Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

06 janvier 2011

Si je reste

Si_je_resteRoman de Gayle Forman. Lettre F de mon Challenge ABC critiques Babelio.

À 17 ans, Mia est heureuse. Entourée de ses excentriques parents, de son dynamique petit frère Teddy, de son amie Kim et de son amoureux Adam, elle avance dans la vie, portée par la passion du violoncelle et le goût de la musique. Tout bascule un matin d'hiver. La voiture qui conduit toute la famille chez des amis est percutée. Seule rescapée de l'accident, Mia assiste en étrangère à ce que subit son corps. Détachée d'elle-même, elle voit sa famille et ses proches se rassembler à l'hôpital. Au cours d'une longue journée au cours de laquelle elle doit décider si elle veut vivre ou mourir, Mia revisite ses souvenirs et en tire force et apaisement. À certains moments, l'esprit de Mia s'échappe et semble renouer avec la vie. On découvre en Mia une jeune adolescente comme les autres, amoureuse, en proie au doute, capable de coups de folie et de lourdes décisions.

Pour Mia et ses proches, tout est musique. Son père est un ancien guitariste punk, sa mère est une ancienne groupie, son frère suit les traces de son père et son petit ami est la vedette d'un groupe de rock local qui commence à percer. Mia a choisi le violoncelle et la musique classique. Elle est sur le point d'intégrer la Juilliard School, préstigieux établissement d'enseignement artistique à New York et ne jure que par Yo-Yo Ma, un maître de l'instrument qu'elle affectionne. L'omniprésence de la musique est bouleversante quand Mia parle de l'accident: "On ne s'attendait pas à ce que la radio continue à jouer, après. Pourtant, c'est le cas. [...] Il y a eu une symphonie de grincements, un choeur d'éclatements, une aria d'explosions et, en guise de final, le claquement triste du métal se fichant dans le tronc des arbres."  (pp. 19 et 20)

Le corps de Mia est dans le coma. Son esprit détaché a le contrôle de l'avenir de son existence: "Si je reste. Si je vis. C'est moi qui décide." (p. 71) Mia se sait orpheline, seule survivante d'une famille aimante et aimée. Le combat pour rester semble trop douloureux et difficile au regard de la simplicté de s'en aller. Si la décision lui appartient, ses proches ne peuvent s'empêcher de lui glisser à l'oreille leurs encouragements et leurs souhaits. Adam, qui ne sait pas écrire de chansons d'amour, exprime un sentiment plus puissant que l'amour, fait de renoncement et de chagrin: "Si tu restes, je ferai ce que tu voudras. Je quitterai le groupe pour t'accompagner à New York. Mais, si tu préfères que je m'en aille, je le ferai aussi. [...] Ce serait dur, mais je le ferais. Je peux accepter de te perdre de cette façon si je ne te perds pas aujoud'hui. Je te laisserai t'en aller. Si tu restes." (p. 182)

Ce roman pour "jeunes adultes", selon la mention de Pocket, est très touchant. Comme l'indique la maison d'édition, il est à mettre entre les mains d'adolescents et de jeunes lecteurs. L'histoire est bien racontée et la narration est originale. Le découpage en heures est oppressant car il représente un décompte funeste. Mais cette émotion et ces personnages sont à réserver aux jeunes gens. J'ai été émue, mais pas bouleversée. Trop vieille peut-être pour ce genre d'histoire qui cause des larmes faciles...

Challenge_ABC_Babelio

Posté par Lili Galipette à 15:36 - Ma Réserve - Lignes d'affrontement [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur Si je reste

  • J'attends que ma fille ait fini de le lire pour le découvrir, mais si tu te trouves trop vieille que dire de moi ?????

    Posté par Sandrine(SD49), 06 janvier 2011 à 16:24 | | Répondre
  • @ Sandrine(SD49)

    Je ne sais quoi te répondre... Ca a quelques aspects des bouquins de Levy et Musso: une émotion facile et parfaitement justifiée, mais dont je ne suis pas certaine qu'il reste quelque chose...

    Posté par Lili Galipette, 06 janvier 2011 à 16:26 | | Répondre
  • Un sujet qui doit être émouvant mais si il a été traité pour toucher des adolescents, je crois que je vais passer...Je ne me sens plus en phase avec ce genre

    Posté par Cynthia, 06 janvier 2011 à 16:57 | | Répondre
  • @ Cynthia

    En quatrième de couverture, le réalisateur de Twilight dit de ce livre qu'il est le plus émouvant depuis... Twilight!

    Posté par Lili Galipette, 06 janvier 2011 à 17:11 | | Répondre
  • C'est le genre d'argument que je qualifierais de franchement rédhibitoire ^^

    Posté par Cynthia, 06 janvier 2011 à 18:08 | | Répondre
  • @ Cynthia

    Mon pouvoir dissuasif est si élevé???

    Posté par Lili Galipette, 06 janvier 2011 à 18:16 | | Répondre
  • J'allais te dire que j'étais nostalgique de ne pouvoir plus apprécier ces romans un peu fleur bleue avec mon âme de midinette... mais la remarque sur Twilight m'a définitivement refroidie!

    Posté par Mélusine, 06 janvier 2011 à 19:54 | | Répondre
  • @ Mélusine

    Pour te refroidir encore un peu plus, sache que je suis fleur bleue et parfois midinette; ce texte n'a pas l'effet escompté!

    Posté par Lili Galipette, 06 janvier 2011 à 20:59 | | Répondre
  • Je suis plus vieille que toi et moi il m'a bouleversée ! Un coup de cœur pour moi, d'ailleurs la suite, Là où j'irai, m'attend dans ma PAL.

    Posté par Elizabeth-Bennet, 13 février 2011 à 17:55 | | Répondre
  • @ Elizabeth-Bennet

    Bon, je vois que l'âge n'y est pour rien ! Merci de me rassurer, j'ai moins l'impression d'être une vieille peau sans coeur !
    Je ne pense pas que je lirai la suite. On verra...

    Posté par Lili Galipette, 13 février 2011 à 17:57 | | Répondre
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