Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

17 janvier 2011

L'alchimiste

AlchimisteRoman de Paulo Coehlo. Lettre C de mon Challenge ABC Critiques Babelio.

Un jeune berger répond à un rêve qui lui indique de quitter l'Andalousie pour les pyramides d'Égypte au pied desquelles se trouve son trésor. "Accomplir sa Légende Personnelle est la seule et unique obligation des hommes." (p. 35) De l'Espagne à Tanger, d'une oasis arabe au désert africain, le berger chemine plusieurs années et apprend le Langage du Monde. "L'Univers est fait en une langue que tout le monde peut entendre, mais que l'on a oubliée." (p. 90) Cette langue est celle de l'Amour, que le berger rencontre auprès de Fatima, fille du désert : "lorsqu'on se baigne dans ce langage, il est facile de comprendre qu'il y a toujours dans le monde une personne qui en attend une autre." (p. 119) Dans sa quête, le berger apprend de l'Alchimiste des vérités éternelles. "L'Amour, en aucun cas, n'empêche un homme de suivre sa Légende Personnelle. Quand cela arrive, c'est que ce n'était pas le véritable Amour, celui qui parle le Langage du Monde." (pp. 145 & 146)

Le berger s'appelle Santiago. Il n'est fait mention de ce prénom qu'en première et dernière page. Tout au long du récit, il n'est qu'un jeune homme, un point anonyme dans le monde mais un élément unique et essentiel. L'Alchimie fait de l'Univers une chose une et unique, tenant et nourrissant toute chose. L'Alchimiste n'enseigne au berger rien d'autre que ce que ce dernier sait déjà. Ce texte initiatique est également très lyrique: la nature est célébrée en toute occasion. Elle n'est pas simple objet de respect, elle devient sujet du récit, actrice et partie prenante : de contemplée voire contemplative, elle devient elle-aussi initiatrice et engage un dialogue avec le jeune homme.

J'ai fini par céder aux "Il faut que tu le lises!" Voilà, j'ai lu Paulo Coehlo. Et alors? La lecture est plaisante voire charmante. Il est facile de suivre les références bibliques et mythologiques d'un monde entièrement religieux et spiritualisé. Le cheminement initiatique du personnage est touchant: il ouvre son coeur et son être au Monde. Sa Légende Personnelle devient exemple pour les autres hommes: en latin, [legendae], ce sont 'les choses qui doivent être lues'. Donc, je l'ai lue cette légende. Et alors, encore? Si le texte se lit sans déplaisir, je n'en garderai pas une trace profonde. J'ai souvent haussé les épaules devant la simplicité soi-disant didactique du texte qui me semble toucher par bien des aspects à la psychologie de magazine. Je comprends que ce texte puisse toucher les jeunes gens amoureux, mais qu'on cesse de me répéter que c'est une oeuvre majeure de la philosophie moderne! Si vous voulez de la vraie philosophie, lisez Sartre ou Merleau-Ponty et rendez à Coelho sa place sur les rayonnages des librairies ésotériques...

Challenge_ABC_Babelio

Posté par Lili Galipette à 09:49 - Ma Réserve - Lignes d'affrontement [24] - Permalien [#]
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Commentaires sur L'alchimiste

  • J'ai tellement entendu parler de ce livre que je n'ai jamais eu envie de le lire (et oui, c'est comme ça). Je suis en plus un peu méfiante à cause du côté "nouvelle philosophie en best-seller". Suite à ton billet, je le lirai peut-être, comme une lecture de vacances avec une intrigue sympa, sans en attendre d'avantage.

    Posté par zarline, 17 janvier 2011 à 10:31 | | Répondre
  • Mille fois d'accord avec ta critique!
    Il n'y a rien qui m'énerve plus que ces personnes qui prétendent que je manque de maturité parce que je ne porte pas ce livre aux cieux.
    Mais c'est vrai, psychologie de magazine et philosophie rien du tout. M'agace aussi le fait qu'on place ce roman sur un piédestal.

    Posté par Reka, 17 janvier 2011 à 10:39 | | Répondre
  • C'est bien un livre qui ne me tente pas du tout ! C'est exactement l'image que j'en avais : de la psychologie de comptoir. Mouais, ben je passe mon tour

    Posté par Bouh, 17 janvier 2011 à 11:00 | | Répondre
  • @ Zarline

    Oui, une lecture de plage légère que l'on peut interrompre pour aller nager!

    Posté par Lili Galipette, 17 janvier 2011 à 11:01 | | Répondre
  • @ Reka

    Merci d'abonder! J'avais peur de passer pour une rabat-joie...

    Posté par Lili Galipette, 17 janvier 2011 à 11:01 | | Répondre
  • @ Bouh

    Héhé, tu ne perds pas grand-chose!

    Posté par Lili Galipette, 17 janvier 2011 à 11:02 | | Répondre
  • Lu il y a très longtemps et heu...complètement oublié ! A présent je ne suis plus très sûre d'y revenir un jour ^^

    Posté par Cynthia, 17 janvier 2011 à 12:09 | | Répondre
  • Je l'ai lu quand il est sorti, il y a donc bien 15 ans de cela, et cela m'avait plus mais j'étais plus jeune ! Je ne suis pas sûre qu'il aurait le même impact sur moi aujourd'hui. Ce n'est évidemment pas une oeuvre de philosophie ni de psychologie, je dirais plus un éveil au développement personnel.

    Posté par Anne, 17 janvier 2011 à 12:37 | | Répondre
  • @ Cynthia

    Inutile Cynthia... occupe-toi de ta PAL!^^

    Posté par Lili Galipette, 17 janvier 2011 à 12:39 | | Répondre
  • @ Anne

    Éveil au développement personnel... pas pour moi... Mais comme je l'ai dit, je comprends que ça puisse plaire aux jeunes lecteurs.

    Posté par Lili Galipette, 17 janvier 2011 à 12:40 | | Répondre
  • Alors là, ta critique me fait très plaisir. J'ai lu "Le Démon et MAdemoiselle Prym" de cet auteur, et j'ai trouvé le tout très attendu, une espèce de philo-psycho-morale de comptoir sans grande surprise. Du coup, j'hésitais à lire "L'Alchimiste" que tout le monde encense. Tu le convaincs; je passe.

    Posté par Mélusine, 17 janvier 2011 à 18:20 | | Répondre
  • @ Mélusine

    Hihihi, apparemment tu n'es pas la seule que mon billet dissuade de lire ce bouquin! J'ai un pouvoir de persuasion au top!
    Cela dit, je rappelle que le livre est plaisant, et à choisir entre Coehlo et Levy, je prends le premier!

    Posté par Lili Galipette, 17 janvier 2011 à 18:25 | | Répondre
  • Tu confirmes mes a priori !! Coehlo fait parti de ces auteurs que j'évite !

    Posté par George, 17 janvier 2011 à 20:29 | | Répondre
  • @ George

    On dirait bien que j'ai fait oeuvre d'utilité publique aujourd'hui!

    Posté par Lili Galipette, 17 janvier 2011 à 20:40 | | Répondre
  • Un roman que j'ai tardé à lire et qui ne m'a pas plu du tout. J'ai bcp de mal à comprendre tout le tapage qu'il y a eu autour de ce livre !!!

    Posté par Isa, 18 janvier 2011 à 18:54 | | Répondre
  • @ Isa

    Oui, y'a de quoi s'interroger...

    Posté par Lili Galipette, 18 janvier 2011 à 18:58 | | Répondre
  • se roman est vraiment super

    Posté par looo, 19 janvier 2011 à 09:54 | | Répondre
  • @ Looo

    Les goûts et les couleurs...
    Merci de votre passage.

    Posté par Lili Galipette, 19 janvier 2011 à 10:06 | | Répondre
  • Je n'ai pas été transcendée non plus mais moi qui ne relis jamais de livre, je l'ai relu en portugais/brésilien pour un club de lecture

    Posté par Kikine, 21 janvier 2011 à 03:33 | | Répondre
  • @ Kikine

    La langue originale, il n'y a rien de tel !

    Posté par Lili Galipette, 21 janvier 2011 à 14:18 | | Répondre
  • Groumpf!

    Lu il y a très longtemps... et je l'ai trouvé affligeant. Il y a le ton infantilisant du propos (M. Coelho nous cause vraiment comme à des gamins) et le fond, qui n'est, m'a-t-il semblé, que recyclage et réappropriation par l'auteur des maîtres de la philosophie du passé - quand il ne s'agit pas de la reprise d'un certain bon sens populaire ("la chance du débutant", par exemple).

    J'aurais donc été encore moins clément que toi si j'avais eu à rédiger un billet de blog sur cette chose, largement surévaluée, aux limites de l'imposture intellectuelle à mon avis.

    Posté par DF, 27 janvier 2011 à 12:01 | | Répondre
  • @ DF

    ABSOLUMENT D'ACCORD AVEC TOI ! Sur toute la ligne !
    "aux limites de l'imposture individuelle", oui oui oui oui !
    Mais si cette lecture est d'une pauvreté affligeante, elle se lit sans déplaisir : c'est comme feuilleter un vieil almanach et se dire qu'on sait tout ça !

    Posté par Lili Galipette, 27 janvier 2011 à 12:07 | | Répondre
  • Philosophie du livre

    Bonjour, j'ai lu le livre et je l'ai vraiment adoré. Cependant, je me pose plusieurs questions encore quant à l'interprétation de ce livre. Je me demandais donc si vous pourriez m'éclairer sur quelques de ces questions.


    1- Le lien entre la légende de Narcisse (narcissique), dans le prologue, et le personnage principal.


    2- La définition de l'épreuve du conquérant correspond-t-elle à la légende personnelle?



    3- Et bien sûr, le principal message de ce livre: est-ce l'accomplissement de soi-même ou d'autres choses?




    Sur ce, j'espère que vous pourrez m'aider à démêler tout sa.



    Merci,



    Gabriel

    Posté par Gabriel, 16 février 2011 à 04:32 | | Répondre
  • @ Gabriel

    Si le livre vous a vraiment plu, je suis certaine que vous parviendrez, en prenant le temps de la réflexion, à répondre aux questions posées par votre professeur. Pour ma part, et après ce que j'ai dit dans le billet précédent, ce texte ne mérite pas que je m'y attarde davantage.
    Bonne continuation pour vos études. Cordialement.

    Posté par Lili Galipette, 16 février 2011 à 07:56 | | Répondre
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