Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

21 décembre 2014

Billevesée #156

Tympan et tambour ont la même étymologie.

Voilà, ce sera tout pour aujourd'hui !

Alors, billevesée ?

Billevesee_Tambour

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19 décembre 2014

Devine combien je t'aime

McBratney&Jeram_Devine combien je taimeAlbum jeunesse de Sam Mcbratney (texte) et Anita Jeram (illustrations).

Alors qu’il est sur le point de se coucher, Petit Lièvre Brun demande à Grand Lièvre Brun : « Devine combien je t’aime. » (p. 9) L’amour, voilà bien une chose qu’il est difficile d’estimer et parfois d’exprimer. « Je t’aime haut comme ça, dit alors Petit Lièvre Brun en s’étirant de toutes ses forces. / Et moi, je t’aime haut comme ceci, dit Grand Lièvre Brun en s’étirant également. / C’est vraiment très haut, pense Petit Lièvre Brun. J’aimerais bien avoir d’aussi longues pattes. » (p. 14 à 17) Et finalement, quand il s’endort, Petit Lièvre Brun a compris que ce qui compte, ce n’est pas combien on aime, mais qui on aime.

McBratney&Jeram_Devine combien je taime_1

Je suis totalement tombée sous le charme de cet album. Dans un adorable décor de campagne anglaise, deux lièvres aux longues oreilles, aux longues pattes et au pelage un peu feutré se lancent dans un concours de « je t’aime ». Parfois, demander à l’autre combien il nous aime, c’est avant tout lui demander s’il nous aime, tout simplement. Et tous les superlatifs n’y changeront rien : ce qui compte, c’est d’être aimé. Et quand Petit Lièvre Brun se réveillera, il découvrira qu’il est possible d’aimer au-delà du dicible.

En rédigeant ce billet, j’ai découvert que cet album avait été adapté en dessin animé et en livre pop-up. Vous comprenez la suite ?

Challenge Totem

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17 décembre 2014

Eichmann à Jérusalem - Rapport sur la banalité du mal

Arendt_Eichmann a jerusalemEssai historique et philosophique d’Hannah Arendt.

Le procès d’Adolf Eichmann : 16 semaines de procès ; 4 mois de délibérés ; 15 chefs d’accusation, dont 12 passibles de la peine de mort ; des milliers de documents et de pages tirées des bandes de l’interrogatoire. « Le procès est celui de ses actes, et non des souffrances des Juifs, il n’est pas celui du peuple allemand ou de l’humanité, pas même celui de l’antisémitisme et du racisme. » (p. 47)

Capturé en Argentine par le Mossad en 1960, interrogé, jugé et condamné à mort par pendaison à Jérusalem, Adolf Eichmann est un personnage déconcertant dont l’histoire et le procès n’ont cessé de pointer les bizarreries et l’impensable banalité. Hannah Arendt propose à la fois un portrait de cet homme et une longue revue détaillée de son procès. Elle revient sur l’histoire d’Eichmann et du Troisième Reich. Entre tentative d’éclaircissement et réflexion sur les fondements du mal, Eichmann à Jérusalem est un texte fondamental pour qui veut tenter de comprendre ce que fut la Shoah. « Nul n’est tenu d’obéir à des ordres manifestement criminels. » (p. 501)

Adolf Eichmann était un homme médiocre, sans grande intelligence, ni grande culture et parfaitement malhabile quand il s’agissait de s’exprimer. Il est extraordinaire qu’il ait réussi à occuper une telle place dans l’appareil de destruction nazi. Il avait le mérite d’être très organisé et zélé et c’est à force de travail qu’il devint spécialiste des affaires juives au sein du Reich. À noter qu’il n’était aucunement antisémite, ni même pro-aryen. Mais, fonctionnaire modèle, Adolf Eichmann souscrivait sans réserve aux thèses prônées par Hitler : incapable de remettre en cause la loi érigée par le Führer, il obéissait aux ordres. « Plus on l’écoutait, plus on se rendait à l’évidence que son incapacité à parler était étroitement liée à son incapacité à penser – à penser notamment du point de vue de quelqu’un d’autre. » (p. 118) Adolf Eichmann est un vantard qui passe par des phases d’euphorie et d’ennui profond. Lors de son interrogatoire et de son procès, il répondait par des phrases toutes faites et faisait montre d’une mémoire, sinon lacunaire, sinon profondément encline à réécrire l’histoire. « Malgré tous les efforts de l’accusation, tout le monde pouvait voir que cet homme n’était pas un “monstre” ; mais il était vraiment difficile de ne pas présumer que c’était un clown. » (p. 126)

Hannah Arendt remet en perspective le travail d’Adolf Eichmann. Avant d’en venir à l’extermination systématique et mécanique des Juifs d’Europe, le fonctionnaire a d’abord mis en œuvre diverses solutions, telles que l’expulsion vers une autre terre. Aussi incroyable que cela semble, Eichmann avait pour obsession de mettre une terre sous les pieds des Juifs, ce qui fait de lui un sioniste convaincu et acharné. Quels que soient ses crimes, il a aidé des centaines de Juifs à quitter l’Allemagne dans des conditions favorables, sinon acceptables. Attention, il n’a rien d’un Schindler : l’objectif d’Eichmann était bien de rendre l’Allemagne jüdenrein, débarrassée des Juifs. Mais il faut accorder à Eichmann d’avoir vraiment cru qu’il était chargé de trouver une solution pour vider le pays des Juifs sans passer par la violence. Pendant un temps, ses vagues projets de déportation à Madagascar et ailleurs lui ont été laissés par un régime qui pensait déjà et depuis longtemps à une solution plus radicale. Et quand le Reich a finalement affiché ses véritables intentions, la grande faute d’Eichmann est de n’avoir pas protesté et d’avoir continué à œuvrer pour le régime. « Comme Eichmann le déclara, le facteur le plus décisif pour la tranquillisation de sa conscience fut le simple fait qu’il ne vit personne, absolument personne qui ait pris effectivement position contre la Solution finale. » (p. 226) Un peu mouton, complètement embrigadé, Adolf Eichmann a suivi le mouvement. Et le tribunal de Jérusalem n’a pas porté cela à son crédit. « Il faisait son devoir, répéta-t-il mille fois à la police et au tribunal ; non seulement il obéissait aux ordres, mais il obéissait aussi à la loi. » (p. 253) Voilà le mal selon Eichmann : non un mal par principe, mais un mal selon la loi et selon les ordres. Voilà comment un homme aussi médiocre a pu présider à l’extermination de millions de Juifs. « Mis à part un zèle extraordinaire à s’occuper de son avancement personnel, il n’avait aucun mobile. Et un tel zèle n’est nullement criminel. […] Simplement, il ne s’est jamais rendu compte de ce qu’il faisait, pour le dire de manière familière. » (p. 494) C’est sur cela qu’Hannah Arendt a fondé sa thèse sur la banalité du mal.

Arendt_Eichmann a jerusalem_1

Dans sa cage de verre, Adolf Eichmann était représenté par l’avocat Robert Servatius, dont la défense se fondait sur deux principes : les crimes d’Eichmann étaient des crimes d’État – ce que le tribunal de Jérusalem n’a jamais concédé, car cela aurait empêché tout procès – et Eichmann était un bouc émissaire. Sous la présidence de Ben Gourion, le tribunal de Jérusalem était investi d’un grand rôle. « Et si pour Ben Gourion, “le verdict prononcé contre Eichmann lui était indifférent”, la seule tâche du tribunal de Jérusalem était incontestablement d’en prononcer un. » (p. 71) Le procès Eichmann, contrairement au procès de Nuremberg, a mis les Juifs en position d’acteurs et non seulement de victimes et de spectateurs. « On pensait que les Juifs n’avaient pas le droit d’apparaître comme juges dans leur propre cause, mais qu’ils devaient agir uniquement comme accusateurs. » (p. 468) Dans sa relecture de l’Histoire, Hannah Arendt soulève aussi les terribles secrets de l’extermination des Juifs, comme la coopération des autorités juives. « Le juge Halévi découvrit, à partir du contre-interrogatoire d’Eichmann, que les nazis considéraient la coopération des Juifs comme la pierre angulaire même de leur politique juive. » (p. 238) Dans ce procès et dans l’Histoire, il est toujours bien ardu de séparer le bien du mal, chacun frayant avec l’autre.

J’avais étudié ce texte en terminale pour un projet en binôme à présenter au baccalauréat. Je gardais de cet essai un souvenir confus, mais une expression m’est restée, celle de la banalité du mal. Cette relecture, dix ans après mon baccalauréat, a des saveurs de nostalgie, car je me suis revue bûchant sur ce texte que je trouvais alors ardu, dense et bien épais pour ma pauvre ambition lycéenne de connaissances. C’est très certainement avec cet ouvrage que j’ai « appris à penser ». La clarté du propos et de la démonstration permet d’explorer des thèses épineuses, sans toujours obtenir des réponses, et de relire un épisode historique tristement célèbre qu’il ne faut pas effacer. « Les oubliettes n’existent pas. Rien d’humain n’est à ce point parfait, et il y a simplement trop de gens dans le monde pour rendre l’oubli possible. Il restera toujours un survivant pour raconter l’histoire. » (p. 409) En relisant Eichmann à Jérusalem, j’ai souvent pensé à ma récente découverte de Leïb Rochmann, avec son texte À pas aveugles de par le monde. Voilà deux textes essentiels, certes bouleversants, mais nécessaires, indispensables. Et j’arrête là avec les synonymes pour vous conseiller de vous frotter au texte d’Hannah Arendt : il est accessible et passionnant.

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15 décembre 2014

Stephen King & moi

À chaque nouveau billet que je publie sur un roman de Stephen King, on me demande si je fais un marathon ou un challenge sur cet auteur. La réponse est négative : je me fais simplement plaisir en rattrapant mon retard. En effet, après une lecture traumatisante de Shining quand j'étais jeune adolescente, j'avais bien juré qu'on ne m'y reprendrait plus. Mais il ne faut jamais dire fontaine... ou Stephen dans mon cas !

Sur les conseils de mon frère, j'ai décidé il y a quelques années de retenter l'expérience. J'ai choisi Coeurs perdus en Atlantide et là, grande révélation : non seulement Stephen King est un très bon auteur qui sait raconter de vraies bonnes histoires, mais de plus son fond de commerce n'est pas uniquement l'épouvante. Le bonhomme aborde une multitude de sujets qui me touchent et m'intéressent : la famille, l'adolescence, le couple, l'Amérique, les affres de l'écriture et de la création, la violence, etc.

Pas question de me lancer un challenge Stephen King, comme j'ai pu le faire avec Émile Zola. Je veux simplement tenir la liste de mes lectures de cet auteur, sachant qu'il est presque certain que je ne lirai pas tous ses écrits. Il y a notamment une certaine histoire avec un clown que je refuse d'approcher !

Stephen King - Copie

Publiés sous son patronyme

Publiés sous le pseudonyme de Richard Bachman

Recueil de nouvelles

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14 décembre 2014

Billevesée #155

Contrairement à une idée reçue et à une expression très populaire, les cochons ne transpirent pas.

Il est donc tout à fait faux de dire que l'on sue comme un porc. Et c'est parfaitement vexant pour ce pauvre animal !

Alors, billevesée ?

Billevesee_Suer comme un cochon

 

 

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13 décembre 2014

Des milliers de places vides

Wagneur_Des milliers de places videsRécit d’Alain Wagneur.

Alain Wagneur est directeur d’une école parisienne. À l’occasion d’une formation, il s’interroge sur le sort des milliers d’enfants juifs qui fréquentaient les écoles de la capitale pendant la Seconde Guerre mondiale. « Comment fait-on la rentrée lorsque tous les élèves ont été arrêtés, parqués dans des camps, déportés vers une destination inconnue ? » (p. 21) Wagneur se lance dans une recherche ambitieuse : comment l’école républicaine a-t-elle réagi devant les lois antijuives ? Dans les registres, que sont devenus les enfants juifs ? L’auteur propose une histoire de l’École en tant qu’institution et une histoire des écoles en tant que lieux de passage et d’apprentissage « Les bâtiments scolaires illustrent l’histoire de la République. » (p. 15)

L’auteur fréquente les archives nationales et départementales, exhumant des lettres, des circulaires, des rapports et des cahiers de liaison, à la recherche d’une manifestation quelconque en faveur de la protection des écoliers juifs. « La première manière de signaler la déportation d’un élève, c’est de ne rien écrire. » (p. 178) Ses conclusions sont édifiantes, mais jamais accusatrices. Il n’est plus temps de jeter la pierre, ni de pointer du doigt le silence de l’institution scolaire. Car il n’est pas facile d’être un juste parmi les nations quand la peur de l’occupant et le poids de l’administration entravent la révolte et la résistance. Humblement, l’auteur mène un travail qui tient plus du devoir de mémoire que de l’accusation. « L’école doit bien ces quelques graines de souvenir à ses anciens élèves. » (p. 233) Alain Wagneur rappelle qu’avec la triste affaire Merah, l’antisémitisme parvient encore sans difficulté à pousser la porte de l’école, alors que ce lieu et cette institution devraient être les meilleurs remparts offerts aux enfants de toute confession et de toute origine contre les assauts du monde. Il ne sera jamais vain de « réaffirmer l’inviolabilité de l’école ».

Alain Wagneur ne fait pas qu’interroger les archives et le passé, il se questionne aussi en tant qu’homme, tentant d’imaginer son attitude face au régime de Vichy. Il fait le récit de sa recherche et de ses résultats, doutant de sa légitimité à aborder son sujet. « Comment parler des Juifs lorsqu’on est directeur d’une école laïque ? » (p. 95) Entre récit personnel et réflexion historique, Alain Wagneur propose une sorte de texte policier, mais différent de ceux dont il est coutumier. Ici, le coupable est connu de tous et le destin des victimes l’est tout autant : ce qui importe donc n’est pas de découvrir le meurtrier ou le mobile, mais de comprendre comment le crime a été rendu possible.

Des milliers de places vides est un texte qui mérite largement sa place dans la production littéraire sur la Shoah. Et parce que l’École, en dépit de ses faiblesses et de ses erreurs, ne sera jamais une institution inutile, il est bon de rappeler la devise républicaine qui orne les frontons de ses bâtiments : Liberté – Égalité – Fraternité.

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12 décembre 2014

Simetierre

King_SimetierreRoman de Stephen King.

Louis Creed, son épouse Rachel et leurs enfants Ellie et Gage emménagent à Ludlow, dans le Maine. La maison craque un peu, mais elle est grande et le voisinage est charmant : un grand jardine t des bois tout autour, des voisins sympathiques. Mais il y a aussi cette route sur laquelle les camions passent à vive allure sans se soucier des riverains. Pas loin, il y a également un vieux cimetière dans lequel les gamins du coin ont pris l’habitude d’enterrer leurs amis à quatre pattes. « Un gosse dont la petite bête familière se fait écraser sur la route, ça n’oublie plus. » (p. 28) Et de l’autre côté du cimetière pour animaux se trouve une nécropole indienne : il y a des siècles déjà, les Micmacs prêtaient à cette terre isolée un étrange pouvoir. « Cet endroit… aussitôt que vous y avez mis les pieds, il prend possession de vous… et vous vous inventez les intentions les plus louables du monde afin d’avoir un prétexte pour y retourner. » (p. 229) Alors, quand le chat de la famille Creed se fait percuter par un camion, Louis est prêt à tout pour épargner du chagrin à sa petite fille. Mais à quoi serait-il prêt si l’un des siens devait disparaître ? Au pire, sans aucun doute.

Parfaitement glaçant ! Stephen King fait d’abord monter l’émotion en évoquant chats, chiens, lapins et autres bestioles qui, en mourant, emportent un peu du cœur de leur propriétaire. Impossible de ne pas chouiner un peu en lisant la description du cimetière des animaux. Ah, que ne donnerait-on pas pour voir revenir notre meilleur ami poilu, pour ne pas l’avoir perdu ? Puis voilà que l’auteur braque à 180 degrés : revenir d’entre les morts, ce n’est pas une partie de plaisir, surtout pour ceux qui ne sont jamais partis. Stephen King propose une profonde et touchante réflexion sur la famille, les liens qui la composent et ce que cela suppose de sacrifice pour en maintenir les membres unis et heureux. Le tout saupoudré de légendes indiennes qui font froid dans le dos !

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10 décembre 2014

Les pinpins sont des coquins

Vandewiele_Pinpins sont des coquinsAlbum jeunesse d’Agnès Vandewiele et Vivienne Breug.

Théo, Jeannot et Robin sont trois garnements qui font les quatre cents coups. Quand leur maman les attrape enfin, elle les punit en les envoyant chercher des carottes dans le potager. Et voilà que les lapereaux se retrouvent prisonniers d’un filet à oiseaux. « Pourvu que le fermier ne vienne pas dans le potager ! Il pourrait les attraper et peut-être même les enfermer dans des clapiers ! » Maman Lapin est affolée, il faut qu’elle trouve de l’aide. Heureusement, un gentil mouton vient à la rescousse des petits lapins qui promettent désormais de rester bien sages.

Bon, à première vue, voilà une histoire banale de petits chenapans pris à leur propre jeu et punis par une grosse frayeur. Mais en réalité, ce n’est pas tout à fait ça. Les lapereaux sont envoyés dans un lieu dangereux par leur mère qui est excédée par leur comportement. Il est donc totalement crétin et hypocrite que la mère s’inquiète quand elle ne voit pas revenir ses petits : c’est elle qui les a envoyés chez le fermier ! Dans The Tale of Peter Rabbit de Beatrix Potter, le jeune héros est fermement prévenu du danger de fréquenter le potager : ici, le lieu est toujours très dangereux, mais les enfants y sont envoyés sciemment. Drôle de façon d’éduquer les enfants…

Par ailleurs, je suis gênée par la représentation et les attitudes des personnages. Le dessin est charmant et les lapins ressemblent à des lapins : ils se tiennent comme de vrais animaux et ne portent pas de vêtements. Cette absence d’anthropomorphisation est un choix qu’il aurait fallu suivre jusqu’au bout. Car si je n’ai aucun problème à voir un lapin en salopette faire de la varappe ou du vélo, j’ai du mal à concevoir qu’un lapin tout ce qu’il y a de plus banal puisse monter aux arbres. Les esprits chagrins diront que j’ai perdu mon regard d’enfant : c’est justement parce que je l’ai perdu que je n’apprécie que l’on propose n’importe quoi dans les histoires écrites pour les enfants. Pour un peu, j’en perdrais mon lapin !

Challenge Totem

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08 décembre 2014

Petit-Gris

Elzbieta_Petit-grisAlbum jeunesse d’Elzbieta.

« Quand il était petit, Petit-gris attrapa la pauvreté. Toute la famille l’eut en même temps. » Conséquence de cette triste situation, Petit-Gris et ses parents sont jetés hors de leur maison et ils doivent fuir pour échapper aux chasseurs. Mais Petit-Gris est trop petit pour aller vite. Sur la plage, la famille construit une île à partir de morceaux de bois et de coquillages. Peut-être la vie sera-t-elle plus belle ailleurs. Mais les chasseurs refusent de les laisser partir. « Pas de papier, pas de maison. Délit de fuite, tous en prison ! » Heureusement, Petit-Gris a ramassé quelque chose qui peut le sauver et sauver sa famille.

Histoire douce-amère… Comment parler de la pauvreté et des mésaventures qu’elles causent aux enfants ? Elzbieta propose un récit qui, doucement, glisse vers le conte, comme si seule la magie pouvait sauver le jeune héros. Les dessins pastel ont un charme étrange, à la fois nostalgique et inquiétant. Et le ton de cette histoire m’a souvent rappelé Flon-Flon et Musette du même auteur. Petit-Gris est un très bel album à lire aux enfants, mais il faut aussi prendre le temps d’en parler avec eux ensuite.

Challenge Totem

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07 décembre 2014

Billevesée #154

Quand un heureux couple a deux enfants, une fille et un garçon, on dit qu'il a le choix du roi. En effet, dans la succession au trône, il était important qu'un monarque ait des descendants. En ayant une fille et un garçon, il pouvait faire un vrai choix : soit marier sa fille à un prétendant de son choix et leur remettre les clés du royaume, soit confier le royaume à son fils.

Attention, l'ordre des naissances a son importance : si le premier-né est un garçon, pas de choix possible, le royaume doit lui revenir.

Alors, billevesée ?

Billevesee_Choix du roi

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