Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

26 novembre 2015

Le chardonneret

Tartt_ChardonneretRoman de Donna Tartt.

Theo perd sa mère alors qu’ils visitaient un musée new-yorkais : une bombe explose et c’est l’horreur. Miraculeusement indemne, Theo n’a plus de maman, mais il a réussi à sortir un tableau des décombres du musée, une petite œuvre de Carel Fabritius représentant un chardonneret. « Dans mon esprit, les mots ‘Je dois rentrer à la maison’ ne cessaient de tourner en boucle, suivis, pour la millionième fois, de ‘Je ne peux pas’. » (p. 94) Recueilli pendant un temps par les parents d’un ami, Theo part finalement à Las Vegas chez son père et sa belle-mère. « Vivre avec eux, c’était comme vivre avec des colocs que j’apprécierais moyennement. » (p. 237) Il ne parvient pas à reprendre pied et à faire le deuil de cette mère qu’il adorait. Il pense aussi sans cesse à Pippa, cette petite fille rousse qu’il a aperçue dans le musée peu avant l’explosion. Il se noue tout de même d’amitié avec Boris, un garçon qui a parcouru le monde avec son père, mais qui manque profondément de repères et de limites. Avec lui, Theo découvre l’alcool et la drogue et vit des expériences aux frontières de la folie. Il est totalement à la dérive quand son père meurt. « Que fait-on quand est la victime d’un cœur périlleux ? » (p. 777) Theo décide alors de revenir à New York, toujours avec son tableau volé. Il devient adulte sans jamais se débarrasser de ses démons : quand il aura enfin le courage de les affronter, il sera peut-être trop tard.

Voilà un pavé que je redoutais d’aborder. Tant de critiques élogieuses, tant d’enthousiasme… Je me méfie toujours de ce genre d’accueil fait à un livre et je pense que ça influence négativement mon avis a priori sur un texte, me rendant extrêmement exigeante. J’ai trouvé ce roman dense jusqu’à l’étouffement, long et lent, inutilement pesant. Il y a de fabuleuses échappées grâce aux œuvres du patrimoine mondial citées au fil des pages, mais elles n’ont pas été suffisantes pour me faire apprécier vraiment cette histoire. La quatrième de couverture annonçait un retournement de situation, un coup de maître et je ne sais quoi d’autre. J’ai surtout rapidement été lassée d’accompagner ce personnage qui ne parvient pas à remonter la pente.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Ma Réserve - Lignes d'affrontement [13] - Permalien [#]

Commentaires sur Le chardonneret

    Hum ... ok ... je viens de lire ton avis, j'ai un peu les mêmes appréhensions que toi sauf que je ne l'ai pas encore lu mais ta chronique ne contribue pas à me motiver pour qu'il soit le prochain livre sur lequel je vais me précipiter.
    Je vais le lire, on verra bien, mais je n'ai pas souvenir d'avoir eu jusqu'à présent un avis diamétralement opposé au tien sur un livre.

    Posté par MissG, 26 novembre 2015 à 09:18 | | Répondre
    • Ce bouquin a pourtant un succès fou !!!
      Je me demande si je suis passée à côté de quelque chose...

      Posté par Lili Galipette, 26 novembre 2015 à 18:10 | | Répondre
  • Tu vas rire mais j'étais persuadée que ce bouquin avait un rapport avec la période médiévale. Mais avec quoi je confonds moi, encore ?

    Posté par Lydia B, 26 novembre 2015 à 10:54 | | Répondre
  • Aucune idée !!!
    L'histoire se passe de nos jours. Il est bien question d'un tableau au 17e siècle, mais ça ne remonte pas plus loin !

    Posté par Lili Galipette, 26 novembre 2015 à 18:09 | | Répondre
    • Je crois que je confonds avec "Le chardon et le tartan" mais c'est le XVIIIe s. Pfffff, je vois toujours du Moyen Âge partout !

      Posté par Lydia B, 26 novembre 2015 à 20:06 | | Répondre
      • Ah, je te recommande "Le chardon et le tartan", et tout le cycle de Diana Gabaldon.
        J'ai lu ça ado, et j'ai adoré !

        Posté par Lili Galipette, 26 novembre 2015 à 20:15 | | Répondre
        • J'ai ça dans ma PAL !

          Posté par Lydia B, 26 novembre 2015 à 20:19 | | Répondre
  • Voilà un titre qui ne m'a jamais tenté. J'avoue ne pas avoir eu d'expériences transcendantes avec des auteurs américains contemporains...
    En revanche, je note que tu conseille Gabaldon : j'hésitais suite à quelques avis me laissant supposer un coté très romance...

    Posté par Miss Alfie, 29 novembre 2015 à 21:49 | | Répondre
    • C'est très romancé, mais il y a un vrai travail de recherche sur les guerres d'Écosse et les premiers colons d'Amérique.
      Et l'aspect voyage dans le temps est bien foutu.
      Ce n'est pas superbement écrit, mais c'est très difficile à lâcher quand tu as commencé.

      Posté par Lili Galipette, 30 novembre 2015 à 07:23 | | Répondre
  • Argh... chaque fois que je tente de le sortir de la pile, je vois un avis comme ça, et j'ai peur que ça fasse comme avec "Le petit copain" que je n'ai jamais réussi à finir!

    Posté par Karine:), 30 novembre 2015 à 01:31 | | Répondre
    • Après ton avis répété sur ta chaîne, j'ai fini par acheter "Le maître des illusions". J'espère qu'il me plaira davantage.

      Posté par Lili Galipette, 30 novembre 2015 à 07:23 | | Répondre
  • J'avais commencé Le maître des illusions en septembre (livre dans mes étagères depuis 15 ans au moins) et...c'est pas que je n'ai pas accroché, j'aimais bien mais c'était trop lent pour mon état d'esprit du moment ! je le reprendrai car je ne veux pas passer à côté mais...plus tard, c'est aussi un pavé !

    Posté par Asphodèle, 04 décembre 2015 à 15:31 | | Répondre
    • Oui, c'est lent, voire dilatoire et je n'apprécie pas vraiment ça !

      Posté par Lili Galipette, 04 décembre 2015 à 15:48 | | Répondre
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