Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

12 janvier 2010

Un brillant avenir

Brillant_avenirRoman de Catherine Cusset. Lettre C de mon Challenge ABC 2010.

Elena a grandi en Roumanie. Toute son existence est une lutte vers le meilleur. Elle brave ses parents en épousant contre leur gré Jacob, un juif. Elle fuit le malheur en quittant la dictature de Ceaucescu pour Israël, terre de promesses pour son mari. Mais elle sait que le pays lui demandera un jour des comptes et elle refuse de lui sacrifier son fils. C'est aux Etats-Unis qu'Elena, qui se fait désormais appeler Helen, se construit une vie libre et sereine. La famille Tiberescu est devenue la famille Tibb, une famille d'immigrés qui a parfaitement réussi son insertion dans le pays le plus cosmopolite du monde. Déterminée à offrir le meilleur à son fils, elle voit d'un mauvais oeil son mariage avec Marie, une jeune Française. Entre les deux femmes, une lutte terrible s'engage pour conserver l'amour du même homme, et pour lui offrir un brillant avenir. Mais peu à peu, de déchirements en reniements, Helen et Marie se retrouvent autour de sentiments communs et développent un respect qui se teinte d'une affection timide et réservée.

Le roman est finement construit, fait d'allers-retours successifs entre passé et présent. Deux histoires se déroulent en parallèle, et la première d'entre elles est irrémadiablement attachée à la seconde. D'une part, on suit le combat d'Elena pour échapper à la misère et aux pressions politiques, son combat pour offrir aux siens un avenir prometteur. D'autre part, on voit Helen, installée aux U.S.A., qui continue de se battre pour maintenir l'unité de sa famille. Deux trajectoires, deux destinées séparées par un mur, un rideau de fer, qui se rejoignent et se reconnaissent après des années de séparation.

Elena/Helen et Marie se ressemblent. L'amour les guide dans leurs choix, même si la différence de génération et d'éducation les fait réagir différemment devant des situations identiques. Leur conception du couple et de la famille diffère, mais la finalité est la même: préserver les leurs, leur offrir le meilleur.

La langue est délicate, pudique. Le récit douloureux d'une existence d'errance et de déracinement est fait sans pathos excessif. L'auteure a fait de son héroïne une passionaria de l'Europe de l'Est. Elle incarne la lutte de tous les peuples opprimés du bloc soviétique, mais aussi la volonté des plus faibles.

Toute l'histoire est portée par le chant hébreu traditionnel Hava Nagila. Il en résulte un dynamisme permanent. Même aux pires moments, le récit progresse, se relance, ne renonce jamais. La lecture est aisée, entraînante et touchante. Voilà un livre que je conseille à tout le monde.

Posté par Lili Galipette à 18:23 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [12] - Permalien [#]
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Commentaires sur Un brillant avenir

  • J'avais bien aimé moi aussi )
    Il est marrant le petit chien qui court !!!

    Posté par Sandrine(SD49), 13 janvier 2010 à 12:54 | | Répondre
  • @ Sandrine

    Le petit chien, c'était ma période avant Noel 'je bidouille mon blog et je découvre le html...

    Posté par Lili Galipette, 13 janvier 2010 à 13:34 | | Répondre
  • je voulais mettre de la neige, et je n'ai rien compris , je ne suis pas aussi douée que toi )

    Posté par Sandrine(SD49), 13 janvier 2010 à 17:06 | | Répondre
  • @ Sandrine

    J'ai pas mal bidouillé pour y arriver, et maintenant, je ne suis pas certaine de savoir recommencer...
    Bon courage pour la neige!

    Posté par Lili Galipette, 13 janvier 2010 à 17:30 | | Répondre
  • Un livre que tu conseilles à tout le monde et qui pour une fois est déjà dans ma PAL ( ce qui fait bien mon affaire^^).

    Posté par Cynthia, 13 janvier 2010 à 22:06 | | Répondre
  • @ Cynthia

    Ouf, j'échapperai peut-être à l'accusation cet hiver alors?
    Prête pour la lecture commune de demain?

    Posté par Lili Galipette, 14 janvier 2010 à 07:00 | | Répondre
  • Y'a un p'tit chien qui court ? pas vu...

    Certes le style de l'auteur est parfait, rien à redire, mais pourquoi donc ses personnages sont-ils tous si désagréables et peu sympathiques ?! Je viens de terminer La haine de la famille et c'est pareil, style impec, portraits extrêmement bien brossés, mais ils sont tous si antipathiques !!! Surtout les femmes ! J'aimerais bien demander à l'auteur si elle a des comptes à règler !

    Posté par liliba, 14 janvier 2010 à 21:44 | | Répondre
  • @ Liliba

    Le petit chien, tu ne peux pas le voir sous Firefox.
    Personnages antipathiques certes, mais attachants, plein de bosses et de blessures.

    Posté par Lili Galipette, 14 janvier 2010 à 21:48 | | Répondre
  • C'est vrai qu'il a été encensé à sa sortie, ce roman. Bizarrement, je m'en tiens à distance alors que sa problématique me plaît. J'ai peur que ça soit trop attendu, lisse, pas assez substantiel, comme un petit exercice de style, un joli point de crochet... Intéressant ce que tu dis Liliba Merci, ça donne une nuance !
    (oui, il est rigolo ton petit chien Lili !! lolol !)

    Posté par DouceBelle, 15 janvier 2010 à 08:34 | | Répondre
  • @ Doucebelle

    Ravie que le chien ait autant de succès!!!

    Posté par Lili Galipette, 15 janvier 2010 à 11:49 | | Répondre
  • Je reviens de vacances, j'ai envie de nouvelles lectures et donc je suis venue faire un tour sur ton blog pour prendre des idées et des non-idées ! J'en profite pr lire cette critique de ce livre que j'ai beaucoup aimé aussi et qui me l'a fait conseiller a papa pr toi ! Et je suis plus que ravie de savoir que c'était un bon choix !
    Bises

    Posté par Camille, 18 février 2010 à 17:16 | | Répondre
  • @ Camille

    Un TRES bon choix!

    Posté par Lili Galipette, 18 février 2010 à 21:20 | | Répondre
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