Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

28 juin 2014

L’attrape-livres ou la vie très privée d’une maison d’édition.

Riviere_Attrape livresRoman graphique de François Rivière (texte) et Frédéric Rébéna (dessins).

En 1941, à Marseille, Robert Laffont décide de changer de métier : il sera éditeur. Sous l’égide d’Erion, poète grec qui sera l’image de la maison d’édition, Robert Laffont est bien décidé à se faire une place dans le monde parisien des livres, face aux géants que sont Gallimard ou Grasset, mais aussi face aux nouveaux venus de l’édition qui veulent aussi leur part du mille-feuille. Robert Laffont a du flair et il publie sans peur des inconnus : c’est à lui que l’on doit la première édition française de L’attrape-cœur de Salinger, mais aussi de continuer à lire les textes de Graham Greene, d’Arthur Miller, de Tennessee Williams, d’Evelyn Waugh ou de Dino Buzzati. La littérature française n’est pas en reste puisqu’il publie Bernard Clavel, mais aussi Marc Levy, auteur français le plus vendu au monde. Robert Laffont défend les manuscrits en lesquels il croit, sans toujours penser aux profits, juste pour le plaisir et l’honneur de la littérature. « Ma philosophie, c’est de faire mes auteurs mes amis. » (p. 35)

Les éditions Robert Laffont se déclinent en diverses collections : poésie, document, essai, noir, jeunesse ou encore SF avec la célèbre collection argentée Ailleurs et Demain. « L’éclectisme est un devoir essentiel pour l’éditeur moderne. Son devoir est de rester réceptif aux ondes venant de tous les côtés, de fuir soigneusement les hiérarchies sclérosées opposant le littéraire et le populaire. » (p. 55) Au catalogue de cette maison d’édition, il faut compter Le parrain, Le jour le plus long ou encore Paris brûle-t-il ? Et n’oublions pas le Quid, succès encyclopédique et populaire.

L’attrape-livres fait naître l’irrépressible envie de découvrir tous les trésors du catalogue des éditions Robert Laffont. Dans une déclinaison de noirs et de blancs, ce roman graphique est une histoire d’hommes et de livres, de plaisirs et de paris. Robert Laffont est un personnage éminent sympathique et magnétique, un héros des Belles-Lettres. Quand on sait tous les textes que sa maison d’édition a publiés, on est rassuré : l’encre ne sèche jamais dans les bons encriers et chez les bons éditeurs !

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [7] - Permalien [#]

Commentaires sur L’attrape-livres ou la vie très privée d’une maison d’édition.

    ... "sans vouloir faire de profit"... Mouais....

    Posté par Lydia B, 29 juin 2014 à 11:23 | | Répondre
    • Si si, je te promets, c'est dit comme ça dans le bouquin !

      Posté par Lili Galipette, 29 juin 2014 à 16:32 | | Répondre
      • Oh, mais je n'en doute pas ! (que ce soit écrit comme ça dans le bouquin)

        Posté par Lydia B, 29 juin 2014 à 16:37 | | Répondre
  • C'est le seul partenariat que j'ai gardé car l'attachée de presse est adorable et ne nous met pas le pression sur les délais. Ils sont aussi bon joueurs si nous n'aimons pas un livre... A savoir qu'ils ont racheté Nil, Julliard... C'est une affaire qui roule plutôt bien !

    Posté par Asphodèle, 30 juin 2014 à 13:25 | | Répondre
  • Ca a l'air plutôt sympa!

    Posté par Melusine1701, 07 juillet 2014 à 09:46 | | Répondre
Nouveau commentaire