Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

12 octobre 2012

Notre agent à La Havane

Notre_agent___la_havaneRoman de Graham Greene.

Jim Wormold est un citoyen anglais installé à La Havane. Son petit commerce d’aspirateurs ne génère pas beaucoup de bénéfices et ne lui permet pas de payer toutes les extravagances et les désirs de Milly, sa fille de 17 ans. Alors, quand l’agent Hawthorne lui propose de rejoindre les services secrets britanniques, Wormold voit la possibilité de gagner rapidement de l’argent. De son côté, Hawthorne est persuadé d’avoir installé un espion de premier ordre dans une zone qui commence à s’agiter, à la veille de la révolution castriste. « Il nous faut notre agent à La Havane, n’est-ce pas ? Les sous-marins ont besoin de fuel. Les dictateurs se rapprochent les uns des autres. Les gros entraînent les petits. » (p. 51)

« La Havane pourrait devenir un endroit clé. Les communistes vont toujours là où il y a des troubles. » (p. 75) Wormold va tirer parti de cette terreur rouge et de cette obsession du renseignement qui marque la Guerre froide. Il envoie à Londres de faux rapports et de fausses informations. Il s’entoure de faux agents et arrive à faire prendre les plans d’un aspirateur pour une formidable machine de destruction. De messages codés en microfilms dissimulés au dos de timbres, Wormold monte une improbable affaire que Londres prend très au sérieux. Ce que le marchand d’aspirateurs n’avait pas prévu, c’est que ses élucubrations prendraient une réelle épaisseur et que de vrais méchants se mettraient à ses trousses et à celles de ses proches.

Voici un roman d’espionnage d’un ton très original : je n’aime pas l’agent 007 parce qu’il se prend trop au sérieux. Avec Graham Greene, c’est plutôt James Bond au pays des barjos ! Les services secrets britanniques sont loin d’être une organisation rodée et ses membres sont bien bouffons parce que trop tatillons. C’est donc un roman burlesque que Graham Greene propose, avec un faux air de vaudeville quand les portes claquent pour dissimuler des agents fantômes. J’ai passé un bon moment avec cet agent secret pas comme les autres, mais je ne suis pas certaine que ce roman me marquera longtemps.

Du même auteur, je vous conseille surtout Le troisième homme.

Posté par Lili Galipette à 11:30 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [4] - Permalien [#]

Commentaires sur Notre agent à La Havane

  • Mince, je sais que j'avais lu un bouquin de cet auteur mais je suis incapable de m'en souvenir. Comme quoi, il ne m'a pas marquée.

    Posté par Lydia, 13 octobre 2012 à 15:48 | | Répondre
  • En effet, c'est une preuve !

    Posté par Lili Galipette, 13 octobre 2012 à 15:50 | | Répondre
  • J'ai eu ma période Graham Greene, il y a bien longtemps et je m'en souviens encore, surtout de celui-là, un excellent écrivain, un peu dépassé, peut-être !
    Le Papou

    Posté par Le Papou, 15 octobre 2012 à 16:06 | | Répondre
    • Oui, je pense que c'est un auteur un peu daté. Mais ça reste très bonnes intrigues !

      Posté par Lili Galipette, 15 octobre 2012 à 21:23 | | Répondre
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