Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

28 juillet 2014

Rose Madder

King_Rose MadderRoman de Stephen King.

« Je ne t’ai jamais battue sans que tu m’y obliges, tu le sais bien. » (p. 12) Cette phrase et la menace qu’elle sous-entend sont le quotidien de Rose, femme au foyer toujours sur la brèche, toujours entre deux raclées. Pendant quatorze, elle encaisse les coups et bien pire. Et un matin, un évènement anodin la dire de sa torpeur : si elle veut survivre, elle doit partir. N’emportant que son sac à main et la carte bancaire de Norman, son époux, elle quitte le domicile conjugal sans se retourner. « Je l’ai quittée. Peu importe ce qui m’arrivera à partir de maintenant, je l’ai quitté. Même si je dois dormir sous les ponts, je l’ai quitté. Il ne me mordra plus jamais, parce que je l’ai quitté. » (p. 48) Dans un refuge pour femmes battues, elle commence une nouvelle vie et reprend confiance. Elle trouve un emploi formidable et rencontre même un homme qu’elle pourrait aimer. Mais surtout, elle découvre un tableau singulier qui la fascine : la femme représentée sur cette toile semble l’appeler et la peinture semble vivante, animée. Rose ne le sait pas encore, mais ce tableau lui sauvera la vie quand Norman, engagé dans une traque maniaque, ne recule devant rien pour la retrouver et la punir. « Le long bras de la loi, salope. […] Le putain de long bras de la loi qui va bientôt s’abattre sur toi, tu peux me croire. » (p. 131)

Rose Madder est un très bon roman ! Stephen King se place alternativement dans les chaussures de la femme battue et dans celle du mari furieux, mêlant les voix et les terreurs. Entre démence et rage, l’intrigue flirte avec l’hallucination et la mythologie : Norman est un taureau enragé qui court après sa femme égarée dans un labyrinthe de peur. Stephen King peint l’histoire d’une revanche digne où les faibles se relèvent et rendent coup pour coup. Et quand le lecteur pense que l’histoire est close, que les comptes sont réglés, il y a encore des dettes à paye, de vieilles histoires à conclure. Comme Dolores Claiborne et Jessie qui se sont rebellées contre les perversités de leurs époux, Rose brise la loi du silence et reprend son destin en main.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

Commentaires sur Rose Madder

    Je le mets sur le haut de la pile !

    Posté par Lydia B, 28 juillet 2014 à 10:46 | | Répondre
  • Un de mes préférés de Stephen King (de ceux que j'ai lus, c'est-à-dire bien moins que toi^^) !!! Très fort et douloureux...

    Posté par Asphodèle, 28 juillet 2014 à 12:09 | | Répondre
  • Bon, quand je me déciderai à m'y mettre, je sais où je vais venir pour faire mon choix dans les priorités de lectures ^^

    Posté par Chapitre Onze, 03 août 2014 à 12:44 | | Répondre
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