Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

01 mars 2013

L'oeil du lapin

Oeil_du_lapinTexte autobiographique de François Cavanna.

François Cavanna est le fils d’immigrés italiens. Dans ce texte, il raconte sa mère, une femme aux ambitions avortées qui reporta tout son désir de réussite sur son unique enfant. « Son insatiable besoin d’aimer, son besoin, surtout, de créer, de façonner de ses mains, maman l’a reporté sur moi. Son fils. Son cadeau du ciel. Maman n’a eu qu’un seul grand amour dans sa chienne de vie : moi. Elle avait son fils, elle n’avait plus besoin de rien d’autre. » (p. 48) Le petit François est un enfant brillant et c’est avec plaisir qu’il voit que sa réussite est aussi celle de sa mère. « Maman, vachement fière, tiens. Elle avait fait un petit Rital, et voilà, il était plus fort que tous les Français. Ça la vengeait de tout, maman. » (p. 20) Mais voilà, on ne peut pas vivre que pour sa mère. Et c’est ce que raconte l’auteur dans son texte.

Autant le dire immédiatement, j’ai lu ce texte en diagonale et en sautant des chapitres. Passées les cinquante premières pages, j’ai été incapable de m’intéresser à cette histoire. Et j’ai été plus qu’agacée par la façon dont l’auteur retranscrit l’accent italien de sa mère. Trois lignes, ça passe. Mais des pages de dialogue ainsi écrites m’ont fait frôler l’overdose.

Certes, cette histoire avait tout pour émouvoir. L’auteur raconte une enfance qui, si elle n’était pas pauvre, était sans aucun doute chiche. Mais dans le petit monde des immigrés, chacun fait de son mieux pour ne pas paraître miséreux. Un enfant devenu adulte qui parle de sa mère, ça aurait pu être bouleversant. Mais tout le monde n’est pas Albert Cohen qui, dans Le livre de ma mère, m’avait retourné le cœur, me désespérant presque de ne pas savoir écrire aussi bien pour dire mon amour à ma mère. Du côté de Cavanna, ça ne marche pas, je n’ai pas accroché.

Quant au titre, si vous voulez tout savoir, le mystère qui l’entoure est tout simplement effroyable. Mais c’est une fille qui n’a jamais tué d’animaux qui vous le dit, une chochotte, une amoureuse des bêtes qui fait semblant de croire que la viande qui est dans son assiette n’a pas d’abord été une bestiole adorable… Bref, si vous avez le cœur aussi peu accroché que le mien, ne lisez pas le dernier chapitre !

Posté par Lili Galipette à 06:00 - Mon Enfer - Lignes d'affrontement [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur L'oeil du lapin

  • J'ai essayé de lire un livre de Cavanna il y a quelques années mais je n'ai jamais accroché ! Pour le lapin mort, je crois que je ne lirais pas non plus s'il me passait entre les mains, chochotte j'assume !!!

    Posté par Asphodèle, 01 mars 2013 à 12:45 | | Répondre
    • Je me demande si les textes de cet auteur ne sont pas "datés", comme peuvent l'être ceux d'Hervé Bazin ou de Gilbert Cesbron. Autant j'aime les deux derniers, autant le premier m'a laissée froide.

      Posté par Lili Galipette, 01 mars 2013 à 18:27 | | Répondre
  • Eh bien, moi qui comptais le lire... Finalement, je passe mon tour !

    Posté par Lydia B, 02 mars 2013 à 17:32 | | Répondre
    • Ah, désolée si je t'ai refroidie... As-tu lu "Les Ritals", le livre où il parle de son père ? Si tu l'as aimé, celui-ci est apparemment dans la même veine.

      Posté par Lili Galipette, 02 mars 2013 à 18:16 | | Répondre
      • Euh... non plus ! En revanche, j'ai deux bouquins dans ma PAL : Les fosses carolines et La couronne d'Irène.

        Posté par Lydia B, 02 mars 2013 à 18:18 | | Répondre
      • Je ne connais pas du tout...

        Posté par Lili Galipette, 02 mars 2013 à 18:20 | | Répondre
      • C'est l'Histoire vue de façon humoristique (mais réaliste cependant).

        Posté par Lydia B, 02 mars 2013 à 18:22 | | Répondre
  • Mouais bof, un peu daté effectivement ... J'espère qu'il t'a quand même pas trop traumatisé, ce dernier chapitre ! Va au salon de l'agriculture voir des lapins pour te consoler !

    Posté par missbouquinaix, 03 mars 2013 à 16:27 | | Répondre
    • Traumatisée, si je le suis !!! Pov' pitit pinpin !

      Posté par Lili Galipette, 03 mars 2013 à 16:37 | | Répondre
  • Ah oui, effectivement, pour trouver que sa mère a l'accent italien, il faut vraiment l'avoir lu en diagonale, voire un soir pendant une panne d'électricité : Elle a l'accent des paysans de la Nièvre, ça ne nous rapproche pas de la Toscane, mais bon...
    Que Cavanna ne soit pas Albert Cohen, ça ne se discute pas. Mais si le premier reste tout en pudeur, avec ce faux style parlé qui dit plein de gros mots dans une syntaxe et une grammaire irréprochables, le second peut vite agacer avec des tonnes de mélo planquées derrière chaque virgule. Cela reste une question de goût. Certains aiment le sucré.
    Alors je lis que tout ceci peut paraître un peu " Daté ". Pardi ! On parle d'un monsieur né en 23, qui raconte une enfance entre-deux guerres dans le petit monde d'un Nogent-sur-Marne où il n'y a jamais eu une seule vigne ( donc pas de petit vin blanc à boire sous les tonnelles ), mais des centaines d'immigrés italiens ayant fui la misère et le fascisme, à moins que ce ne soit l'inverse. Et des madames Cavanna qui rêvent du meilleur des avenirs pour leur fils : Rentrer aux P.T.T. ; Tout compte fait, ça ne me semble pas si loin des destins des familles africaines ou d'ailleurs d'aujourd'hui.
    Bon d'accord, il y a un lapin. Mais dans Bambi aussi, il y a des chasseurs très très méchants.

    Posté par Jean, 05 septembre 2013 à 19:10 | | Répondre
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