Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

09 janvier 2014

Les fourmis rouges

Serotte_Fourmis rougesRoman d’Édith Serotte.

Marie-Claudine, professeure de langues, a quitté Montréal pour suivre Arnaud à Pointe-à-Pitre. Son amant s’est vu proposer une belle situation professionnelle, mais elle attend en vain un permis de travail. Désœuvrée et meurtrie par le choc culturel, Marie-Claudine s’interroge sur le bien-fondé de ce déracinement. « J’ai pesé longuement le pour et le contre. Non, ce n’est pas vrai. Je n’ai pas réfléchi. Je l’ai suivi, c’est tout. Je ne me voyais pas continuer ma petite vie sans lui. » (p. 31) Alors qu’Arnaud a retrouvé sa famille et sa terre natale, Marie-Claudine souffre de l’inconnu qui entoure ses origines haïtiennes. Le fossé se creuse entre les amants et la gironde Québécoise perd pied. « Se peut-il que ceux que le Québec a unis puissent être séparés par le seul glaive de nos terres promises ? » (p. 70)

La sagesse populaire veut que toutes les fourmis rêvent d’être des fourmis rouges, elles qui sont si combatives et qui gagnent à tous les coups. Mais toutes les fourmis peuvent-elles vraiment endosser cette carapace martiale ? Marie-Claudine n’est pas de celles qui s’adaptent facilement. Il lui faut passer par « la réconciliation avec soi-même, passer le cap des idéaux pour mieux franchir ceux de la vie. » (p. 127) Sa mélancolie et sa nostalgie composent une touchante élégie sur la terre promise. Si j’ai largement préféré les évocations de Montréal, ville que je connais un peu, je me suis plu à déambuler dans des rues guadeloupéennes inconnues. Le court roman d’Édith Serotte est une belle invitation au voyage et tant pis si le vague à l’âme tourne au mal de mer !

Lecture dans le cadre du Prix Océans 2014.

Posté par Lili Galipette à 10:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [9] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires sur Les fourmis rouges

  • J'ai eu beaucoup de mal comme tu le sais avec le personnage de Marie-Claudine. Et pour le coup, n'ayant été ni au Québec ni en Guadeloupe, ces aspects que tu évoques n'ont pas réussi à me convaincre...

    Posté par Miss Alfie, 09 janvier 2014 à 10:37 | | Répondre
  • Hum ! Pas vraiment tentée... même si je connais mieux la Guadeloupe que Montréal !

    Posté par Asphodèle, 09 janvier 2014 à 18:03 | | Répondre
  • Pas tentée non plus !

    Posté par Lydia B, 10 janvier 2014 à 18:42 | | Répondre
  • Quand je pense que toi et d'autres m'avez qualifié de vile tentatrice...

    Posté par Lili Galipette, 10 janvier 2014 à 18:44 | | Répondre
    • C'est pour ça ! Tu as dû te dire qu'il fallait mettre nos PAL au régime !!! Ceci dit, je ne regrette pas de ne pas avoir fait partie du jury du prix Océans parce que pour l'instant, rien ne m'attire vraiment. J'ai l'impression que c'était mieux l'année dernière.

      Posté par Lydia B, 11 janvier 2014 à 12:11 | | Répondre
      • L'an dernier, de mon propre avis, on a commencé par le meilleur et fini avec le moins bon. Peut-être l'inverse cette année.
        Quoi que, dans le premier envoi, "Le peintre d'éventail" d'Hubert Haddad est superbe !! Billet dans la semaine !

        Posté par Lili Galipette, 11 janvier 2014 à 12:14 | | Répondre
  • J'ai bien accroché à Marie-Claudine moi. Pas inoubliable, mais j'ai bien aimé ce livre.

    Posté par Melusine1701, 19 janvier 2014 à 19:23 | | Répondre
Nouveau commentaire