Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

23 août 2010

Agnes Grey

Agnes_GreyRoman d'Anne Brontë.

Fille de pasteur, Agnes Grey a grandi avec sa soeur Mary dans l'amour de parents attentifs et dévoués. Quand Mr Grey se retrouve ruiné à la suite d'un mauvais placement, Agnes décide de prendre une place de gouvernante et de reverser ses maigres subsides à sa famille. Pleine d'espoir et de ferveur quant à sa profession, elle manque de désespérer après avoir servi dans la famille Bloomfield où les enfants sont des monstres et dans la famille Murray où les filles ont bien plus de défauts que de grâces. Mais soutenue par sa foi et sa famille, Agnes endure les difficultés du métier. Elle trouve sa joie en peu de choses et place beaucoup de rêves en la personne de Mr Edward Weston, un pasteur au caractère en tous points conforme au sien.

Ce que j'aime avec ce genre de roman, c'est que tout est clairement posé dès le début. Agnes livre les pages de son journal dans un but didactique: "Mon dessein en écrivant les quelques pages qu'on vient de lire n'était pas de distraire mais d'instruire ceux qu'elles peuvent intéresser." (p.57) Avec toute l'assurance que lui donnent son éducation et son expérience, elle dit clairement qu'elle va dresser une liste d'exemples affligeants à ne pas suivre, exemples qu'elle oppose à sa propre existence. Le soin qu'il faut apporter à l'éducation des enfants en général et des filles en particulier est un souci constant dont elle ne cesse d'avoir conscience.

Tout le puritanisme protestant possible est à l'oeuvre dans ce texte. Il n'est question que de vénérer le Seigneur et ses bienfaits, de ne pas céder aux tentations, de ne pas être coquette, d'être modeste, de pratiquer l'économie et la charité, etc. Ce texte est fortement autobiographique: même enfance, même expérience, etc.

Peu de choses à dire sur la forme. Le récit est à la première personne du singulier, les digressions sont longues et permettent des envolées moralisatrices ou sentimentales. Tout reste de bon ton, jamais un mot plus haut que l'autre, jamais une pensée déplacée.

Anne est peut-être la soeur Brontë dont j'apprécie le moins la plume, mais ce texte reste un plaisir à lire! S'il lui manque le romantisme consensuel de Jane Eyre ou la rudesse passionnée des Hauts des Hurlevents, le roman de la moins connue des soeurs Brontë s'inscrit dans le courant littéraire protestant du 19° siècle britannique sans y faire mauvais effet.

Posté par Lili Galipette à 20:07 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

Commentaires sur Agnes Grey

    Je n'ai pas encore lu la 3ème soeur Brontë. Mais je commence à combler mes lacune sur les classiques anglais alors je le garde dans un coin de ma tête!

    Posté par Melusine, 24 août 2010 à 10:42 | | Répondre
  • @ Mélusine

    Une lecture plaisante!

    Posté par Lili Galipette, 24 août 2010 à 11:09 | | Répondre
  • Moi non plus je n'ai jamais lu cette soeur là, j'ignorais que l'on trouvait son roman dans cette collection, une bonne idée de lecture

    Posté par Dominique, 24 août 2010 à 11:28 | | Répondre
  • @ Dominique

    J'aime beaucoup la collection Imaginaire de Gallimard!

    Posté par Lili Galipette, 24 août 2010 à 11:29 | | Répondre
  • Toujours pas lu mais rien que pour comparer avec ses soeurs, il FAUT que je le lise

    Posté par Kikine, 27 août 2010 à 23:58 | | Répondre
  • @ Kikine

    Et il se lit très vite!

    Posté par Lili Galipette, 28 août 2010 à 08:45 | | Répondre
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