Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

27 mars 2017

Plateau

Bouysse_PlateauRoman de Franck Bouysse.

Quatrième de couverture : Plateau de Millevaches. Judith et Virgile tiennent une petite ferme dans un hameau. Le couple a élevé Georges, un neveu dont les parents sont morts dans un accident de la route quand il avait cinq ans. Il vit dans une caravane tout près de chez son oncle et sa tante. Lorsqu'une jeune femme vient s'installer chez lui, lorsque Karl, ancien boxeur tiraillé entre pulsions sexuelles et croyance en Dieu, emménage dans une maison du même village, et lorsqu'un mystérieux chasseur sans visage rôde alentour, les masques s'effritent et des coups de feu résonnent sur le Plateau.

La quatrième de couverture résume parfaitement cette histoire qui n’a, hélas, pas su me convaincre. Nombreux sont les bouleversements qui ébranlent le quotidien monotone de la ferme et du Plateau, lieu qui semble désincarné et froid. « Il n’existe pas de beauté sur le Plateau, au sens où il entend ce mot. Pas d’émotion palpable, rien que le froid déroulement du temps. » (p. 105) La tension monte du fait de relations humaines bancales et d’un vieux secret datant de la guerre qui refait surface. Les émotions sont rudes et rugueuses et les douleurs sont profondes chez tous les personnages. « Il se demande si la condition ultime de tout homme, face à une femme, est d’évoluer dans une forme de déséquilibre. » (p. 322) L’intrigue est bien menée et la menace que représente le Chasseur plane élégamment sur le récit. Mais si tout est très beau, tout est trop froid. Je n’ai développé aucune empathie pour Cory, Georges, Karl, Virgile ou Judith. Dommage, c’est une lecture manquée, mais dont certains passages ont tout de même retenu mon attention. Pour la bonne bouche, voici l’un d’entre eux. « Désormais rassurés, des animaux sauvages et d’autres domestiqués quittent leur abri et reprennent leur place, asservis qu’ils étaient auparavant à quelque besogne atavique, ou contraints par une inquiétude viscérale. De la forme de vie la plus simple à la plus complexe, chacune semblant habitée par la seule ambition de ne jamais froisser l’histoire. L’idée de la mort n’existe pas pour eux et jamais ils ne feront le lien entre elle et la peur qu’ils ont du monde, avant qu’elle ne les prenne. » (p. 223 & 224)

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26 mars 2017

Billevesée #274

Sur les quatrièmes de couverture des bouquins, il y a de gros code-barres qui commencent par 978 (ou 979, mais c'est plus rare).

Dans le code universel des produits, 978 est le suffixe chiffré qui identifie le produit livre.

Le code-barre en lui-même s'appelle ISBN ou EAN.

Vous me voyez venir ? Ouiiiiii, on va décortiquer des acronymes !

ISBN : International Standard Book Number

EAN : European Article Numbering

Alors, billevesée ?

Billevesee_ISBN

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24 mars 2017

Le bouc émissaire

Du maurier_Bouc emissaireRoman de Daphné du Maurier.

John est un professeur anglais en villégiature en France. Il est profondément solitaire, malheureux et il cherche un sens à sa vie. Le très français comte Jean de Gué lui ressemble traits pour traits et voudrait aussi échapper à son existence au sein d’une famille trop pesante. Le noble voit une occasion de changer de vie et après avoir drogué John et échangé toutes leurs possessions, il disparaît. « Vous savez, […], ça m’amuse énormément de me servir des affaires des autres. C’est un des grands plaisirs de l’existence. » (p. 27) L’anglais se retrouve contraint de prendre la place de Jean, persuadé que la mascarade ne durera pas. Mais il n’y a que les chiens du château qui ne se laissent pas abuser : pour les de Gué, John est Jean, sans aucun doute. « Mon image m’apparut dans la glace, modifiée de façon indéfinissable. Ma propre personne s’était dissoute. » (p. 43) John se trouve alors aux prises avec une famille pleine de rancœurs, de secrets et de problèmes financiers. Personne n’y est heureux. Mais John, face à l’illusion d’avoir trouvé une famille, essaye de sauver ce qui peut l’être. Il ne se doute pas de ce qu’il va mettre au jour et de l’issue tragique de cet échange d’identité. « Jean de Gué avait mal agi. Il avait fui, il esquivait les sentiments qu’il avait lui-même provoqués. » (p. 105)

Pour avoir lu de nombreux romans de Daphné du Maurier, je déplore une production très inégale. Cette sinistre variation du conte Le prince et le pauvre est clairement un des plus mauvais textes  que j’ai lus de cette auteure. Le style est très daté, pesant et sans finesse. Le roman est trop long et il y a trop de personnages dans la triste famille de Gué. Mais le plus gros problème est la crédibilité de cette histoire : être le sosie d’un inconnu, passe encore, mais je refuse de croire que John a la même voix que Jean, sans accent anglais quand il parle français. Ce simple détail, qui peut sembler dérisoire, m’empêche de croire à cette histoire. Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi John reste dans cette famille. Certes, il n’était pas heureux et très seul dans son ancienne vie, mais il n’est pas davantage épanoui dans cette existence usurpée où il ne cesse de tromper et de blesser les autres. « J’aspirais à cette chose impossible : être l’un d’entre eux, élevé, instruit parmi eux, uni à eux par des liens de famille et de sang qu’ils reconnaîtraient, qu’ils comprendraient de façon à pouvoir vivre au milieu d’eux en partageant leurs rires, en ressentant leurs peines, en mangeant un pain qui ne serait plus un pain de l’étranger, mais le mien et le leur. » (p. 13) Si Jean est odieux d’avoir abandonné sa famille, John est tout à fait antipathique et pathétique parce qu’il se prête à cette farce terrible. Le complexe du sauveur, ça se soigne ! « S’il avait vraiment l’intention de s’en aller en faisant de moi son bouc émissaire, cela prouvait clairement qu’il ne se souciait de personne au château. » (p. 82) Enfin, il y a une vieille histoire de règlement de comptes sur fond d’armistice qui est trop diffuse et artificielle, comme ajoutée au forceps dans le récit pour ajouter un pan encore plus sombre à une intrigue déjà suffisamment pesante. Quant à la fin, elle est terriblement décevante et la tension accumulée au fil du récit, seul véritable intérêt de ce mauvais roman, retombe comme un soufflet. J’ai peine à croire que ce texte a été écrit par celle qui m’a régalée avec L’auberge de la Jamaïque ou avec Rebecca.

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22 mars 2017

Le récital des anges

Chevalier_Recital des angesRoman de Tracy Chevalier.

Les familles Coleman et Waterhouse ont des tombes voisines dans un cimetière de Londres. Leurs filles, Maude et Lavinia, sont devenues les meilleures amies du monde. Les pères se fréquentent de loin en loin et les mères n’ont rien en commun. Les gamines aiment par-dessus tout se promener dans le cimetière et admirer les anges de pierre qui surplombent les tombes, guidées par Simon, le fils du fossoyeur. « Ils sont les messagers de Dieu et ils apportent l’amour. Il me suffit de regarder leur doux visage pour me sentir en paix et à l’abri du mal. » (p. 41) Du haut de leur jeune âge, elles pensent que leur amitié sera éternelle et que rien ne pourra bouleverser leurs vies. C’est compter sans Kitty Coleman par qui, plus ou moins indirectement, le malheur va s’abattre sur les deux familles. La jeune femme n’est pas heureuse et trouve un sens à son existence morne en rejoignant le mouvement des suffragettes, au grand dam de son époux et de sa belle-mère.

Cette lecture m’a moins enchantée que le roman À l’orée du verger, mais je retiens tout de même la construction de la narration en vue subjective, faite de passages de relais entre différents narrateurs qui reprennent l’histoire là où elle est laissée, de leur point de vue. La vue d’ensemble est forcément chamarrée, mais très complète et riche de différents niveaux de langage. On fait un grand écart époustouflant en passant de la domestique Jenny Whitby à la vieille et sévère Edith Coleman ! On se demande parfois à qui parlent les protagonistes : est-ce une pensée intérieure ou une adresse plus ou moins consciente au lecteur ? Peu importe, finalement, ce qui compte, c’est que l’on est emporté dans cette histoire. Hélas, le rythme est parfois dodelinant, même si la dernière partie du roman secoue fortement ! Alors que la mort n’avait fait que flotter sur tout le récit, elle s’abat brutalement et la fin est tragique à plus d’un titre.

Étrange de voir que Maude et Lavinia n’ont finalement pas grand-chose en commun. Lors de leur rencontre, elles rêvaient toutes deux de trouver une amie : pas besoin de chercher plus loin, d’autant plus qu’elles partagent une étrange passion pour les anges. Mais Lavinia est une jeune personne pétrie de considérations morales vieillottes alors que Maude est plus pragmatique et moins sensible. Pour tout dire, j’ai trouvé Lavinia franchement insupportable et Maude se range à mon avis au fil du roman. « Lavinia a déchaîné ce qu’il y a pire en moi, et il beaucoup plus difficile de vivre avec ça qu’avec ses remarques. J’ai appris à m’attendre à ses remarques stupides, et je me suis en général débrouillée pour ne pas tomber à son niveau. » (p. 203)

Comme souvent, je préfère le titre original de l’œuvre. Ici, Falling Angels illustre bien mieux la trajectoire des différents personnages du roman. La traduction française me laissait attendre une harmonie merveilleuse, ce qui est tout à fait absent du texte. Sans être décevante, cette lecture me laisse donc un sentiment ténu de frustration.

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20 mars 2017

Corky

Oates_CorkyRoman de Joyce Carol Oates.

Le soir de Noël 1959, Timothy Corcoran est assassiné devant chez lui. Son fils est le seul témoin, mais il n’a aucune certitude sur ce qu’il a vu. Cependant, il n’oubliera jamais le cadavre étendu dans la neige et sa mère qui hurle dans l’entrée de la maison désormais glaciale. « Jerome Corcoran se rappellerait toujours que rien de ce qui est n’a le pouvoir d’évoquer ce qui était. » (p. 27) En 1992, le gamin a bien grandi et il a fait son trou à Union City. À 43 ans, il est un homme qui compte et un homme sur qui et avec qui compter. « Jerome Andrew Corcoran, démocrate, membre du conseil municipal, homme d’affaires, un type populaire ‘Corky’. […] Pèse dans les deux millions de dollars. Peut-être plus ? » (p. 50 & 51), Mais tout semble se détraquer : un contrôle fiscal lui tombe dessus, sa maîtresse lui fait une infidélité impardonnable, une amie de sa belle-fille s’est suicidée et cette dernière est introuvable, il a un sérieux problème avec l’alcool et certains de ses investissements semblent douteux. Mais il en faut plus pour abattre Corky !« Lorsqu’on hait sa vie, on devient haïssable. C’est pour cela que Corky est aussi optimiste. À quoi bon, sinon ? » (p. 55)

Corky, c’est plus qu’un personnage, c’est un être aux multiples visages, aussi fascinant qu’inquiétant. « Il a la réputation d’être le gars le plus sympa d’Union City, quand on ne le contrarie pas. » (p. 68) Il passe de l’extase à la rage en un instant. Il est toujours dans le contrôle, d’autant plus quand il est en situation périlleuse, et toujours dans le mouvement, bien que perpétuellement en retard. Corky court après le temps comme il court après l’argent et le plaisir. « Corky peut accepter qu’on ne lui fasse pas confiance, mais ne pas être aimé… c’est dur. » (p. 447) Jouisseur infatigable, débordant de désir pour les femmes, toutes les femmes, même celles qu’il ne devrait pas regarder, comme sa belle-fille, Corky a un rapport trouble à la féminité et à la séduction, partagé entre l’envie de dominer et celle de se laisser dominer. Mais comme il le dit souvent, la vie, c’est baiser ou être baisé, et Corky n’aime pas qu’on prenne l’avantage sur lui. « Il ne peut être blessé que par les gens qu’il aime alors bien sûr il veille à ne pas en aimer beaucoup maintenant qu’il est adulte et maître de son sort. » (p. 98) Souvent traversé de vieux sentiments d’humiliation et de colère, Corky cherche sans cesse à prouver ou à se prouver qu’il a réussi, qu’il a gagné sa place parmi les élites d’Union City. Généreux à l’extrême, Corky aime autant gagner que dépenser l’argent, mais il choisit auprès de qui. « Quiconque attend quelque chose de Corky Corcoran, Corky n’a pas une minute à lui consacrer. » (p. 161)

Les 700 pages du roman se déploient sur le week-end du Memorial Day : en quatre jours, tout bascule dans la vie de Corky. « Pourquoi Corky Corcoran agit-il sur des coups de tête extravagants comme il le fait, à croire que c’est un autre homme qui prend ces décisions, oui, mais Corky est cet homme… n’est-ce pas ? » (p. 384) Il subit revers sur revers: atteinte à son autorité, à sa virilité, à sa situation sociale et à sa position politique. Rattrapé par le spectre terrifiant de la solitude, de la vieillesse et de la mort, Corky perd pied. « Corky sanglote. Corky a une peur mortelle que personne ne s’occupe de lui. » (p. 531) La tension monte progressivement, implacablement, et l’on sent, l’on sait que ça va mal finir pour Corky. Comment pourrait-il en être autrement ? « On vit et on meurt et on ne comprend jamais d’où on vient sans parler d’où on va, ni pourquoi. » (p. 700) Corky est le point de mire de tous les regards et le centre de toutes les rencontres. Chaque chapitre est consacré à sa relation avec une personne précise. Et chaque rencontre le laisse plus seul et plus affaibli que la précédente.

Dans cet épais et dense roman, il est aussi question des Noirs américains et des Irlandais qui sont les nègres du monde anglo-saxon, de viol, de scandale politique, d’armes à feu et d’adultère. Et de tant d’autres choses. Corky a été une lecture au long cours : il est difficile de lire ce texte d’un coup, sous peine d’étouffer dans l’étreinte puissante de Corky. Aucun doute, ce personnage me restera longtemps à l’esprit. Il y a longtemps que Joyce Carol Oates ne m’avait pas autant enchantée.

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19 mars 2017

Billevesée #273

Avoir l'oeil qui frise signifie avoir un regard coquin, aguicheur, séducteur.

Mais crotte de bique, je n'ai pas trouvé l'origine de cette expression, du moins pas de façon claire et nette.

Cette fois-ci, à vous de bosser : si vous en savez plus, je vous attends dans les commentaires !

Alors, billevesée ?

Billevesee_Oeil qui frise

Je n'ai pas trouvé d'illustration pour cette expression. Je vous ai mis des bichons. C'est mignon, les bichons. C'est frisé, les bichons. Un jour, j'aurai un bichon.

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17 mars 2017

L'animal et son biographe

Hochet_ Animal et son biographeRoman de Stéphanie Hochet.

Une jeune auteure est invitée à présenter ses livres lors d’un festival littéraire dans le sud de la France. « Je comprends que je ne suis qu’une curiosité supplémentaire sur un lieu de vacances où les gens prennent du bon temps. » (p. 16) Sa rencontre avec le maire de Marnas bouleverse le tranquille programme de son été. L’édile est fasciné par l’aurochs et pour le célébrer, il demande à l’écrivain d’écrire une biographie de cette bête préhistorique disparue. Loin de la grande ville où elle a ses repères, l’auteure se découvre une nature violente et carnassière. À son tour fascinée par l’aurochs, elle s’investit pleinement dans l’écriture d’un panégyrique de cette créature aux allures de divinité. Au fil de sa plume renaît l’animal qui court fièrement sur les murs des grottes. S’abandonnant totalement à son projet d’écriture, elle se découvre une nouvelle vitalité créatrice. Mais tout cela s’accompagne d’un retrait du réel : sans s’en rendre compte, l’écrivain met les pieds sur un terrain dangereux où elle est davantage proie que chasseur.

Incarnation moderne du Minotaure, le maire de Marnas est un être puissant et inquiétant : son apparition dans le récit fait basculer l’intrigue dans l’irréel, voire dans l’inconscient. Ce qui se joue dans son musée des espèces est un retour à la terreur primitive. Aurochs de Heck, corps plastinés et animaux empaillés constituent une sombre galerie des horreurs. « Il fallait coincer l’auteur. Si ce n’est avec de l’argent, du moins avec un sentiment qui annihilerait ses réactions de défense : l’effroi. » (p. 119) L’atmosphère légère du début du roman vire rapidement à l’angoisse. On n’est pas très loin de Délivrance, mais si l’air devient pesant, le récit n’en reste pas moins follement onirique ! L’aurochs est de ces créatures qui habitent les rêves et l’imagination : l’en faire sortir pour lui faire prendre pied dans la réalité n’est certainement pas une bonne idée. « Même si on ne la voit pas, la bête vit alentour, cachée dans les sous-bois où elle mène sa vie indomptée ; ainsi dissimulée, elle demeure pour l’homme un mystère. Pour certains, l’animal doit être visible, accessible tel un objet. » (p. 52) Et comme Icare s’est brûlé les ailes en voulant échapper au labyrinthe et au Minotaure, la jeune auteure peut bien courir, elle a raté le départ de course. Les sabots du bovin mythique sont déjà sur ses talons !

Une fois encore, Stéphanie Hochet interroge avec intelligence et talent la relation entre l’homme et l’animal. Lisez son Éloge du chat pour vous en convaincre. « Nous sommes réunis ici pour évoquer par le biais de la littérature notre parenté avec l’animal. » (p. 91) L’animal et son biographe flirte avec le réalisme magique et l’épouvante. C’est un récit cosmogonique et une fable écologique. Je l’ai dévoré en quelques heures et je le recommande sans aucune réserve !

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15 mars 2017

366 histoires de lapins

Frohlich_366 histoires de lapinsAlbum de Francisca Fröhlich. Illustration de Christl Vogl. Adaptation française de Maïca Sanconie.

Dans le Bois Profond vit la famille Grandes-Zoreilles : le père, la mère et les onze enfants. Roberta, Margot, Hip et Hop, Charlie, Tom, Bibi, Gus, Jeannot, Zoé et Riquet ne tiennent pas en place et chacun a sa façon de se démarquer. Zoé a des taches de rousseur. Bibi a les cheveux trop longs. Roberta est un garçon manqué. Margot est très coquette. Charlie dort tout le temps. Tom passe son temps à lire. Gus a les oreilles tombantes. Riquet fait des farces. Le quotidien de la famille est plein de joies : pique-nique, balade en forêt, visite de l’oncle Siméon, rencontre de Coco le singe, cueillette de légumes dans les potagers et les champs, crêpes de maïs et confitures, etc. Le héros des petits Grandes-Zoreilles, c’est Robin le lapin, bien plus fort que Goupillon le renard ! Les lapereaux apprennent très tôt à se méfier de ce prédateur qui rôde toujours dans la forêt.

Frohlich_366 histoires de lapins_3  Frohlich_366 histoires de lapins-1

Les histoires se suivent d’un soir à l’autre, certaines plus courtes que d’autres, à peine quelques lignes ou comptines. Mais le plaisir est de retrouver les membres de cette joyeuse famille tous les soirs, pour une nouvelle aventure ou mésaventure. Heureusement, tout finit toujours bien dans le terrier des Grandes-Zoreilles. « Est-ce de chagrin que tu pleures, petit lapin de mon cœur ? Ou bien pleures-tu de rire, à force de vouloir me dire : ‘Arrête ! Je suffoque, ton histoire est loufoque !’ Que j’aime te voir content, mon cher enfant. Si tu pleures ainsi, ce sont des larmes de paradis ! » (p. 49)

Frohlich_366 histoires de lapins_2   Frohlich_366 histoires de lapins_4   Frohlich_366 histoires de lapins_5

J’ai reçu ce livre quand j’étais toute jeune et je l’ai lu plusieurs fois en respectant le rythme d’une histoire par soir. Ça ne suffisait évidemment pas à apaiser mon appétit dévorant de lecture, mais c’est un rituel que j’ai pratiqué au moins trois ans. Aujourd’hui encore, avec beaucoup de nostalgie, je parcours avec plaisir ces pages richement illustrées.

Challenge Totem

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13 mars 2017

Un enchantement

Durieux_EnchantementBande dessinée de Christian Durieux.

Tout commence par de grandes cases sans paroles. Une soirée au Louvre, sous le tableau du sacre de Napoléon. Rapidement, l’homme que l’on célèbre, ancien ministre, s’éclipse avec deux bouteilles, préférant le musée désert à la société hypocrite. « Je suis à un âge où c’est un devoir de ne plus dîner en aussi piètre compagnie. » (p. 19) Devant un mur de tableaux, il trouve une jeune femme qui l’entraîne dans les couloirs du musée endormi. Déchaussés, ces deux resquilleurs en quête de tranquillité s’amusent à passer sous le nez des gardiens zélés et à échapper au faisceau inquisiteur de leur lampe torche. « Notre paire est assez improbable. / Pour eux, seulement pour eux. / Vous êtes un rêve, ils ne pourraient pas vous voir. » (p. 40) De cette brève et improbable rencontre dans l’un des plus beaux musées du monde naît une douce entente nourrie de confiance et de confidences. Celui qui pensait ne plus rien avoir à dire s’ouvre à celle qui semble sortie d’un tableau. « Je dois vous ennuyer. J’ai lassé un peu de monde, vous savez. / J’ai la patience des statues. » (p. 32)

Avec ces deux personnages esquissés, sans nom, on réapprend à regarder les œuvres et à poser un regard juste sur l’existence. Le cheminement dans le Louvre est un voyage surréaliste avec une passeuse exceptionnelle. Les dernières pages de la bande dessinée présentent la liste des œuvres représentées et reproduites par l’auteur. Cela donne envie de refaire l’itinéraire de ce duo inattendu et attachant, le livre en main comme une boussole pour trouver le chemin entre les tableaux et les sculptures. C’est un enchantement que cette bande dessinée !

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12 mars 2017

Billevesée #272

Je suis gourmande (NON, SANS BLAGUE ?), mais je suis aussi gourmet (gourmette, ça fait bizarre...)

S'agissant des confiseries, si je me laisse parfois tenter par des bonbons au coca (chimique, bonjour !), je préfère de loin un certain délice bleu et chocolaté.

J'ai nommé le coussin de Lyon, confiserie faite d'une ganache de chocolat parfumé au curaçao, entourée de pâte d'amande candie vert pâle.

Là, je fonds, je bave, je me régale !

Voilà, vous savez quoi m'offrir si vous voulez me faire plaisir !

Alors, billevesée ?

Billevesee_Coussins de lyon

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