Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

31 octobre 2012

La femme immortelle

Femme_immortellePierre Alexis du Ponson du Terrail.

À un dîner donné par Philippe d’Orléans, régent du royaume de France, le marquis de la Roche-Maubert fait un curieux récit. « Vous verrez que la femme vampire n’est point une fable. » (p. 12) Étant jeune, il s’était épris d’une femme vampire qui a fini sur le bûcher. Mais voilà que 60 ans plus tard, le chevalier d’Esparron aime la même femme. Cette goule est donc immortelle. Mais son attirance pour le sang ne lui sert pas à assouvir sa faim, mais à mettre en œuvre un des plus grands mystères de l’alchimie. « Quand on est aussi belle que toi, on a du sang tant qu’on veut. » (p. 117)

Apprendre que sa mystérieuse amante est toujours vivante ravive les sentiments amoureux du vieux marquis. Il est déterminé à la retrouver, à la reconquérir et à l’épouser. Pour ce faire, il est prêt à retourner tous les souterrains de la ville. « La curiosité est malsaine par de certaines nuits où il fait clair de nuit. » (p. 157) Mais il n’est pas le seul dont le passé a été marqué par cette belle jeune femme sur qui le temps semble glisser sans mordre. Il s’agit d’un noble allemand, le prince margrave de Lansbourg-Nassau. Il est en visite à Paris et a fait savoir qu’il épousera la plus belle des jeunes filles qu’on lui présentera.

Ce que les deux hommes ne savent pas, c’est que la femme immortelle est de retour pour assouvir une vengeance vieille d’un siècle. « Pour que la vengeance donne des fruits, il faut la semer avec une charrue d’or. » (p. 383) Il faut donc beaucoup d’or à cette femme vampire qui fait frémir tout Paris.

Ce roman de cape et d’épées est saupoudré de fantastique et de surnaturel. Les aventures rocambolesques (notez l’hommage à un autre personnage de l’auteur) mettent en œuvre des souterrains sous la Seine et un suspens de très bon niveau. Ici, les hommes marchent le nez dans leur manteau et les femmes portent des masques. Comme dans tout bon roman de cape et d’épées, il y a un chevalier gascon au verbe haut et des amours contrariées. On évoque aussi certains personnages historiques et on se plonge avec plaisir dans un Paris d’Épinal qui grouille de brigands et d’aventurières. Mais attention, l’épilogue remet tout en question. Croirez-vous cette terrifiante histoire de vampire ? Voilà une lecture parfaite pour frissonner juste ce qu’il faut pour Halloween.

Posté par Lili Galipette à 10:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

Commentaires sur La femme immortelle

  • Ah, Ponson du Terrail, ses morts qui ressuscitent 200 pages plus loin alors que rien ne le laisse présager, ses aventures délirantes, ses incohérences assumées... je garde d'excellents souvenirs de Rocambole.

    Posté par DF, 31 octobre 2012 à 14:24 | | Répondre
    • Je me laisse tout à fait prendre par ces aventures folles !

      Posté par Lili Galipette, 31 octobre 2012 à 18:44 | | Répondre
  • Les aventures "rocambolesques"... ah, bravo !!!

    Posté par Lydia, 31 octobre 2012 à 18:45 | | Répondre
  • Oh oh, un classique fantastique bien enlevé, il y a de quoi me plaire! Je note!

    Posté par Melusine1701, 03 novembre 2012 à 15:03 | | Répondre
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