Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

13 juin 2013

Elle joue

Elle_joueRoman de Nahal Tajadod. Couverte dessinée par Marjane Satrapi.

La narratrice est l’auteure elle-même, mais elle raconte son amitié avec une actrice imaginaire, Sheyda Shaya, qui n’a connu que l’Iran islamique. La première a grandi en Iran, sous le régime du Shah et elle explique pourquoi elle a choisi d’écrire l’histoire de cette actrice fantasmée. « Je ne sais pas pourquoi j’ai voulu écrire sur elle. Je n’avais pas vu la plupart de ses films et elle n’était pas une amie. […] La vie d’une actrice de cinéma ne m’intéresse guère. » (p. 175) En écrivant sur une autre, c’est un écrit très personnel que livre l’auteure. « À travers Sheyda, je cherche l’Iran, et tout ce qui m’a échappé. Et je me cherche aussi moi-même. Sans doute. » (p. 177)

Sheyda est passé par le Conservatoire, mais c’est le cinéma qui l’attirait. Elle tourne son premier film très jeune, mais elle doit pour cela respecter les nouvelles et très strictes règles imposées par le régime islamique. Et comme de bien entendu, ces règles contraignent surtout les femmes, les diabolisent et les accusent. À tel point que les hommes estiment qu’ils peuvent tout à leur égard. Mais Sheyda refuse de se laisser dicter sa conduite et elle refuse de se laisser envahir par la peur. Alors elle crée Amir, un jeune garçon. En devenant Amir, elle est libre et elle peut parcourir la ville comme bon lui semble. « Elle n’est plus une fille. Une fille, beurk ! Elle a décidé que plus personne, jamais, ne l’attaquerait à l’acide. » (p. 79)

Alors, Sheyda joue : elle joue de la musique, elle joue devant les caméras, elle joue avec le régime. Parce que jouer, c’est rester dans l’enfance, mais c’est aussi transcender la réalité dans une représentation de soi-même. Certes, Sheyda est un personnage fictif, mais ce qu’elle a vécu est forcément réel, d’autant plus que l’auteure intègre des bribes de sa propre histoire iranienne et des réflexions sur le bouleversement qu’a subi ce pays. Dans son roman, Nahal Tajadod souligne l’absurdité du régime islamique : « Des femmes qui étudieront entre elles et pédaleront en tchador noir pour se rendre au centre culturel de la Vertu et du Voile. Même Buñuel n’aurait pas osé mettre une scène pareille dans un de ses films. » (p. 88)

Voilà, je n’en dis pas plus, notamment parce que je n’ai pas fini ce roman. J’ai abandonné à la page 180/376. J’ai lutté, j’ai essayé, j’ai recommencé, j’ai relu des pages. Mais impossible de m’intéresser à cette histoire et de repousser l’ennui.

Posté par Lili Galipette à 05:00 - Ma Réserve - Lignes d'affrontement [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur Elle joue

    Sheyda n'est pas du tout un personnage imaginaire, c'est Golshifteh Farahani, avec laquelle Najad entretient une relation d'amitié forte ( ainsi qu'avec jean Claude carrière).....

    Posté par mary poppins, 14 juin 2013 à 11:52 | | Répondre
    • En tant que tel, Sheyda est un personnage imaginé puisque l'actrice n'est pas citée explicitement.

      Posté par Lili Galipette, 14 juin 2013 à 12:00 | | Répondre
  • Je passe...

    Posté par Lydia B, 14 juin 2013 à 14:56 | | Répondre
  • Ah dommage, ce pays est pourtant si passionnant avec toutes ses contradictions...

    Posté par liliba, 15 juin 2013 à 17:40 | | Répondre
    • Tout à fait, mais ce roman m'a paru très indigeste.

      Posté par Lili Galipette, 15 juin 2013 à 17:47 | | Répondre
  • Arf, je l'ai offert à ma mère, et elle avait l'air d'adorer...du moins le début, je crois qu'elle ne l'a pas encore fini. Je vais quand même essayer !

    Posté par Manoulivre, 16 juin 2013 à 20:15 | | Répondre
  • Passeport à l'iranienne paru il y a quelques années était déjà un travail baclé... il y aurait tant à dire de vraiment intelligent sur l'Iran que vraiment autant de lieux communs, de banalités ce n'est pas acceptable. Il ne suffit d'être iranienne pour produire une oeuvre de qualité....

    Posté par carlouchka, 17 juin 2013 à 11:37 | | Répondre
    • Ne connaissant pas le roman que vous citez, je ne peux hélas pas comparer.
      Bonne journée.

      Posté par Lili Galipette, 17 juin 2013 à 17:58 | | Répondre
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