cette dystopie alimentaire et/ou gastronomique fait froid dans le dos, mais reste parfaitement crédible. Tout comme sont terriblement crédibles les théories du complot qui fleurissent partout. « Tu ne te rends pas compte qu’ils nous manipulent ? Qu’ils nous font nous bouffer entre nous pour contrôler la surpopulation, la pauvreté, la criminalité. » (p. 219) Avec ce premier roman, Agustina Bazterrica signe un témoignage à charge contre l’industrie agroalimentaire et lance un appel au respect de la vie animale. Et évidemment, le film étant cité dans le roman, impossible de ne pas penser à Soleil vert.

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14 août 2019

Le soleil des rebelles

Di Fulvio_Soleil des rebellesRoman de Luca di Fulvio.

Un matin d’hiver, le jeune Marcus II de Saxe perd tout : sa famille, son château, son titre, son royaume. « Pour garder son pouvoir et ton rang, tu ne peux pas compter sur Dieu, mais uniquement sur toi-même. Sur ta force et ta détermination. » (p. 7) Sauvé par la fille d’une pauvre sage-femme, il devient Mikael et se cache parmi les serfs en attendant de se venger d’Agomar qui a tué son père, mais surtout du prince d’Ojsternig qui lui a tout pris. Les années passant, il se rallie aux rebelles menés par Volod le Noir et s’engage auprès des miséreux et des opprimés et contre l’injustice. S’il agit au nom des siens qui ont été massacrés, il ne ménage pas non plus sa peine pour préserver Eloisa, la femme qu’il aime depuis toujours.

Voilà un gros roman que j’ai lu très vite et avec un certain plaisir. Sur le fond, c’est une œuvre divertissante. Sur la forme, je n’ai rien à reprocher au rythme, mais beaucoup à dire sur le style. L’intrigue est cousue du fil blanc dont on fait les cordes à bateaux, mais ce n’est pas le pire. La langue est affectée, souvent faussement poétique et lourdement lyrique, comme pour ajouter un côté ancien, ce qui est parfaitement crétin. À quoi sert de vouloir d’écrire dans une autre langue que celle de son époque ? Les dialogues sont peu crédibles, car trop écrits et peu naturels : il en ressort souvent un manque de fluidité dans les échanges. J’en termine avec la façon assez niaise dont sont présentés les sentiments, notamment l’amour, et les caractères : il ne faut pas s’attendre à beaucoup de finesse, car les méchants sont très cruels, les gentils sont très généreux et les traîtres sont très vils.

Dans l’ensemble, ce n’est pas un texte déplaisant, mais c’est sans doute un roman qui ravira les amateurs de lectures de vacances. Je ne souscris pas à cette distinction, car j’estime que tous les livres peuvent être lus à toutes les périodes de l’année. Mais si vous cherchez un livre sans prise de tête pour vous accompagner à la plage, celui-là ne sera pas pire qu’un autre.

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12 août 2019

Cabane en péril !

Lalumiere_Cabane en perilRoman de Jean-Claude Lalumière.

Bernie, Félix, Simon, Hugo et Pierre sont copains à l’école et dans la cour de récréation, et ils partagent un secret : une cabane dans la forêt. Hélas, la future autoroute prévoit de passer par le bois. « Qu’est-ce qu’on va faire ? a demandé Félix. / S’ils s’approchent, on les bousille, a suggéré Hugo. / C’est facile à dire, a souligné Pierre. / Le combat sera déséquilibré, dangereux même. La possibilité du péril ne peut être ignorée. » (p. 17) Pour sauver leur cabane, les gamins sont prêts à se battre, quitte à mettre en place une ZAD si nécessaire ! Au passage, si Bernie peut impressionner la jolie Juliette, il sera doublement content. Et même si cela suppose de se mettre au théâtre.

Avec ce premier roman pour la jeunesse, Jean-Claude Lalumière explore un nouveau champ créatif. Mais je le préfère clairement quand il fait de la fiction pour adultes, pour la radio ou en littérature. Je garde un souvenir hilare et réjoui de son roman Le front russe. Le présent texte n’est pas déplaisant, mais j’ai clairement passé l’âge de ce genre d’intrigue. Et je rage devant les quelques coquilles laissées au gré des pages. Il me semble qu’un livre destiné aux enfants devrait être doublement vérifié. Mais là, c’est ma déformation professionnelle qui parle… Dans l'ensemble, ce roman invite les plus jeunes au militantisme, tout en mettant en garde contre les comportements malveillants ou extrêmes. Dans une époque où Greta Thunberg subit les pires attaques au motif qu'elle est jeune (et qu'elle est une fille, mais c'est un autre sujet), il est bon que la jeunesse soit encouragée à défendre ses idées : dans sa prise de parole, la jeune génération n'est pas moins légitime que les adultes ou que les vieux croulants des assemblés démocratiques !

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09 août 2019

Tous les hommes du roi

Penn Warren_Tous les hommes du roiRoman de Robert Penn Warren.

Le gouverneur Willie Stark, dit Le Boss, n’aime pas que l’on contrecarre ses projets politiques. Quand le très intègre juge Irwin soutient un autre candidat que celui du Boss pour le poste de député, il ne sait pas qu’il court à sa perte. « Il y a toujours quelque chose à déterrer. / Peut-être pas avec le juge. / L’homme est conçu dans le péché et élevé dans la corruption, il ne fait que passer de la puanteur des couches à la pestilence du linceul. Il y a toujours quelque chose. […] Et débrouille-toi pour que ça pue. » (p. 62) C’est le narrateur, Jack Burden, qui est chargé par le gouverneur de trouver de quoi incriminer le juge. Ce faisant, il se confronte à son propre passé et met en branle une terrible mécanique qui va broyer des innocents et des coupables, sans distinction ni pitié.

Dans ce récit a posteriori, Jack Burden retrace la gloire et la chute du gouverneur Stark, auxquelles se sont accolées les destinées plus ou moins misérables de nombreuses personnes, amies ou ennemies. Entre vieilles amours et rancœurs nouvelles, la jalousie et l’ambition poussent sur un terreau tristement fertile et férocement cynique. « La loi, c’est une couverture pour une personne dans un lit deux places où sont couchés trois types par une nuit gelée. On aura beau tirer dans tous les sens, y aura jamais assez pour couvrir tout le monde et quelqu’un finira forcément par choper une pneumonie. » (p. 155)

J’ai eu quelques difficultés à vraiment accrocher à cette histoire. Les nombreuses intrigues parallèles, contemporaines ou antérieures au récit principal, m’ont souvent semblé longues et mal rattachées à l’ensemble. J’ai cependant beaucoup apprécié le ton général qui m’a un peu rappelé Hemingway, en meilleur (Non, je n’aime pas vraiment le style d’Hemingway). La vision de l’homme portée par ce texte est sombre, mais pas noire, plutôt boueuse, comme si même dans le pire, l’homme n’était jamais que médiocre.

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06 août 2019

Guerre et paix

Tolstoi_Guerre et paixRoman de Leon Tolstoï.

Faut-il résumer ce roman ? Peut-on résumer ce roman ? Est-il pertinent de résumer les batailles opposant la Russie à l’armée napoléonienne ? Où est l’intérêt de décrire chacun des nombreux personnages et chacune des intrigues amoureuses et sociales qui les rassemblent ?

Dans deux mois, voire dans deux semaines, nul doute que je serai bien en peine de me rappeler de qui unetelle est amoureuse et qui untel épouse-t-il par intérêt ou raison. Du même auteur, j’ai largement préféré Anna Karénine, pourtant lu quand j’étais une toute jeune adolescente. Le texte ne m’avait pas semblé si dense et ardu. Guerre et paix est un pavé, non pas indigeste, mais tout de même un peu lourd. Certes, il est passionnant de suivre Tolstoï dans ses réflexions sur la prétendue véracité du génie militaire de Napoléon. Certes, il est passionnant de voir deux personnages mettre en application des principes sociaux nouveaux, inspirés de la franc-maçonnerie, et qui tendent à abolir le servage. On retrouve là les idées sociétales de l’auteur. Mais dans l’ensemble, j’ai éprouvé assez peu de sympathie pour les personnages, à l’exception de Pierre, le héros le plus principal, si j’ose dire.

J'ai cependant l'intention de voir l'adaptation de ce roman par la BBC. Je vous laisse avec quelques extraits du premier livre.

« Si l’on ne se battait pas pour ses convictions, il n’y aurait pas de guerre. / Et ce serait parfait, répliqua Pierre. »

« Quelle est la mauvaise étoile qui nous pousse à guerroyer contre Napoléon ? »

« Je suis convaincu que nous devons, nous autres Russes, vaincre ou mourir. »

Quoi qu’il en soit, avec les trois tomes de ce roman, je signe une nouvelle participation au Défi des 1000 ! 566 + 361 + 632 = 1559 pages.

Défi des 1000

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02 août 2019

Wild

Strayed_WildRécit de Cheryl Strayed.

Dévastée par le décès de sa mère, l’échec de son mariage et une addiction grandissante à la drogue, Cheryl Strayed a un matin décidé d’entreprendre seule la longue randonnée du Pacific Crest Trail, ou PCT. « Je pourrais enfin laisser mes problèmes derrière moi. En réalité, j’allais seulement m’en créer de nouveaux. » (p. 42) Pendant plusieurs mois et plus de 1700 kilomètres, elle avance pour prendre un nouveau départ et, pour se confronter à elle-même, physiquement et intimement. Elle randonne parfois avec d’autres marcheurs, mais la plupart du temps, elle est seule avec Monster, son sac de randonnée qui contient toutes ses possessions. « Avant de parcourir le monde à pied, je n’avais jamais pris conscience qu’il était si vaste – que même un kilomètre était vaste. » (p. 127) D’étape en étape, pas après pas, elle allège son chargement, sa tête et son cœur. Au bout du PCT, Cheryl sait qu’elle sera devenue quelqu’un d’autre, qu’elle aura grandi et qu’elle sera en mesure d’affronter l’existence. « Je ne me trouvais plus complètement nulle. Et je n’étais pas non plus une putain de guerrière amazone. Je me sentais simplement féroce, humble et concentrée sur moi-même, en sécurité dans ce monde. » (p. 252)

L’autrice commence son récit par la perte de ses souliers. Ça donne immédiatement le ton : il n’est pas question d’une sympathique randonnée d’une demi-journée, mais bien d’un total dépassement de soi, d’un renoncement complet. « Il s’avérait que cela n’avait pas grand rapport avec la marche. En fait, ça avait nettement plus de rapport avec l’enfer qu’avec la marche à pied. » (p. 55) Je comprends tout à fait que ce témoignage ait inspiré tant de personnes à tenter l’expérience du PCT. Moi-même, je me dis souvent que je devrais souvent tout lâcher pour faire le chemin de Compostelle : moins physique certes, mais pas moins éprouvant pour l’âme. La communion avec la nature, le retour à l’essentiel, c’est plus qu’un fantasme : ça semble devenir une nécessité. « J’étais un caillou. Une feuille. La branche pointue d’un arbre. Je n’étais rien pour eux ; ils étaient tout pour moi. » (p. 92)

Je n'ai pas vu le film, mais je tenterai à l'occasion.

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30 juillet 2019

L'année du loup-garou

King_Annee du loup-garou_illustreRoman de Stephen King, illustré par Berni Wrightson.

« Dehors, la neige recouvre peu à peu les traces de la créature. Le vent crie d’une voix déchirante qui évoque des hurlements de plaisirs. Mais d’un plaisir sans âme, sans Dieu, sans soleil – jouissance de gel opaque et d’hiver ténébreux. Le cycle du loup-garou a débuté. » (p. 16) Pendant un an, à chaque pleine lune, un loup-garou fait une victime à Tarkers Mills, petite bourgade du Maine. Jusqu’à ce qu’une des victimes en réchappe et traque la bête.

J’ai déjà lu ce texte qui a été adapté au cinéma. Je ne l’ai relu que pour le plaisir des superbes illustrations de Berni Wrightson qui s’accordent magnifiquement avec le texte du maître de l’horreur ! Voilà de grosses bêtes que je ne voudrais pas croiser par une nuit de pleine lune. Mais il y a peu de chances que ça m’arrive : moi, la nuit, je dors…

King_Annee du loup-garou_illustre_1

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