Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

26 septembre 2009

Quelqu'un d'autre

Roman de Tonino Benacquista. Quelqu_un_d_autre

Thierry Blin et Nicolas Gredzinsky se rencontrent sur un match de tennis. A l'issue d'une partie redoutable, le premier engage le second dans un défi étrange: devenir un autre pour échapper à leurs existences étriquées. Chacun a trois ans pour réaliser l'impossible. Pour Thierry, il s'agit de changer d'identité, de profession et de vie. Pour Nicolas, il faut cesser d'avoir peur. Pour ce faire, il plonge dans la boisson. Trois ans après ce défi lancé à l'irrationnel, les deux hommes se retrouvent, mais qui sait s'ils se reconnaîtront eux-mêmes.

Excellent! C'est le premier mot qui me vient à l'esprit. Pas le "Excellent!" que se lancent les jeunes de nos jours à propos de tout et surtout de n'importe quoi... Le "Excellent" de l'excellence, de la course à la perfection. C'est un peu ça qui anime les deux protagonistes, avec un petit air de Ad augusta per angusta (que je traduis grossièrement après des années de latin par "Vers les plus hauts sommets par les voies les plus étroites", devise odieuse des prépas littéraires...). Les chemins de la perfection ne sont pas simples à arpenter, mais sous la plume de Benacquista, la narration se déroule avec légèreté et finesse. Il y a de l'excellence dans la matière de traiter ce sujet, de l'excellence dans la façon de passer d'une histoire à l'autre, de l'excellence dans la leçon qui émane du texte, de l'excellence surtout parce que chacun fait bien ce qu'il veut de la leçon donnée.

J'ai passé un très bon moment de lecture, et je conseille ce livre à tout le monde.

Posté par Lili Galipette à 12:07 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [7] - Permalien [#]

Commentaires sur Quelqu'un d'autre

    Peut-on vraiment changer de vie, y compris de l'intérieur ? Changer d'esprit, de culture, bouleverser notre intelligence, notre mémoire, notre affectivité, modifier nos réflexes , désapprendre ? Non bien sûr. Quelqu'un d'autre est un roman marquant, presque traumatisant, parce qu'il pose la question de la construction identitaire, et la façon dont nous gérons les masques dont nous nous affublons. Cependant, le roman en lui-même ne m'a pas emballée plus que ça. Je l'ai trouvé assez plat, je me suis laissée bercer par les événements sans chercher à aller plus loin...

    Posté par Emilie, 26 septembre 2009 à 18:10 | | Répondre
  • @ Émilie

    Il est vrai que l'expérience que propose l'auteur est traumatisante. Il me semble que la platitude de la narration était nécessaire. Il n'est pas possible de ressentir ce que vivent les personnages, à moins de l'avoir soi-même expérimenté.

    Posté par Lili Galipette, 26 septembre 2009 à 18:26 | | Répondre
  • Justement j'adore les récits qui abordent la construction identitaire, celui-ci m'intrigue fortement!
    Noté

    Posté par Cynthia, 27 septembre 2009 à 00:00 | | Répondre
  • @ Cynthia

    Bonne lecture! J'espère qu'il te plaira.

    Posté par Lili Galipette, 27 septembre 2009 à 09:50 | | Répondre
  • Lu et approuvé! J'ai bien aimé aussi, même si comme pour Emilie, il m'a paru parfois un peu plat. Mais la question posée est tellement intrigante qu'on se laisse vraiment prendre jusqu'à la fin.

    Posté par Mélusine, 27 septembre 2009 à 10:47 | | Répondre
  • Un auteur que j'aime beaucoup, je note ce livre.

    Posté par liliba, 29 septembre 2009 à 12:29 | | Répondre
  • @ Liliba

    Sauf si tu as peur pour ta PAL, je peux t'envoyer ce livre.

    Posté par Lili Galipette, 29 septembre 2009 à 13:48 | | Répondre
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