Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

12 novembre 2013

Le chant du monde

Giono_Chant du monde

Roman de Jean Giono.

Antonio est un jeune homme plein de vigueur qui vit près du fleuve. Il accepte d’aider Matelot, un bûcheron, à retrouver un de ses fils disparus. En descendant le fleuve, les deux hommes fouillent les berges et la forêt. Ils rencontrent Clara, une jeune aveugle en train d’accoucher. Antonio est immédiatement attiré par cette femme, mais il ne peut pas rester près d’elle. « Il pensait qu’il allait prendre Clara dans ses bras et qu’il allait se coucher avec elle sur la terre. » (p. 282) Il doit aider Matelot à défendre son fils qui s’est mis à dos Maudru, un prospère propriétaire et éleveur de bétail. Hélas, le fils de Matelot est du genre indépendant et farouche, pas vraiment disposé à se laisser aider. « Ton besson, il m’a toujours fait l’effet d’une bête lointaine. » (p. 121)

Le chant du monde est une histoire d’hommes et de femmes, une histoire de désir et d’attraction, pleine de pulsions et de dynamisme. Dans ce livre où tout fuse, la vie est partout, en toutes choses, prête à éclater et à se répandre. « Ils font l’amour. La terre leur a déjà bourré la tête avec des odeurs et maintenant elle frappe avec de gros marteaux de joie sur la cuirasse de leur crâne. » (p. 159) Jean Giono a écrit un roman charnel et tellurique. Sa force d’évocation est telle que, de l’automne au printemps en passant par un sombre hiver, son récit est puissant et chante quelque chose d’immuable, à l’image du fleuve et de la vie.

J’ai lu ce roman quand j’étais jeune adolescente, pendant ma période régionaliste, entre un Bernard Clavel et un Claude Seignolle. J’en avais gardé un très bon souvenir, même s’il me semblait que je n’avais pas tout compris. C’est donc avec plaisir que je l’ai relu, découvrant une poésie brute et retrouvant la plume fine que j’avais tant aimée dans Un roi sans divertissement, du même auteur.

Posté par Lili Galipette à 15:57 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [10] - Permalien [#]

Commentaires sur Le chant du monde

  • Un des plus beaux Giono ! Autant, certains ont du mal à dépasser le régionalisme (Un de Baumugnes ou Colline), autant celui-là possède une poésie renversante.Tu me donnes envie de le relire !

    Posté par Pr. Platypus, 12 novembre 2013 à 16:27 | | Répondre
    • Ce roman m'a donné envie de découvrir les autres romans de Giono que je ne connais pas.

      Posté par Lili Galipette, 12 novembre 2013 à 18:38 | | Répondre
  • J'aime beaucoup cet auteur et je crois que ce livre est un de mes préférés.

    Posté par Lydia B, 13 novembre 2013 à 09:33 | | Répondre
    • En as-tu d'autres de cet auteur à me conseiller ? J'avais beaucoup aimé "Un roi sans divertissement" et "L'homme qui plantait des arbres".

      Posté par Lili Galipette, 13 novembre 2013 à 13:16 | | Répondre
  • Tu as aussi L'eau vive, Un de Baumugnes, Colline ou encore Le Hussard sur le toit.

    Posté par Lydia B, 13 novembre 2013 à 17:45 | | Répondre
  • Dans mon souvenir, mon livre préféré de Giono qui m'avait profondément marquée mais aussi Regain ! Et bien sûr lEau vive et Colline dont parle Lydia !

    Posté par Asphodèle, 16 novembre 2013 à 23:22 | | Répondre
  • Mouhaha ! Ton Claude Seignole, ce ne serait pas Christian Signol auteur régionaliste par excellence !!!

    Posté par Asphodèle, 16 novembre 2013 à 23:23 | | Répondre
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