Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

26 novembre 2012

Aymard de Foucauld (1824-1863)

Aymard_de_FoucauldBiographie d’Emmanuel Dufour. Sous-titre : De Saint-Cyr et Saumur à la campagne du Mexique, itinéraires d'un officier de cavalerie du Second Empire.

Aymard de Foucauld voit le jour en 1824 dans une famille où les hommes sont militaires de père en fils. « Faire d’Aymard un officier de l’armée française et qu’il devienne ainsi le digne successeur de son père, de ses oncles, des Foucauld d’antan… Voilà bien une idée qui mériterait de faire son chemin. » (p. 67) Il entre à Saint-Cyr en 1843 et en ressort sous-lieutenant avant d’intégrer le 9° régiment de Hussards à Saumur. Le voilà enfin officier de cavalerie. Mais au sortir de l’école, les premiers temps de la vie militaire sont peu glorieux : l’officier Aymard passe plus de temps le balai à la main à nettoyer les litières que le sabre au clair à charger l’ennemi.

En 1852, voilà le Second Empire. On suit Aymard de Foucauld de régiment en garnison, jusqu’au 6° Hussards et enfin au 2° régiment de Chasseurs d’Afrique. L’officier quitte alors les verts bords de Loire pour les étendues sableuses d’Algérie. Ce choix d’affectation ne résulte pas d’un désir d’exotisme, mais plutôt d’une nécessité de réduire ses dépenses. « Aymard avoue à sa sœur son impécuniosité. Pourtant, le fait d’être éloigné des tentations d’un centre urbain et de l’obligation d’assurer une position mondaine limite ses dépenses et pourrait être de nature à lui permettre de se refaire. » (p. 172) Mais puisqu’il appartient désormais aux Chasseurs d’Afrique, il doit se plier aux ordres de mission.

Son régiment est envoyé en Italie et c’est enfin là qu’il peut prouver sa valeur. « Aymard tire de ces courtes semaines sur le sol italien la satisfaction d’avoir enfin connu l’épreuve du feu. » (p. 233) Ensuite, c’est la campagne du Maroc où le 2° RCA est pris entre le désert et le choléra. Enfin, le destin d’Aymard est scellé quand il embarque pour le Mexique. « Aymard ne manque pas de mentionner qu’il commande la cavalerie, certes modeste, présente au Mexique. » (p. 312) L’intervention militaire française au Mexique est un désastre et sera fatale à notre officier de cavalerie.

Mazette, qu’il est difficile de résumer cette biographie ! Et pourquoi le faire, d’ailleurs ! Emmanuel Dufour a réalisé un travail colossal et livre un texte dense et riche, mais d’une clarté étonnante. Jamais on ne se perd dans les multiples déplacements d’Aymard. Le texte est habilement découpé en parties dont les titres, en plus d’être explicites, sont de belles trouvailles, comme « De « bel ami » à « bel Aymard » ou mots passants par Maupassant » (p. 144) N’hésitez pas à lire les notes de fin de chapitre : elles forment un appareil historique passionnant !

La biographie s’agrémente d’extraits de la correspondance personnelle d’Aymard de Foucauld, à sa mère ou sa sœur, mais aussi d’extraits des journaux de marche et des opérations. Ce sont des documents militaires que l’on rarement l’habitude de lire et c’est un plaisir de découvrir la vie militaire et le quotidien des régiments. On suit de l’intérieur la colonisation algérienne et l’expédition mexicaine. Partout où il va, Aymard observe et commente. Il se fait un peu géologue et un peu ethnologue, toujours curieux et un rien primesautier.

Aux éditions de La Louve, on aime les grands hommes, ceux qui ont du panache et de l’aplomb. Après Gaston de Lévis et Frédéric Guillaume de Vaudoncourt, Aymard de Foucauld est mon nouveau chouchou. Il faut dire que l’uniforme me fait fondre… mais pour un gars de cette trempe, je m’engage quand vous voulez !

Posté par Lili Galipette à 07:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [25] - Permalien [#]
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Commentaires sur Aymard de Foucauld (1824-1863)

    Et aux Editions de la Louve, on n'est pas frileux, pas comme certains éditeurs... On n'est jamais déçu.

    Posté par Lydia, 26 novembre 2012 à 08:53 | | Répondre
    • Bien dit !

      Posté par Lili Galipette, 26 novembre 2012 à 15:11 | | Répondre
    • Ah ! C'est pour ça que je suis toujours enrhumé, alors !? OK, OK...

      Posté par JL, 26 novembre 2012 à 15:26 | | Répondre
      • Je t'envoie une cargaison de mouchoirs !

        Posté par Lili Galipette, 26 novembre 2012 à 15:31 | | Répondre
      • Et moi une écharpe !

        Posté par Lydia, 26 novembre 2012 à 16:08 | | Répondre
  • en effet, un homme exceptionnel ... et une biographie qui devait se dévorer comme un roman !

    Posté par missbouquinaix, 26 novembre 2012 à 10:16 | | Répondre
  • En garnison dans l'Est (à Huningue), pour résister aux rigueurs du climat, Aymard réclamait des chaussettes... deux gilets de flanelle... quatre caleçons en tricot... et des foulards pour... envelopper sa tête la nuit ! L'une d'entre vous, mesdames, serait bien inspirée de faire parvenir un trousseau du même tonneau pour notre ami JL ! Sachez que les nuits sont fraiches et humides en ce moment au coeur du Quercy !

    Posté par AymarddeFoucauld, 27 novembre 2012 à 22:14 | | Répondre
    • Ah zut, je suis blogueuse, pas tricoteuse.
      Je vais m'en tenir aux mouchoirs !!

      Posté par Lili Galipette, 27 novembre 2012 à 22:19 | | Répondre
  • Je n'ose même pas imaginer notre JL en caleçon... en tricot !!! MOUAAAAAARRRRRFFFFFFFFF !!!!

    Posté par Lydia, 28 novembre 2012 à 08:56 | | Répondre
    • Et oh, c'est un blog sérieux ici !

      Posté par Lili Galipette, 29 novembre 2012 à 12:53 | | Répondre
    • Et ça te fait marrer, ça !? Pfff...

      Posté par JL, 29 novembre 2012 à 12:54 | | Répondre
  • Je ne lis pas ton billet Lili Galipette parce que le mien est en rédaction dans ma petite tête.
    Mais pour info, ado, j'étais tricoteuse. Donc.... manque plus que le modèle.. PP

    Posté par Dédale, 02 décembre 2012 à 09:17 | | Répondre
    • J'ai repéré un très joli modèle de barboteuse !!

      Posté par Lili Galipette, 02 décembre 2012 à 11:07 | | Répondre
  • Ouai, ben moi, je préfère répondre à missbouquinaix : elle au moins, elle fait des commentaires intelligents. Et oui, je sais, je suis exceptionnel, mais bon, c'est bizarre, parce que ma biographie n'est pas encore écrite !

    Comment ?

    Elle ne parlait pas de moi ? Et qu'est-ce que vous en savez, d'abord !?

    Posté par JL, 02 décembre 2012 à 12:45 | | Répondre
  • Ah oui, c'est plus dans mes cordes. Doit me rester quelques laines quelque part

    Posté par Dédale, 02 décembre 2012 à 16:50 | | Répondre
  • J'avais l'adresse à laquelle Aymard s'était fait confectionner son (bel mais onéreux)uniforme de Saint-Cyrien [Prevel, Rue Richelieu au 8, Paris] mais il me manquait l'adresse (mail !) de la tricoteuse de caleçon (et... autre barboteuse) ! Lacune comblée désormais ! Il ne me reste donc plus qu'à aller prendre, au repaire, les mesures pour établir le patron ... Euh ! Sauf si le patron (établi) me repère et qu'il prend des mesures ...

    Posté par AymarddeFoucauld, 02 décembre 2012 à 17:17 | | Répondre
    • Aymard, t'es viré !

      Posté par JL, 02 décembre 2012 à 17:58 | | Répondre
    • À mon avis, il va falloir faire ça en douce, il a l'air remonté !!!

      Posté par Lydia, 02 décembre 2012 à 18:04 | | Répondre
  • Personne ne vire personne sur mon blog !!

    Posté par Lili Galipette, 02 décembre 2012 à 18:01 | | Répondre
    • Ouai, t'as raison : d'ailleurs qu'est-ce que je perds mon temps à discuter avec quelqu'un d'assez négligent pour se faire tuer à la guerre ! Hein ? Franchement...

      Posté par JL, 02 décembre 2012 à 18:09 | | Répondre
  • Bigre ! Passible de la cour martiale... avec au minimum les arrêts de rigueur !
    Je me suis fait serrer !
    Le caleçon serré çà me sert de leçon !

    Posté par AymarddeFoucauld, 02 décembre 2012 à 18:12 | | Répondre
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