Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

06 janvier 2010

Les chiennes savantes

Chiennes_savantesRoman de Virginie Despentes. Lettre D de mon Challenge ABC 2010.

Louise travaille dans un peep-show. Le métier la contente. Elle fait ça sans effort, soutenue par l'alcool et les drogues. Elle vit la nuit, ne rencontre pas beaucoup de nouvelles personnes. Elle aimerait parfois être ailleurs. Mais elle continue, jour après jour, d'avancer sur le même chemin. Un soir, le peep-show où elle travaille n'ouvre pas. Elle est convoquée par la Reine-Mère, celle qui chapote tout le réseau de la prostitution et de l'exhibition de la ville. Deux filles ont été retrouvées mortes, écorchées jusqu'à l'os. La Reine-Mère est après un certain Victor, un beau parleur flambeur indigne de confiance. Louise, qui ne se donne à personne, qui ne laisse personne la toucher, découvre que les hommes sont des bêtes violentes pour qui les femmes sont des proies faciles et nécessaires.

Infâme lecture! La langue est détestable, vulgaire, lourde et sale. Elle colle au sujet: prostitution, violence, vies malhabiles et paumées. La narration est pénible: Louise peine à chaque mot, à chaque phrase. Le texte avance mal. Lire ce qu'elle raconte, c'est comme soulever le rideau rouge et lourd d'une boîte de strip-tease, être sommé d'assister à un spectacle dont on n'est pas nécessairement pas amateur. On en ressort vaguement dégoûté et sali. Si le but de l'auteure était de nous choquer et de nous envoyer de la saleté et de la perversion par paquets, elle a réussi.

Cette réussite ne veut pas dire que j'ai aimé le texte. Je l'ai trouvé inutilement racoleur et provocateur. L'intrigue aurait peut-être gagné à être un peu plus légère, moins enchaînée à la langue des bas-fonds et aux quartiers douteux. Certains diront qu'on ne peut parler des sujets spécialisés qu'en utilisant la langue qui les caractérise. Je pense qu'un peu d'ouverture d'esprit et de formulation n'est pas une tare.

Les personnages sont très caricaturaux. Il y a la danseuse lubrique qui aime qu'on la regarde, celle qui flirte avec la prostitution, la mère maquerelle imposante et majestueuse, le type à la gueule d'ange, etc. Dommage, le texte devient une énième réplique des films noirs, sans rien inventer de nouveau.

À qui recommander ce livre? À ceux qui aiment l'univers des nuits glauques et sordides, mais je ne suis pas certaine qu'ils passent sur ce blog... À ceux qui veulent découvrir l'écriture de Virginie Despentes dont on a tellement parlé. À ceux qui veulent une lecture coup de poing. Mais vraiment, je ne le recommande en fait à personne. Ce n'est, à mon sens, pas un bon livre.

Posté par Lili Galipette à 13:32 - Mon Enfer - Lignes d'affrontement [12] - Permalien [#]
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Commentaires sur Les chiennes savantes

  • ... argh!

    Lu en son temps.

    Et je te rejoins: bheuhhh...

    Posté par Daniel Fattore, 07 janvier 2010 à 10:58 | | Répondre
  • Olalalala ca donne pas envie ^^
    Merci de nous avertir, si je croise ce livre je détourne les yeux
    Bonne journée !! (nous on est sous la neige !!)

    Posté par latite06, 07 janvier 2010 à 10:59 | | Répondre
  • Vos commentaires

    @ Daniel: Oui, beuh!

    @ Latite: Détourne, détourne! Sous la neige aussi!

    Posté par Lili Galipette, 07 janvier 2010 à 17:32 | | Répondre
  • On dirait mon billet sur "Mordre au travers", un recueil de nouvelles de...Virginie Despentes ^^
    Je crois que "King Kong théorie" restera ma seule exception ( je te le conseille si tu n'es pas encore complètement dégoutée de l'auteure...).

    Posté par Cynthia, 07 janvier 2010 à 21:59 | | Répondre
  • @ Cynthia

    Trop tard... Je ne crois pas que j'ouvrirai désormais un livre de cette auteure...

    Posté par Lili Galipette, 08 janvier 2010 à 07:15 | | Répondre
  • Schnee...

    Sous la neige aussi... mais la vraie, pas la cocaïne! (pour rester dans un registre à la Despentes...)

    Posté par Daniel Fattore, 08 janvier 2010 à 11:26 | | Répondre
  • Coucou !!! Dis, j'ai vu sur le coté un logo appelé "chroniques de la rentrée littéraire"
    Je voulais savoir ce que c'était ^^

    Bisous !!

    Posté par latite06, 11 janvier 2010 à 19:03 | | Répondre
  • @ Latite

    Les chroniques de la rentrée littéraire, c'est une opération qui a eu lieu en août et jusque novembre. Le réseau Ulike, babelio et d'autres partenaires littéraires ont contacté des blogueurs littéraires pour leur proposer de lire en avant-première un titre de la rentrée littéraire 2009. Tous les livres ont été commenté, et les critiques sont parues sur le site. A la fin, un jury de lecteur a élu le grand prix du web.
    Je pense que l'opération se renouvellera cette année, il suffit d'être patient et d'ouvrir l'oeil!

    Posté par Lili Galipette, 11 janvier 2010 à 19:19 | | Répondre
  • Bon...

    Je passe mon chemin même si j'aime bien les livres coups de poing.

    Si c'est pour avoir dès premières pages une bonne partie des mots vulgaires de la langue français, autant ouvrir grandement ses oreilles dans la rue pendant dix minutes !

    Marie Nimier a su dans "les inséparables" parlé de de la drogue, de la prostitution sans tomber dans ce que j'appelle le tape-à-l'oeil.

    A plus tard...

    Posté par clara, 12 janvier 2010 à 21:15 | | Répondre
  • @ Clara

    Je note le livre de Nimier, on verra un de ces jours.
    Bonne soirée.

    Posté par Lili Galipette, 12 janvier 2010 à 23:30 | | Répondre
  • Merci beaucoup, ca a éclairé ma lanterne !!!
    Bonne journée à toi et bonnes lectures ^^

    Posté par latite06, 13 janvier 2010 à 11:21 | | Répondre
  • 'tain t'es courageuse ! Mais bon, t'as raison, il faut se faire une idée par soi-même. Trop 'crade' pour moi...

    Posté par DouceBelle, 15 janvier 2010 à 08:37 | | Répondre
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