Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

29 juin 2013

Le musée du Dr Moses

Musee_du_dr_MosesRecueil de nouvelles de Joyce Carol Oates. Sous-titre : Histoires de mystère et de suspense.

Salut ! Comment va !

Une salutation qui retentit, c’est toujours agréable. Vraiment ? Ce n’est pas l’avis des joggers qui court dans l’arboretum de l’université de Dells. Le texte lui-même laisse à bout de souffle puisqu’il se déroule sur plusieurs pages sans un seul point, sauf le point final. Mais souvent, ce qui est final est définitif et irréversible.

Surveillance antisuicide

Un petit garçon qui disparaît, c’est un véritable drame, surtout quand il faut jouer au chat et à la souris avec le père de l’enfant. Surtout quand c’est au grand-père de l’enfant disparu de faire jaillir la vérité. Surtout quand la vérité a d’âcres relents de mystification.

L’homme qui a combattu Roland LaStarza

La boxe, sport chéri des Américains, mais pas de la narratrice qui, quelques jours après la mort de son père, se souvient d’un ami de la famille qui s’est suicidé. C’était un boxeur correct, mais un homme qui aimait jouait avec le feu. Le père de la narratrice ne s’est jamais vraiment remis du suicide de son ami et, des années plus tard, il accusait encore la boxe. « J’aimais certains boxeurs. J’aimais les regarder de temps en temps. Mais la boxe… Non, je n’aimais pas ça. La boxe, c’est un business, un homme qui se vend à des types qui le vendent au public. Pouah ! » (p. 90)

Gage d’amour, canicule de juillet

Une femme qui quitte un homme, c’est courant. Une vengeance post-mortem, c’est plus rare. « Voici le paradoxe : l’amour est quelque chose de vivant, et tout ce qui vit doit mourir. Parfois soudainement, parfois avec le temps. »(p. 95)

Mauvaises habitudes

Comment vivre quand votre père est un tueur en série ? Et comment vivre tant que vous ne comprenez pas pourquoi votre père tuait ?

Fauve

Derrie, six ans, est laissé seul dans un bassin. Par un vilain concours de circonstances, il manque de se noyer. Heureusement, le pire est évité. Et si la mort n’était pas le pire ?

Le chasseur

Liam a eu trois belles relations. D’abord avec Hannah, puis avec Evvie et enfin avec Olive. Oui, c’était de belles relations. Jusqu’à ce qu’elles deviennent moches. Pauvre Liam, il semble qu’il n’arrivait pas à trouver de femme à sa mesure. « Enfin quelqu’un qui a davantage besoin de moi que de la vie même. » (p. 173) Pauvre Liam ?

Les jumeaux : un mystère

Le docteur A* a eu deux garçons, des jumeaux, B* et C*. Ces deux-là grandissent avec une connexion que rien ne peut entamer. « Personne ne comptait autant pour C* que B*. Aucun mariage ne pouvait compter autant pour C* et B* que leur gémellité. » (p. 188)

Dépouillement

Quel soulagement de laisser couler l’eau sur soi et de voir disparaître les tâches, les souillures et les saletés ! Mais jusqu’à quel point peut-on se récurer ?

Le musée du Dr Moses

Ella rend visite à sa maman qu’elle n’a pas vue depuis longtemps. Le Dr Moses est un ancien coroner qui tient maintenant un étrange musée médical. Pour Ella, c’est plutôt un musée des horreurs. Sa mère est-elle en danger auprès de cet homme ?

*****

En 10 nouvelles, Joyce Carol Oates présente une certaine Amérique, une Amérique qu’un rien fait dérailler dans le sordide. Malaise et frisson garantis à chaque page. J’ai apprécié ces nouvelles, mais je suis un peu chafouine parce que je n’ai pas du tout compris celle qui m’intéressait le plus, celle sur les jumeaux. Mais les images sont là et j’en tremble encore !

Posté par Lili Galipette à 15:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [5] - Permalien [#]

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