Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

07 janvier 2015

Comment aimer son maître quand on est un chat

Neubourg_Comemnt aimer son maitre quand on est un chatTexte de Monique Neubourg.

Nous le savons, le chat est souverain. Il ne vit pas chez nous : c’est nous qui avons la chance de partager son espace. Et parce que nous ne sommes que des humains, nous aimons à la folie notre félin de canapé, notre tigre de salon, notre puma nourri aux pâtées ultra luxe avec supplément gold. « Le chat n’est pas amour, il est aimé. Et c’est très bien ainsi. » (p. 13) Mais voilà, l’amour, qu’est-ce ? Et surtout, qu’est l’amour chez les humains ? Voilà l’importante question que le narrateur, un chat, tente de résoudre. « Aimons-nous plus le canari que les croquettes ? Le coussin plus que le griffoir ? » (p. 8)

L’homme est donc l’objet de l’analyse pointue et dédaigneuse du chat. Qu’a-t-il donc, l’humain, à être obsédé par l’amour ? Spirituel, sexuel, amical, familial, matériel, l’amour est sur toutes les lèvres humaines. Le chat en fait les frais, lui qui n’est rien tant qu’indépendant. « Je t’aime, donc je te nomme, parce que ton identité m’est chère. » (p. 24) Donc l’amour est passé en revue, du flirt à la rupture, en passant par le coït – interrompu ou non – et l’élevage des enfants. Pardon ? Il faut dire éducation ? Si vous voulez…

Alors, oui, évidemment, ce texte est drôle, mais à la manière subtile du chat, lequel sait si bien doser dans son regard et dans son attitude à notre égard l’intérêt et le mépris. À bien y regarder, le chat est un cynique. Et pour une raison bien obscure, l’homme s’obstine à faire de Rominagrobis un miroir dans lequel il s’observe et s’analyse.

Au passage, l’auteure (parce qu’évidemment, ce n’est pas un chat qui a écrit le texte) donne des informations utiles sur le comportement des chats. J’ai donc appris à regret que Bowie ne m’embrasse pas quand elle lèche mes joues ou mon nez. Et si elle se frotte à mes bas, ce n’est pas par amour pour ma personne, mais pour les croquettes (qui puent et qu’elle adore) qu’elle sait que je ne manquerai pas de verser dans sa gamelle (achetée une fortune parce qu’elle était tellement mignonne).

À certains égards, ce petit texte humoristique m’a rappelé le bel essai de Stéphanie Hochet, Éloge du chat. J’y ai trouvé la même admiration pour l’animal à pattes de velours. Que voulez-vous ! Quand on aime les matous, on ne peut pas s’empêcher d’en parler !

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

Commentaires sur Comment aimer son maître quand on est un chat

  • J'allais te dire que ça me rappelait un livre que tu avais déjà chroniqué ! (Ma mémoire n'est pas tout à fait pulvérisée)... Même si on sait que les matous sont très indépendants, c'est bien de pouvoir décoder certaines attitudes !

    Posté par Asphodèle, 07 janvier 2015 à 08:56 | | Répondre
  • Myrtille m'a mise au diapason de suite : des croquettes sinon rien ! Elle ne fait des câlins QUE lorsqu'elle a faim !

    Posté par Lydia B, 07 janvier 2015 à 14:11 | | Répondre
  • Du même auteur, j'ai lu "Comment domestiquer son maitre quand on est un chat". A sa manière, ces livres nous rappellent en effet à bien interpréter les comportements du chat qui, évidemment, est le seul dominant de notre relation. D'ailleurs, je ne le répèterai jamais assez: chez moi, c'est le chat qui commande, même le chien en a peur.

    Posté par Melusine1701, 18 janvier 2015 à 18:55 | | Répondre
    • Moi, je n'ai pas peur de mon chat, mais en effet, il commande !

      Posté par Lili Galipette, 18 janvier 2015 à 18:58 | | Répondre
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