Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

09 octobre 2015

Les cinq cent millions de la Bégum

Verne_Cinq cent millions de la begumRoman de Jules Verne. Illustrations de L. Benett.

Le docteur Sarrasin, paisible praticien français, hérite soudainement d’un petit royaume dans la province de Bengale et de plus de 500 millions de francs. Mais cet héritage fabuleux lui est disputé par le professeur Schultze, un Allemand convaincu de la supériorité de son pays. « Cela peut devenir un grand danger, une subite fortune pour certaines natures. » (p. 29) Les millions sont finalement partagés : alors que le docteur Sarrasin fonde France-Ville, cité moderne et modèle, le professeur Schultze construit Stahlstadt, cité ouvrière partagée entre les mines et les fonderies. L’Allemand ne s’en cache pas, il veut anéantir sa voisine française à coup de canons et de projectiles meurtriers. Infiltré dans la cité armée, Marcel Bruckman, pupille du docteur Sarrasin, met tout en œuvre pour percer à jour les sombres desseins du professeur Schultze. « Nous faisons ici le contraire de ce que font les inventeurs de France-Ville ! Nous cherchons le secret d’abréger la vie des hommes tandis qu’ils cherchent, eux, le moyen de l’augmenter. Mais leur œuvre est condamnée, et c’est de la mort, semée par nous, que doit naître la vie. » (p. 124)

Avec ce roman d’anticipation et d’espionnage, Jules Verne présente une peinture visionnaire cruellement précise de ce que sera le conflit franco-allemand de 14-18. Le récit est très manichéen et oppose les partisans du bien et de l’homme à ceux du mal et de la destruction. C’est avec un paternalisme éclairé que Jules Verne professe que les sciences n’ont de valeur que si elles sont mises à profit avec vertu et sagesse. Dans le même sens, il rappelle que la richesse ne fait le bonheur que si elle est partagée et mise au service de l’élévation de l’humanité. Les personnages sont des archétypes : l’Allemand belliqueux, le Français humaniste, l’Alsacien méritant, etc. « Marcel n’était pas seulement d’un mérite transcendant dans toutes les branches du métier, c’était aussi le plus charmant compagnon, le travailleur le plus assidu, l’inventeur le plus modestement fécond. » (p. 109) Ce roman est d’une grande simplicité dans sa construction, mais le charme opère toujours avec Jules Verne.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

Commentaires sur Les cinq cent millions de la Bégum

  • Je n'aime pas tout chez lui mais je dois quand même bien avouer qu'il écrit bien.

    Posté par Lydia B, 09 octobre 2015 à 18:33 | | Répondre
    • Il sait entraîner son lecteur !
      Dis, j'ai un souci avec ton site (pas ton blog) : je n'arrive pas lire les articles.
      Je n'ai que le titre pas le texte.

      Posté par Lili Galipette, 09 octobre 2015 à 18:55 | | Répondre
      • C'est bizarre, tout fonctionne bien chez moi. C'est quand tu vas sur la page d'accueil (là tu dois cliquer sur le titre) ou dans les catégories ?

        Posté par Lydia B, 09 octobre 2015 à 18:58 | | Répondre
        • Ah, il faut cliquer sur le titre... OK... (Je suis un boulet !!!)

          Posté par Lili Galipette, 09 octobre 2015 à 18:59 | | Répondre
          • Je ne répondrai pas...

            Posté par Lydia B, 09 octobre 2015 à 19:00 | | Répondre
  • C'est peut-être pour ça que Jules Verne ne m'a jamais enthousiasmée... J'en ai lu mais...bof, sans plus ! Le paternalisme peut-être ?

    Posté par Asphodèle, 18 octobre 2015 à 14:23 | | Répondre
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