Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

11 avril 2014

Trois quarts d'heure d'éternité

Wengrow_Trois quart dheure deterniteRoman de Rebecca Wengrow.

Eva et Seth s’aiment passionnément. Mais comment s’aimer encore quand Seth est en prison et que le parloir est la seule intimité qui leur est accordée ? « Trois visites par semaine. Trois fois trois quarts d’heure. » (p. 27) Pour sauver le désir et maintenir l’envie, Eva devient bonbonnière et dissimule des sucreries un peu partout sur elle : à Seth de les trouver en la frôlant de son mieux. « Elle s’enfermait avec Seth pour se libérer à chaque fois. Se rappeler qu’elle était vivante. Elle ne pouvait pas le sauver. Juste l’embrasser. Elle l’évadait par le baiser. » (p. 33) Ses subterfuges suffiront-ils à préserver le couple ? Les lettres échangées sont-elles d’amour ou d’appel à l’aide ? Et il y a cette autre femme qui visite Seth, plus ancienne qu’Eva, plus légitime peut-être. « Il fallait se rendre à l’évidence. Eva ne pouvait rien lui apporter que cette émotion de trois quarts d’heure par visite. On ne pouvait pas construire à l’intérieur ce qui ne l’avait pas été à l’extérieur. » (p. 69)

Voilà comment ce roman est arrivé entre mes mains : une enveloppe dans ma boîte aux lettres. Dedans, le livre et une dédicace de l’auteure (que je ne connais pas) m’indiquant avoir découvert mon blog grâce à une tierce personne (que je ne connais pas non plus et pourtant j’ai cherché). Le livre entouré d’un bracelet de bonbons. Charmante attention, mais les envois d’inconnus me laissent toujours un sentiment de malaise, d’autant plus quand le livre n’a pas été présenté, ni proposé, juste envoyé, presque mis d’office sous mes yeux. Je conçois qu’un auteur ait envie/besoin de faire connaître son travail, mais je n’apprécie pas ceux qui s’imposent, même s’ils m’apportent des bonbons. Et Dieu sait que j’aime les bonbons…

Quant au récit lui-même, il ne m’a pas émue tant j’ai trouvé le style confus, brouillon et alambiqué. Il m’a parfois fallu plusieurs lectures de la même page pour comprendre dans quelle temporalité se trouvent les personnages – avant, pendant ou après la prison. Le roman de Rebecca Wengrow se lit en moins d’une heure, mais je doute qu’il me reste en mémoire pour l’éternité. Mais certains lecteurs apprécieront sans nul doute son écriture, ceux qui sauront « aimer le pire d’elle, jusque dans ses complexes les plus intimes. » (p. 18)

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Enfer - Lignes d'affrontement [30] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires sur Trois quarts d'heure d'éternité

  • Bon, alors si toi tu n'as pas aimé, je ne risque pas de l'apprécier non plus. Effectivement, je trouve la manière de faire plutôt cavalière. Je déteste ça !

    Posté par Lydia B, 12 avril 2014 à 10:35 | | Répondre
    • On m'a dit, à ce sujet, que j'étais fermée au monde et à ses surprises. Une surprise est censée faire plaisir, pas agacer...

      Posté par Lili Galipette, 12 avril 2014 à 11:29 | | Répondre
      • "Être fermée au monde et à ses surprises" ? Je ne sais pas qui a pu te raconter ces balivernes mais c'est complètement idiot ! Même s'il est vrai qu'il peut y avoir des mauvaises surprises, on préfère les bonnes, surtout en matière de littérature.

        Posté par Lydia B, 12 avril 2014 à 11:57 | | Répondre
        • Le livre aurait pu être très bon et je l'aurais dit, mais je n'aurais pas moins souligné la façon dont le texte m'est arrivé sous les yeux. Ce que je conteste, ce n'est pas al qualité du texte dont l'appréciation est laissée à l'oeil de chacun, c'est la façon de faire de cette auteure.

          Posté par Lili Galipette, 12 avril 2014 à 12:09 | | Répondre
          • D'ailleurs, j'y pense : Comment elle a eu ton adresse ? Parce que le coup du blog, ok, mais ton nom et ton adresse, là, je me questionne...

            Posté par Lydia B, 12 avril 2014 à 18:09 | | Répondre
          • Euh... mince alors !! Je n'avais pas poussé le raisonnement jusque-là !! Je parlais de malaise dans mon article, il est grandissant !!!

            Posté par Lili Galipette, 12 avril 2014 à 18:44 | | Répondre
          • Je comprends !

            Posté par Lydia B, 12 avril 2014 à 18:49 | | Répondre
      • Bonsoir LiLi,

        Votre bienveillance n'estait pas à l'ordre du jour ...
        De toute évidence vous vous êtes sentie offensé . De toute évidence ce collier bonbon vous a dérangée . De toute évidence une lecture tombée entre vos mains mal tombee .
        De toute évidence l'adaptation cinématographique vous donnera alors une meilleure émotion et vous comprendrez...ce jour là , vous vous souviendrez et peut être garderez vous une belle mémoire assez particulière pour vous de ce collier bonbon.


        Cordialement
        Annick . S

        Posté par Annick, 17 avril 2014 à 01:01 | | Répondre
        • Bonjour,

          il n'est pas question d'offense (mon honneur et ma dignité vont bien), mais de malaise. Ne seriez-vous pas gênée de recevoir un paquet inattendu de la part d'un inconnu se réclamant d'un autre inconnu, ayant obtenu votre adresse de façon totalement mystérieuse ? Et surtout, un paquet qui n'offre pas de possibilité de réponse ? Pas de d'adresse mail ou autre ? Alors je tente de me faire entendre ici, sur ce blog qui est un moyen d'expression comme un autre : je n'accuse pas l'auteure, je souligne juste le côté cavalier de la méthode et le peu d'aménité qu'il suscite en moi.

          Quant au collier de bonbons, il ne m'a pas dérangée et il a fait joie d'un petit garçon qui adore les bonbons. Mais c'est un préambule un peu trop gros :"Je vous offre des bonbons, lisez mon livre !" Certes, ces bonbons ont un lien direct avec l'histoire, mais faut-il pousser l'analogie un peu plus loin ? L'héroïne offre des bonbons à son amant en prison, c'est un plaisir sensuel, une échappatoire. Je n'ai pas besoin qu'on me libère, merci.

          Enfin, si adaptation cinématographique il y a, je doute vraiment de me rendre en salle pour assister à une séance.

          Merci pour votre message. Bonne journée.

          Posté par Lili Galipette, 17 avril 2014 à 07:26 | | Répondre
          • ...S'il y a le doute alors il y'a espoir
            Happy day LiLi

            Annick.s

            Posté par Annick, 17 avril 2014 à 09:04 | | Répondre
  • Et encore tu es gentille, tu l'as lu et chroniqué... Moi je ne l'aurais pas fait, parce que je déteste ces façons de faire !

    Posté par CaroBev, 14 avril 2014 à 15:30 | | Répondre
    • J'ai donné sa chance au livre, au bout du compte.

      Posté par Lili Galipette, 14 avril 2014 à 18:16 | | Répondre
  • Vous appelez ça "donner sa chance au livre" ? Moi j'ai plutôt l'impression que vous lui "ôter toute chance" ! C'est pour ça que je vous écris d'ailleurs. Je n'ai pas encore lu ce livre, mais j'ai lu "le désespoir des heures de pointe" et "une étoile cousue main" et je trouve que c'est une auteure qui a beaucoup de talent, un vrai talent. Elle analyse très bien les situations, les émotions, tout le vécu des gens et de la vie, et sait l'exprimer et le faire ressentir avec autant de simplicité que d'émotions. Et je suis très pressée de lire ce dernier livre "3/4 d'heure d'éternité", dont j'ai entendu beaucoup de bien (à part de chez vous). Quant au "procédé" qu'elle a employé pour se faire connaître de vous, effectivement, elle aurait mieux fait d'éviter, vu la sévérité de vos propos et des commentaires de vos lecteurs, mais pour la forme, ça fait partie aussi du job des artistes, qu'ils soient peintres, écrivains, etc... de faire leur promo, Y a pas de mal. Et si le bouquin ne vous plait pas, vous n'avez qu'à l'offrir à une bibliothèque, il y a un temps de gens qui pourront le kiffer, parce qu'un bouquin, c'est fait pour faire kiffer, rêver, rire, s'émouvoir, etc... et pas pour être gratuitement et stupidement critiqué par des "Lil Galipettes" qui n'ont probablement jamais fait "vibrer" personne avec leur prose, comme Rebbeca Wengrow sait le faire avec ses écrits.

    Posté par hannah, 16 avril 2014 à 02:03 | | Répondre
    • Mazette, avec des lecteurs comme vous, qui kiffent (?), cette auteure n'a donc rien à craindre de moi.

      Si vous aviez vraiment lu ma chronique, vous auriez vu que j'ai clairement différencié la façon dont j'ai reçu le livre et ce qu'il m'a inspiré. Même si j'avais apprécié ce texte, j'aurais tout de même écrit le paragraphe sur les manières cavalières de l'auteure.

      Non, je n'ai pas apprécié ce texte. Et alors ? C'est un crime ? Je devrais donc tomber à genoux devant tous les romans que m'offrent les artistes qui font "leur job" ? Le job des écrivains, c'est d'écrire des histoires. Mon blog n'est pas un travail, c'est un loisir, un espace personnel où je partage mes avis de lecture qui ne sont jamais sous influence. Liberté d'expression, quand tu nous tiens !

      Bien d'accord avec vous : un livre est fait pour (kiffer ?) rêver, rire, s'émouvoir et tant d'autres verbes magnifiques. Mais au-delà du livre, il y a la sensibilité personnelle. Non, je n'ai pas vibré en lisant ce roman. Ce n'est pas bien grave, il y a d'autres auteurs qui parviennent à secouer ma fibre sensible. Quant à Mme Wengrowe, nul doute qu'elle a son public et c'est très bien comme ça. Nous ne pouvons pas tout aimer, n'est-ce pas ? Sinon, nous vivrions au pays des Bisounours et ce serait d'un ennui !

      Quant à vous, hannah, qui "signez" ce commentaire sans avoir le courage de laisser un email où vous joindre en privé pour vous répondre, je vous souhaite une bonne lecture de ce roman qui ne manquera certainement pas de vous plaire puisque vous êtes déjà tellement bien disposée à l'égard de Mme Wengrowe. À moins que vous soyiez Mme Wengrowe elle-même... Mais non, ça n'est pas possible, jamais une auteure ayant confiance en ses écrits n'userait d'un tel subterfuge pour taper sur les doigts de la pauvre lectrice qui a l'esprit trop crétin pour comprendre sa prose si vibrante...

      Posté par Lili Galipette, 16 avril 2014 à 07:14 | | Répondre
      • Bien répondu. Et j'ajoute que ce n'est pas en réagissant comme Hannah que l'on fait avancer les choses... Ce n'est pas en insultant les lecteurs que l'on arrive à se faire aimer ou à faire aimer un auteur... Mais je vois que la procédure est tout aussi cavalière que l'envoi du bouquin ! (Parce que si "le job" d'un auteur est de se faire de la promo, il y a bien d'autres façons de le faire...)

        Posté par Lydia B, 16 avril 2014 à 09:04 | | Répondre
  • Et je me demande en quoi j'ai critiqué gratuitement (stupidement, ça, je le laisse à l'appréciation d'hannah) ce livre. Je ne l'ai pas aimé et j'ai émis des arguments pour soutenir ce ressenti. Je n'ai pas crucifié le livre, ni l'auteure et j'ai même supposé que d'autres lecteurs pourront aimer ce texte. Tout n'est donc pas perdu pour cette oeuvre !

    Posté par Lili Galipette, 16 avril 2014 à 12:49 | | Répondre
    • Tu sais, c'est toujours pareil ! Dès que l'on donne un avis négatif, il y a toujours quelqu'un (l'auteur, ses amis ou ses fans) pour rappliquer et incendier la personne, oubliant que cette dernière a encore le droit, dans notre pays, de s'exprimer ; oubliant également que la critique est constructive (et elle l'est bien ici puisqu'elle est argumentée).

      Mais tant pis pour les mauvais coucheurs ou pour l'auteur qu'ils défendent car, quelque part, c'est lui faire de la mauvaise publicité... Ils feraient mieux de se taire, surtout lorsqu'ils n'ont pas encore lu le bouquin car, pour le coup, on repère bien le manque de subjectivité !

      Et, dernière chose, lorsqu'on critique ainsi une blogueuse ou ses lecteurs, on s'attend également à se griller aux yeux de bon nombre de gens car le blogueur a un réseau. J'ai comme l'impression que beaucoup ne réfléchissent pas à cela. Tant pis, il faut assumer ensuite, hein !

      Posté par Lydia B, 16 avril 2014 à 13:11 | | Répondre
      • Je ne suis pas certaine d'avoir vraiment un réseau, mais tu as raison !

        Posté par Lili Galipette, 16 avril 2014 à 13:15 | | Répondre
        • Tous ceux qui te suivent, des lecteurs à part entière... ça constitue bien un réseau, non ?

          Posté par Lydia B, 16 avril 2014 à 13:17 | | Répondre
  • Oui, vu comme ça !

    Posté par Lili Galipette, 16 avril 2014 à 13:18 | | Répondre
    • Bravo pour votre Blog, je découvre. Très intéressant.
      Je découvre aussi cette critique et les échanges.
      J’adore le commentaire d’Hannah, alias Rebecca Wengrow. Elle s’aime, elle s’adore, elle se complimente, elle se félicite... Miroir mon beau miroir, dis moi que je suis la plus belle sinon... Elle est SA meilleure lectrice, on l’aura tous noté. Bravo pour la franchise de la méthode !!! Pour écrire, être publiée et accepter la critique, bonne ou parfois moins bonne, il faut du panache. Ce n’est pas le cas pour cette auteure.

      Posté par Lisa, 16 avril 2014 à 18:35 | | Répondre
      • Que cette "hannah" soit ou non l'auteure, il est bien dommage de constater que les opinions personnelles sont condamnables uniquement parce qu'elles ne vont pas dans le sens de certain(e)s...

        Posté par Lili Galipette, 16 avril 2014 à 20:24 | | Répondre
  • personnellement j'ai beaucoup aimé le livre de Rébecca Wengrow...elle sait bien traduire l'enfermement dans lequel nous pouvons être pris parfois..son écriture est belle, prenez le risque de le lire vous ne serez pas déçu !!! il faut en parler au contraire,,, elle nous fait descendre dans nos profondeurs sombres et remonter vers la lumière !!!

    Posté par aurore, 16 avril 2014 à 15:53 | | Répondre
    • Je n'ai pas été sensible à son style, mais je savais bien que d'autres lecteurs pouvaient l'apprécier!

      Posté par Lili Galipette, 16 avril 2014 à 20:21 | | Répondre
  • Ah encore une copine de l'auteure ou une fan indignée ! J'en ai parfois sur mon blog, je déteste ce genre de trolls. Eh bien, Mlle Copine de l'Auteure ou Fan Indignée, vous apprendrez qu'il y a une différence entre faire sa promo de façon civilisée et se permettre d'empiéter sur l'espace personnel des gens, parce que oui, se permettre d'obtenir une adresse sans la demander à l"intéressée elle-même pour lui envoyer son livre, moi j'appelle ça une violation de l'espace privé.

    Et ne venez pas vous plaindre, Lili a été assez gentille pour lire ce livre et de lui donner un peu d'exposition. Personnellement, je l'aurais flanqué direct à la poubelle !

    Posté par CaroBev, 16 avril 2014 à 16:41 | | Répondre
    • Mettre un livre à la poubelle, je ne sais pas faire, mais la prochaine fois, dans un cas similaire, je mettrai le livre tout en bas de ma pile à lire...

      Posté par Lili Galipette, 16 avril 2014 à 20:26 | | Répondre
  • Bonsoir! Je viens de lire avec intérêt la critique de Lili Galipette! Une seule chose me chagrine: pourquoi, Lili, prenez vous un pseudonyme pour écrire vos trucs? Pourquoi vous cacher derrière un masque? Je n'apprécie guère l'anonymat! Dévoilez vous ma belle! Et vous m'intéresserez! signé: Marie Christine d'Aragon

    Posté par Lespinasse, 16 avril 2014 à 19:38 | | Répondre
    • Je ne porte aucun masque et je ne me cache pas : si vous souhaitez dialoguer avec moi, vous pouvez m'écrire via le formulaire de contact présent sur mon blog. Mon pseudo est mon identité de blogueuse. Je ne fais pas mystère de mon identité civile, je la protège (enfin, j'essaie) des personnes qui voudraient s'immiscer dans ma vie privée.
      Merci pour votre commentaire.

      Posté par Lili Galipette, 16 avril 2014 à 20:29 | | Répondre
  • Joli livre, surprenant pour un mec: enfin une approche entre poésie et réalité d'émotions bien féminines... quant au style en recherche et plutôt agréable; why not? y en a peut-être qui "kiffent" le style télégraphique... quant au collier, j'y vois de l'humour et peut-être de la pudeur... merci Rebecca. A quand the next?

    Posté par giorgio, 19 avril 2014 à 10:39 | | Répondre
    • Décidément, le verbe "kiffer"contamine tous les commentateurs de ce billet ! Je ne suis pas adepte des styles télégraphiques, mais pas davantage des styles qui se déploient dans tous les sens, sans retenue, ni pudeur, justement.

      Mais je le répète, je suis tout à fait ravie que d'autres lecteurs aiment le roman de Mme Wengrow : je n'ai jamais affirmé que mon avis de lecture était le seul valable et qu'il fallait s'y plier. En revanche, j'affirme qu'il est mien et, rien que pour cela, je n'en démordrai pas.

      Merci pour votre commentaire et bonne continuation.

      Posté par Lili Galipette, 19 avril 2014 à 10:49 | | Répondre
Nouveau commentaire