Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

27 août 2015

Le joueur

Dostoievski_JoueurRoman de Fedor Dostoievski.

Alexis Ivanovitch est le précepteur des enfants d’un général russe veuf qui mène grand train en dépit de sa situation financière catastrophique. Alors que le général et sa suite prennent les eaux et s’adonnent au jeu à Roulettenbourg, les drames se nouent en privé. La belle-fille du général, la belle Pauline, est entourée de nombreux prétendants, mais aucun ne se déclare devant les incertitudes qui entourent sa fortune. Alexis, confident follement épris de la jeune fille, est son intermédiaire à la roulette où des sommes énormes se perdent et se gagnent en un coup de pouce. Mais la belle méprise le percepteur. « Je vous hais justement parce que je vous ai permis tellement de choses, et je vous hais encore plus parce que vous m’êtes si nécessaire. Mais j’ai encore besoin de vous. Il faut donc que je vous épargne. » (p. 29)

C’est sous la forme du journal et des notes que cette histoire est racontée, le narrateur étant Alexis, malheureux en amour comme au jeu. « Chose étrange, je n’ai pas encore gagné mais j’agis, je sens, je pense comme si j’étais un homme riche et ne puis me voir autrement. » (p. 87) Que de cynisme dans le tableau qui nous est fait de la société russe qui se divertit devant les tables de jeu ! « Vous savez que je n’ai pas d’argent […] ; il faut de l’argent pour perdre au jeu. » (p. 19) Le général attend désespérément l’annonce de la mort d’une aïeule dont il devrait hériter, les intrigants se rendent indispensables et les engagements amoureux ne durent jamais plus longtemps que la chance à la roulette.

Ce roman a l’avantage d’être court, car la frénésie qui anime les personnages est rapidement épuisante. Les heures fiévreuses que la grand-mère passe devant la roulette sont éreintantes pour le lecteur qui, inconsciemment, fait des paris sur la chance de la joueuse. Décidément, Dostoievski n’est pas vraiment ma tasse de thé… Je reviendrai donc à la littérature russe par d’autres plumes que la sienne.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Ma Réserve - Lignes d'affrontement [10] - Permalien [#]

Commentaires sur Le joueur

  • Je garde un bon souvenir de ce petit roman. Je l'ai trouvé très prenant.

    Posté par Melusine1701, 27 août 2015 à 10:53 | | Répondre
  • J'ai toujours eu du mal avec Dostoïevski alors je ne te jetterais pas la pierre ! Contente de retrouver ton blog ma Lili ! C'est rock'n'roll jusqu'au 25 septembre mais j'ai des petites échappées dont je profite comme je peux. Je t'embrasse♥

    Posté par Asphodèle, 27 août 2015 à 11:46 | | Répondre
    • J'ai aimé "Crime et châtiment", mais c'est tout.
      A très vite !

      Posté par Lili Galipette, 27 août 2015 à 11:50 | | Répondre
  • J'ai du mal avec la littérature russe, notamment les pavés. Je préfère les textes courts (les nouvelles de Gogol par exemple) ou le théâtre de Tchekhov.

    Posté par Lydia B, 27 août 2015 à 12:18 | | Répondre
  • Je l'ai lu il y a quelques années, je n'en ai aucun souvenir... Apparemment il ne m'a pas beaucoup marquée.

    Posté par Chapitre Onze, 29 août 2015 à 20:41 | | Répondre
    • Ah, voilà qui ne me rassure pas pour mes souvenirs à venir !

      Posté par Lili Galipette, 29 août 2015 à 20:43 | | Répondre
  • Ah oui, Dosto est intellectuellement épuisant, c'est le cas de le dire!

    Posté par Karine:), 30 août 2015 à 20:51 | | Répondre
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