Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

10 octobre 2014

Cellulaire

King_CellulaireRoman de Stephen King.

Un 1er octobre comme tant d’autres, l’Impulsion a changé la face du monde. Toutes les personnes s’étant servi de leur téléphone cellulaire ont reçu cette impulsion et se sont transformées en zombies agressifs. « Dès qu’on passe un appel ou qu’on décroche, on reçoit… comment dire ? Une sorte de message subliminal, j’imagine… un message qui vous rend cinglé. On dirait de la science-fiction, mais je suppose qu’il y a quinze ou vingt ans, on aurait pris les portables tels que nous les connaissons aujourd’hui pour de la science-fiction. » (p. 62) Les rares personnes épargnées tentent d’échapper aux hordes de « siphonnés » qui les attaquent pour les dévorer. Les jours passants, les siphonnés se calment et se rassemblent pour mettre en place un nouvel ordre, sans se parler, uniquement sous la poussée d’un esprit de groupe. « Ils nous ont mentalement trafiqués. Et pas qu’un peu. Nous n’avions aucune chance. » (p. 324) Tout cela n’est pas du goût de Clay, Tom, Alice, Jordan et quelques autres. D’après la rumeur, il existerait un endroit si isolé qu’aucune onde téléphonique n’y parvient. Est-ce là qu’il faut se réfugier ? Si oui, pourquoi les siphonnés encouragent-ils les normaux à s’y rendre ? « Restons-en à l’idée que l’homme est parvenu à dominer la planète grâce à deux traits essentiels : le premier est l’intelligence, le second est sa volonté absolue d’éliminer tout ce qui voudrait se mettre sur son chemin. » (p. 188 & 189)

L’auteur a dédicacé son roman à l’écrivain Richard Matheson et au cinéaste George A. Romero. Sous ce haut patronage de science-fiction et d’horreur, il faut surtout voir un lecteur/spectateur qui reconnaît ses influences et salue ses maîtres. Je suis une légende de Richard Matheson évoque une humanité infectée par un virus qui n’est plus composée que de vampires. Quand le monstre devient la norme, la normalité devient monstrueuse et le dernier homme sur terre n’a plus droit de cité. La nuit des morts vivants de George A. Romero présente une réflexion similaire : le vivant est-il tout puissant ? Est-il la norme ? Le monde peut-il tomber entre les mains des morts ?

Pour en revenir à Cellulaire, faut-il le lire ? Oui, sans aucun doute. Et le plus effrayant, finalement, ce ne sont pas les zombies qui essayent de vous bouffer les guiboles, ce sont surtout ces petits objets dont on peut si mal se passer, vous savez, les téléphones portables…

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

Commentaires sur Cellulaire

    Tiens, je devrais le faire lire à mes élèves. Peut-être qu'ils n'auraient plus le portable greffé en permanence au bout des doigts !

    Posté par Lydia B, 11 octobre 2014 à 14:52 | | Répondre
    • Si seulement... Quand je vois les gens dans la rue, dans le RER, les doigts collés à leur téléphone, incapable de lever les yeux ou de se serrer de 10 cm pour laisser passer une poussette, une vieille dame, ou les rustres qui rentrent dans les commerces, téléphone à l'oreille, et qui n'interrompent pas leur conversation même pour acheter une baguette de pain, la désignant juste du doigt, ça me donne des envies de faire sauter les antennes relais...

      Posté par Lili Galipette, 11 octobre 2014 à 15:04 | | Répondre
  • OK, mais plus tard, là je prépare un cake sardines/tomates séchées. Aucun rapport, mais faut bien se nourrir !

    Posté par Lili Galipette, 11 octobre 2014 à 15:33 | | Répondre
    • Tu as bien raison ! Moi, je viens de finir de préparer des lamelles de calamars géants pour ce soir.

      Posté par Lydia B, 11 octobre 2014 à 15:38 | | Répondre
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