Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

24 mai 2019

Vin de Bohème

Roman de Joanne Harris.

Jay Mackintosh a écrit un roman, mais depuis des années, rien de vraiment bon ne lui vient. Coincé dans une relation de couple asphyxiante, il boit trop et s’apitoie sur son sort. Un matin, il trouve une annonce immobilière pour un château en France. Immédiatement, il croit reconnaître le domaine que son vieil ami, Joe, lui dépeignait quand il était enfant. « Le vide que Joe avait laissé dans sa vie avait démesurément grandi et, maintenant, ses proportions monstrueuses lui bloquaient la lumière. » (p. 454) Sur un coup de tête, il quitte Londres et achète la propriété située à Lansquenet-sous-Tannes. Une simple valise dans une main, un sac plein des dernières bouteilles de vin que produisait Joe dans l'autre, Jay part sur les traces de son enfance, en quête de bien des fantômes, dont celui du sentiment perdu d’une jeunesse heureuse. « Il avala d’un seul trait ce qui restait dans le verre, et il y découvrit l’essence d’un insatiable goût de vivre, son cœur soudain s’emplit d’une énergie renouvelée et battit à grands coups dans sa poitrine comme s’il venait de courir. » (p. 31) Sur place, Jay découvre la vie de village, avec ses rumeurs, ses ambitions mesquines, ses querelles de voisinage et ses secrets. Il apprend aussi à connaître sa mystérieuse voisine, Marise d’Api. Plus que tout, il sait qu’il doit retrouver la magie que Joe mettait en toutes choses, sans chercher à la comprendre ou à la maîtriser. « Comme si en buvant le vin de Joe, il était soudain devenu Joe lui-même. » (p. 110)

La narratrice principale de ce roman est une bouteille de vin. Après tout, pourquoi pas, elle ou un autre ! In vino veritas, comme disaient les Anciens. Avec naïveté, mais sans niaiserie, elle raconte Ja et les autres bouteilles qui accompagnent le jeune homme dans son voyage. Joe produisait un vin aux propriétés étonnantes, tout à la fois imbuvable et inoubliable. « La vie, il s’y abreuvait comme si elle ne devait jamais tarir, comme si ce qu’il en absorbait allait durer, un succès en amènerait un autre, la fête continuerait à l’infini. » (p. 15) Ceux qui ont déjà lu des romans de Joanne Harris reconnaîtront le village où elle place cette intrigue : c’est là que Vianne avait ouvert son divin commerce dans Chocolat. Comme quoi, manger ou boire, ça s’accompagne d’une magie particulière quand les produits sont faits avec le cœur et un soupçon de folie.

Ce charmant roman m’a distrait quelques heures et fait naître une envie de revenir dans certains lieux perdus pour les revoir une dernière fois, les fixer dans ma mémoire et saluer ceux qui y ont vécu.

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22 mai 2019

Le problème avec les lapins

Gravett_Probleme avec les lapinsAlbum d’Emily Gravett.

« Si on met un couple de bébés lapins dans un champ, combien de couples de petits lapins aurons-nous : a) à la fin de chaque mois ? b) au bout d’un an ? » Vous êtes face à une authentique énigme mathématique posée par un savant italien, il y a quelques siècles, et présentée ici de façon ludique, mais aussi très pragmatique.

Nous voici donc dans le champ Fibonaci, du nom du susdit savant italien. Sous forme d’un calendrier, comme ceux que l’on accroche dans la cuisine, on suit pendant 12 mois l’explosion de la population des lapins. Très rapidement, des centaines de lapins dans le champ, ça manque de place, de nourriture et de distraction. Tout est présenté avec humour, mais le sujet n’est pas dénué de profondeur. Ça peut faire réfléchir ceux qui pensent qu’abandonner un lapin dans la nature n’a pas ou peu de conséquences. Si la petite bête n’est pas rapidement dévorée, elle a largement le temps de créer sa propre (sur)population.

Gravett_Probleme avec les lapins_1  

Gravett_Probleme avec les lapins_2

Chaque page propose des éléments à soulever, sous forme de cartes ou de mini feuillets, ou des découpages intrigants.  Vous aurez des patrons pour tricoter des pulls et des recettes pour cuisiner les carottes. Quant au pop-up final, on aurait envie d’y plonger. Enfin, surtout moi… Imaginez le rêve : être entourée de lapins tout douuuux !

D’Emily Gravett, je vous recommande aussi la lecture de Lièvre et Ours vont à la pêche. Et pas de doute, j’aime vraiment le travail de cette autrice/illustratrice.

Challenge Totem

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20 mai 2019

Le château d'Eppstein

Dumas_Chateau deppsteinRoman d’Alexandre Dumas.

Dans ce roman, vous trouverez :

  • Une chambre rouge hantée,
  • Des épouses mourant la nuit de Noël,
  • Un fils renié et disparu,
  • Une fiancée aux rêves brisés,
  • Un époux cruel et soupçonneux,
  • Un père absent, autoritaire et injuste,
  • Un enfant qui grandit en conversant avec un fantôme,
  • Des promesses qui survivent au-delà de la mort,
  • Le spectre lointain des guerres napoléoniennes.

Alexandre Dumas propose un roman gothique d’excellente facture, et il ne gêne pas pour se placer à plusieurs reprises sous l’ombre tutélaire de l’indétrônable Hoffmann. « Maintenant, si tu me désobéis, Maximilien, fais-y attention : dans ce monde, tu es perdu ; dans l’autre, tu es damné, oui, damné et perdu. » (p. 130) J’avais deviné l’identité d’un personnage-clé vers la page 70 et il y a des rebondissements si fracassants qu’on entend leur galop bien longtemps à l’avance. « Il est des moments où, même pour les âmes les plus fortes, tout se résout en effroi. » (p. 76) Mais tout est maîtrisé, tiré au cordeau, pour offrir un roman haletant, au rythme impeccablement marqué.

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19 mai 2019

Potins #72

Pénélope Bagieu est une dessinatrice française née en 1982.

POTIN - Elle est sortie dernière de sa promotion à l'école nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.

Lisez : Ma vie est tout à fait fascinante, Cadavre exquis, La page blanche, California Dreamin' et Les culottées.

Potins_Penelope Bagieu

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17 mai 2019

Algorithme éponyme, et autres textes

Babouillec_Algorithme eponymePoésie de Babouillec.

La poétesse est une autiste qui n’a jamais parlé ni appris à lire. Mais un jour, elle a montré qu’elle savait écrire. À l’aide de lettres cartonnées qu’elle aligne sur des feuilles blanches, elle compose des textes qui interrogent sur les limites. Dans la préface, le metteur en scène Pierre Meunier salue un talent original et quasi miraculeux. « Sauvés de la confusion par son effort de nous les transmettre, ils surgissent, animés de la force vitale propre aux rescapés. » (p. 7)

« Poète sans papiers, sans origines littéraires, sans règles sociales. » (p. 12) C’est ainsi que Babouillec se présente. Elle joue avec la langue, voire la langue étrangère, avec la mise en page, avec la casse. Avec les mots tout simplement. Elle parle de l’enfermement en soi-même, de la bataille pour se libérer, de la nécessité évidente de ne pas correspondre aux normes sociales, de l’identité. « Je tue mes démons silencieux dans les tentatives singulières des sorties éphémères de ma boîte crânienne. » (p. 11) Avec un lexique immense, Babouillec porte un regard précis sur la société et la course du monde. Elle exprime aussi un humour très fin et impertinent, une moquerie douce et éclairée, mais qui tend parfois à la raillerie quand l’agacement prend le dessus. Elle noue à ses paroles des références littéraires, filmiques ou musicales : elle les distille l’air de rien, ce qui est la preuve d’un esprit ouvert au monde, curieux et avide, et qui intègre tout ce qu’elle touche pour le faire sien.

J’aime les textes des êtres qui battent le validisme en brèche. Ils dégagent une vérité brute et immédiate, ils délivrent un sens évident. Cette lecture me permet de vous conseiller le lumineux témoignage de Thomas Mandil, La joie de vivre ma vie. Mais bon, soyons honnêtes, résumer ou analyser de la poésie, c’est franchement impossible et tout à fait couillon. On ne condense pas l’émotion pure, on la ressent. Je vous laisse avec des extraits de chacun des textes de cet ouvrage.

Algorithme éponyme

« Nous devons dès la naissance apprendre à compter sur nos propres ressources pour marcher dans le système préétabli du développement de la personne sociale intégrée. » (p. 39)

« Mourir n’est pas de mise / Grandir dans la peur du jugement / Nous immobilise. » (p. 43)

« Nous mécanisons rituellement des gestes sociaux nécessaires à notre intégration dans l’establishment. » (p. 48)

« Rêver d’être une boîte de cornichons posée sur une étagère et attendre que quelqu’un s’intéresse à toi pour changer d’étagère why not ? » (p. 59)

Raison et acte dans la douleur du silence

« L’autisme n’est pas une jungle mais un désert édulcoré. Je le sillonne chaque jour pour trouver la sortie. » (p. 67)

« Être autiste, c’est affronter l’hostilité. Notre intelligence humaine nous aide à survivre. Nous humanisons la vie élitiste en écrivant notre amour roué par les coups de l’ignorance. » (p. 74)

Je, ou Autopsie du vivant

« Soyons désinvoltes n’ayons peur de rien, effaçons les empreintes de ce corps étranger en lui donnant un nom d’éprouvette à classer. Autiste, c’est l’appellation contrôlée de mon image « photoshopée » dans mes absences temporelles. » (p. 104)

« J’accepte de me battre contre ce moi déconnant aux yeux du monde. J’accepte de me battre pour ce moi déconnant aux yeux du monde. Mais, je refuse de me battre pour les yeux du monde. » (p. 108)

« J’invite les faiseurs de règles à réfléchir aux actes organiques déviant le sens social. » (p. 114)

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15 mai 2019

Les formidables aventures de Lapinot - L'accélérateur atomique

Trondheim_Formidables aventures de Lapinot-Laccelerateur atomiqueBande dessinée de Lewis Trondheim.

Lapinot est devenu Spirou (ne cherchez pas à trop comprendre !) et travaille dans la même rédaction de Gaston Lagaffe. Alors qu’un long week-end de travail s’ouvre devant lui, il assiste à un mystérieux cambriolage dans une bijouterie. Et les évènements bizarres ne cessent de s’enchaîner, avec des choses et des êtres qui apparaissent et disparaissent subitement. Évidemment, un savant fou se cache derrière tout ça. « Vous l’avez eue comment, cette cicatrice ? / En tombant d’une balançoire à huit ans. / Et vos yeux diaboliques ? / Beuh ? … comment ça diaboliques ? Ma mère a les mêmes. » (p. 39)

Ce dernier volume des Fabuleuses aventures de Lapinot est un condensé de tout ce qui a fait la réussite des précédents : un humour fin et des jeux de mots hilarants, de grandes réflexions sur le monde, des personnages attachants, des intrigues loufoques et des dénouements inattendus. Bref, un ultime épisode qui console. Et je suis bien heureuse de le lire des années après sa parution et alors que Lewis Trondheim a lancé une nouvelle série des aventures de Lapinot !

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13 mai 2019

Les furtifs

Damasio_FurtifsRoman d’Alain Damasio.

Tishka, quatre ans, a disparu. Sa mère, Sahar, est convaincue qu’elle est morte. Pour Lorca, son père, il y a une autre explication, liée aux furtifs, ces êtres quasiment indétectables et qui meurent dès qu’ils sont vus. « D’une telle intelligence sensible sont ces animaux, en fusion viscérale avec leur environnement ! Ils se déplacent si vite et si bien, en pleine perception de chaque son et de chaque matière alentour qu’il y a quelque chose de dérisoire à vouloir les capturer. » (p. 107) Pour trouver des réponses, Lorca se tourne vers l’armée et intègre un groupe de chasseurs d’élite dans l’espoir de retrouver sa fille. Parmi ses camarades, certains sont persuadés qu’il est possible de communiquer avec les furtifs. Au lieu de les attraper pour les disséquer, il faudrait les comprendre et les apprivoiser. D’autant que les furtifs semblent avoir la capacité de muter, d’assimiler leur environnement, et pourraient être la prochaine étape de l’évolution du vivant. Hélas, cette potentialité extraordinaire n’émerveille pas tout le monde et certains préfèrent encore et toujours se réfugier derrière la peur pour justifier l’éradication. « Je trouvais la crainte qui cerne, accule. L’effroi sobre d’être en face non plus d’animaux, mais d’une conscience qui nous assimile. D’une intelligence qui nous observerait vivre, tapie en araignée à l’angle mort d’un double plafond, goguenarde. » (p. 324)

Dans ce nouvel univers créé par Alain Damasio, les villes sont gérées comme des entreprises et les citoyens/consommateurs sont ultraconnectés (Lisez Novak et son Ai-Phone sur le même sujet...). Au premier abord, il s’agit surtout de leur offrir la meilleure expérience possible de leur environnement. « Une Intelligence Avenante logée comme une araignée de lumière au fond d’une base de données pense à eux, amoureusement, à chaque instant. Elle accueille sans se lasser le plus infime, le plus intime, le plus insignifiant de leur comportement, l’interprète comme un désir secret, pour un pouvoir y répondre, au bon endroit et au bon moment. » (p. 48) Sous couvert de personnalisation ultime, la manne des datas fait évidemment la fortune des consortiums. Et, évidemment, des marginaux refusent le traçage systématique et prônent des révolutions plus ou moins douces pour se réapproprier l’espace public. « Ils partent du principe que la ville doit être redonnée, réofferte. D’abord aux sans-abris, aux migrants, à tous ceux qui ne peuvent même pas se payer le forfait standard. » (p. 222)

La dédicace liminaire est des plus touchantes, et le reste du roman est à l’avenant : c’est une déclaration d’amour à la famille, d’un père à son enfant et à la mère de cet enfant. La déclaration sincère et viscérale d’un papa. « C’est fou la force de ce mot. C’est un coup de feu à bout portant avec une balle d’amour dans la bouche. Ça te dit que tu existes comme tu n’as jamais existé pour personne. » (p. 129)

Comme dans La horde du contrevent, Alain Damasio fait preuve d’une inventivité lexicale, syntaxique et typographique, entre jeux de mots et création d’un nouveau langage adapté à de nouvelles réalités. Mais même quand il glisse des néologismes ou des mots en langue étrangère, sans les traduire en bas de page, son discours reste fluide, sous réserve que le lecteur accepte de se laisser porter et de laisser le sens venir à lui. En se faisant furtive, en échappant au carcan de la langue, l’expression devient instinctive et follement dynamique. Ludique également, et c’est avec bonheur qu’on rebondit de paragraphes en dialogues, au gré des changements de narrateurs.

Les furtifs est au croisement parfait des deux premiers grands romans d’Alain Damasio. La horde du contrevent est une expression virevoltante de fantasy et La zone du dehors est une puissante et terrifiante démonstration de politique (science)-fiction. Ce nouveau roman a pris le meilleur des deux précédents – déjà excellents – et ouvre la voie d’une nouvelle littérature de genre : fluide, mouvante, bigarrée, hybride. « Le furtif ne tue jamais : il fait vivre. Il métamorphose, oui, mais toujours pour y créer quelque chose de vivant… » (p. 16) Alain Damasio propose une philosophie sociale très riche et pertinente, de celles qui ne doivent pas être prises comme des manuels pour le futur, mais comme des mises en garde, tant qu’il est encore temps. « On ne peut plus faire un pas sans être tracé. Il y a comme un Parlement des machines qui décide dans notre dos. Nous sommes gouvernés par des algorithmes. Mais on ne décide jamais de leurs critères ! On ne discute pas du programme, ni des arbitrages qu’ils vont faire pour nous. Ce sont des boites noires. Ça nous rend dépendants. Le système nous gère. » (p. 275) Les furtifs est pour moi l’aboutissement de ce que la culture populaire a produit de plus intelligent, et donc de plus terrifiant du fait de sa clairvoyance. Ce roman me rappelle l’excellent film de Denis Villeneuve, Premier contact, même si ses heptapodes ne sont pas vraiment furtifs, mais aussi l’incontournable série Black Mirror qui tire des sonnettes d’alarme qu’il serait temps que tout le monde entende.

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12 mai 2019

Potins #71

Léon Tolstoï est un auteur russe né en 1828 et décédé en 1910.

POTIN - Il a développé une réflexion chrétienne sans jamais se rattacher à aucune église.

Lisez : Anna Karenine et les autres chefs-d'oeuvre de cet auteur. Et si le bonhomme vous intéresse, jetez un oeil à Tolstoï est mort de Vladimir Pozner.

Potins_Leon Tolstoi

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10 mai 2019

Le guide steampunk

Barillier_Guide de steampunkOuvrage d’Étienne Barillier et d’Arthur Morgan.

Commençons par quelques extraits.

« D’un point de vue littéraire, le steampunk est généralement classé comme un sous-genre de la science-fiction. Il est présenté comme une histoire alternative. » (p. 9)

« Le steampunk est une splendide machine, rutilante, brillante et bruyante. Une machine à la fois précieuse et belle, mais surtout une machine qui fonctionne de mieux en mieux. À chacun de lui donner un usage et une fonction. Les machines servent à cela. » (p. 15)

« Le steampunk est […] une uchronie métatextuelle qui explore la littérature et les arts du XIXe. Est-ce une définition définitive ? Vous aurez l’occasion de voir dans ce guide que le steampunk dépasse et déborde à de nombreuses occasions de ses limites. » (p. 23)

« Une étude de l’histoire du steampunk nous apprend que le mouvement est concrètement passé du stade d’élan littéraire à une véritable sous-culture grâce à l’exploitation du web sous sa forme 2.0. » (p. 352)

C’est bon ? Vous avez compris ce qu’est le steampunk ? Non ? C’est normal. Parce que ce mouvement littéraire – et artistique – qui se place à la croisée des genres (science-fiction, fantasy, fantastique, etc.) ne se laisse pas mettre dans des cases. Si des influences évidentes se dégagent des œuvres steampunk, en passant de Jules Verne à H. G. Wells et en poussant jusqu’à Frankenstein et Dracula, il faut être conscient que le steampunk se nourrit de tout, qu’il fonctionne – si vous permettez ce détournement d’expression – à voile et à vapeur.

Avec leur guide, Étienne Barillier et Arthur Morgan offrent une immense bibliographie qui donne envie de passer une commande démentielle chez son libraire. Les entretiens qu’ils ont avec des universitaires, des auteurs et/ou des vaporistes alternent avec des fiches de lecture. Croyez-moi, si le mouvement steampunk vous intéresse, vous allez remplir votre liste de lecture !

Pour finir, quelques lectures steampunk que je vous recommande :

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08 mai 2019

Les formidables aventures de Lapinot - La vie comme elle vient

Trondheim_Formidables aventures de Lapinot-La vie comme elle vientBande dessinée de Lewis Trondheim.

Lapinot et Nadia peinent toujours à trouver leurs marques dans leur couple. « Pourquoi est-ce que la vie à deux ne peut pas être simple ? / Pour que les laboratoires pharmaceutiques puissent écouler leurs calmants ? » (p. 8) Et la perspective d’une soirée chez eux avec toute la bande n’est pas pour apaiser les aigreurs. En outre, il plane ce soir-là une angoisse existentielle qui affecte tout le monde. S’ajoute à cela une prédiction de tarots qui achève d’affoler les esprits. Un funeste retournement de situation bouleverse une soirée très tendue et c’est avec tristesse que l’on dit adieu à un personnage central.

Plus que jamais, Lapinot et Richard, bien qu’amis, s’opposent sur les principes que sont la déontologie stricte et l’opportunisme le plus éhonté. Mais au début de cet album, ce sont d’autres personnages qui s’interrogent sur le sens profond de l’existence, preuve que les bandes dessinées de Lewis Trondheim offrent de nombreux niveaux de lecture et de réflexion. « On nous éduque… ou plutôt on nous anesthésie avec un système de cohérence du monde qui est faux. Le monde humain, c’est le chaos, et on veut nous faire croire que c’est organisé. » (p. 6) Au terme de ce volume des aventures de Lapinot, il me tarde de lire le suivant pour comprendre… Rah, je ne peux pas dire quoi sans vous révéler une partie de l’intrigue, mais comprendre, quoi !!!

Challenge Totem

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