Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

19 avril 2012

Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre

Guide_de_l_incendiaire_des_maisons_d_ecrivains_en_Nouvelle_AngleterreRoman de Brock Clarke.

À 18 ans, Sam Pulsifer a malencontreusement mis le feu à la maison d’Emily Dickinson, détruisant la bâtisse et tuant deux personnes. Après dix ans passés en prison, il retrouve ses parents qui ne veulent plus de lui. Il reprend alors ses études et rencontre Anne Marie. Leur mariage est sans nuages pendant huit ans. Jusqu’au jour où le fils des deux personnes mortes dans l’incendie se présente à la porte. Alors que Sam que a tout dissimulé de son passé d’incendiaire, de meurtrier et de prisonnier à sa femme et à ses proches, il est confronté avec violence à la vérité. Et voilà qu’un peu partout en Nouvelle-Angleterre, on s’amuse à mettre le feu à d’autres maisons d’écrivains. Cela a-t-il un lien avec toutes ces lettres que Sam a reçues et qui lui demandaient de réduire en cendres des maisons d’auteurs ? Et Sam est bien embêté quand d’anciens camarades de prison lui demandent son aide pour écrire un guide de l’incendiaire des maisons d’écrivains en Nouvelle-Angleterre.

Sam renoue avec ses parents et découvre certains secrets de famille très douloureux. Dans sa tête résonne sans cesse une voix qui lui demande « Quoi d’autre ? » Sam cherche un sens à son existence et une justification à ce qu’il fait. Alors que l’incendie de sa jeunesse n’était qu’un tragique accident, il le traîne comme un crime impardonnable et tout le monde semble lui en tenir rigueur. Personne ne semble disposé à lui pardonner. De plus, Sam se laisse vivre et ne se défend pas vraiment. Il est incapable de s’imposer et de laisser son passé derrière lui. En tentant de donner réparation à ceux qu’il a blessés, il ne fait qu’aggraver sa situation. « Comment sommes-nous censés reconnaître nos erreurs avant qu’elles ne deviennent des erreurs ? Où est le livre capable de nous enseigner cela ? » (p. 152)

Le titre de ce roman était alléchant, mais j’ai été déçue par le contenu. Même si les noms d’Emily Dickinson, de Mark Twain ou d’Edith Wharton sont aguicheurs, ce roman ne tient pas ses promesses. Je suis profondément ennuyée à lire les errements de Sam Pulsifer, pathétique trentenaire qui s’embourbe dans ses erreurs. « Vous pouvez toujours compter sur un cafouilleur pour se croire unique en son genre, pour croire que son cafouillage est pareil à une empreinte digitale, qu’il n’appartient qu’à lui. La vérité, c’est que le monde est peuplé de cafouilleurs qui vous ressemblent en tous points, et se croire spécial n’est qu’un cafouillage de plus. » (p. 195) Voilà ce que je reproche à ce roman : mettre en scène un type minable qui accumule les bourdes. D’ordinaire, les antihéros me sont sympathiques pour ce qu’ils ont de désespéré. Sam Pulsifer n’est qu’un naze sans envergure parfaitement horripilant.

Je reproche à ce roman des longueurs et des prétéritions trop fréquentes et artificielles. Le tout manque de souplesse et de fluidité. Je n’ai pas vraiment apprécié le portrait de la famille américaine de classe moyenne : il ressemble à beaucoup d’autres et ne fait qu’accentuer le côté triste et déprimant de cette portion de la société. Voilà donc un texte qui ne me marquera pas longtemps et qui, je le regrette, m’a fait perdre mon temps.

Posté par Lili Galipette à 12:00 - Mon Enfer - Lignes d'affrontement [12] - Permalien [#]

Commentaires sur Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre

  • Ouch ! Un cadeau empoisonné alors ?
    Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois ^^ (il m'attend encore dans ma PAL)

    Posté par Cynthia, 19 avril 2012 à 13:24 | | Répondre
  • Et bah dis donc, heureusement qu'on ne l'a pas choisi pour le club...

    Posté par delphine, 19 avril 2012 à 20:02 | | Répondre
  • @ Cynthia

    En fait, je ne sais pas trop. Je me demande si j'étais vraiment dans la bonne période pour lire un bouquin aussi cynique. Disons que ça a fait déborder le trop plein et que ça n'a pas trouvé de bonne résonance en moi.
    Pas du tout un cadeau empoisonné : un cadeau est un cadeau et c'est tout !!
    J'espère qu'il te plaira plus qu'à moi !

    Posté par Lili Galipette, 19 avril 2012 à 23:31 | | Répondre
  • @ delphine

    George l'a lu aussi et je crois qu'elle n'est pas méga emballé... Mais il y aurait eu des choses à dire, c'est certain !!

    Posté par Lili Galipette, 19 avril 2012 à 23:32 | | Répondre
  • Au moins un qui n'ira pas dans ma liste des livres à acheter. Mon portefeuille te remercie !

    Posté par Lydia, 20 avril 2012 à 14:32 | | Répondre
  • @ Lydia

    De rien, cher portefeuille.

    Posté par Lili Galipette, 20 avril 2012 à 14:53 | | Répondre
  • Je ne savais pas ce qu'est une prétérition !!!
    En tout cas, dans la phrase que tu donnes, bonjour les répétitions !

    Posté par Liliba, 21 avril 2012 à 19:07 | | Répondre
  • Booon, George était mitigée, tu achèves mon impression... Il ne passera pas par ma PAL !!!

    Posté par Asphodèle, 22 avril 2012 à 09:18 | | Répondre
  • @ Liliba

    Oui, c'est également pénible !

    Posté par Lili Galipette, 22 avril 2012 à 13:08 | | Répondre
  • @ Asphodèle

    On attend l'avis de missbouquinaix avec impatience !!

    Posté par Lili Galipette, 22 avril 2012 à 13:08 | | Répondre
  • ben moi j'ai bien aimé...nooooon ! mais je suis dedans ! vous me faites peur !!!!

    Posté par jeneen, 27 avril 2012 à 15:28 | | Répondre
  • @ jeneen

    J'attends ton avis quand tu auras fini !

    Posté par Lili Galipette, 27 avril 2012 à 15:53 | | Répondre
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