Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

15 mai 2017

La perle et la coquille

Hashimi_Perle et la coquilleRoman de Nadia Hashimi.

Pour pouvoir aller à l’école et protéger l’honneur de ses sœurs, Rahima devient une basha-posh, une fille que l’on transforme en garçon, au vu et au su de toute la communauté. Rahima jouit alors d’une liberté qui n’est ordinairement pas permise aux filles : elle aide sa mère et son père peut revendiquer avoir un fils. Mais le statut de basha-posh est toujours temporaire, jusqu’à la puberté de la jeune fille qui doit alors reprendre sa place soumise et effacée dans la société. Contrainte d’épouser un homme bien plus âgé qu’elle alors qu’elle n’a que 13 ans, Rahima trouve du réconfort dans l’histoire de Shekiba, son aïeule. « Je suppose que nous portons tous en nous le destin de nos ancêtres. » (p. 142) Défigurée, orpheline, spoliée, Shekiba a été garde au sein du harem royal et a toujours œuvré pour maîtriser son destin et améliorer sa condition.

Il est ici question du criant désir de liberté des femmes en Afghanistan au fil des décennies. Traitées comme rien par leur belle-famille, à moins qu’elles donnent naissance à des garçons, les femmes sont des monnaies d’échange et de la main-d’œuvre à petit prix. Battues, violées par leur époux, méprisées par les belles-mères et les autres épouses, elles souffrent toute leur vie avec peu d’espoir de soulagement. « Sache qu’il y a beaucoup de gens ici qui veulent te rendre la vie dure. C’est à toi de trouver un moyen de te simplifier la vie. » (p. 103) C’est hélas une triste réalité, mais le message d’espoir porté par le roman est malheureusement desservi par un style lourd, ampoulé et pesant et un rythme rocambolesque assez peu crédible. En outre, il y a un véritable problème de construction dans l’intrigue et la mise en regard des histoires quelque peu parallèles de Rahima et Shekiba. L’histoire de la seconde est racontée à Rahima et à ses sœurs par leur tante Shaima, épisode par épisode. Or, quand Rahima n’a plus ou peu de contact avec sa tante, l’histoire de Shekiba continue, ce qui est totalement incohérent. Qui raconte alors le récit de cette aïeule ? Sans être totalement déplaisant, ce roman a bien des défauts.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Ma Réserve - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

Commentaires sur La perle et la coquille

    Bon le livre ne t'a pas emballée, ça arrive...Mauvaise traduction ?
    Reste la condition féminine bafouée en bien d'endroits et le sort qui leur est réservé
    me fait frémir...

    Posté par Mamanous, 15 mai 2017 à 10:45 | | Répondre
    • Je ne pense pas que la traduction soit responsable du style lourd de la version originale et des incohérences du récit.

      Posté par Lili Galipette, 15 mai 2017 à 10:54 | | Répondre
  • Ça fait frémir (je parle de la condition des femmes dans certains endroits du monde).

    Posté par Lydia B, 15 mai 2017 à 20:28 | | Répondre
    • Sur ce sujet terrible, j'avais beaucoup apprécié "Les putes voilées n'iront pas au paradis".

      Posté par Lili Galipette, 15 mai 2017 à 20:30 | | Répondre
  • C'est un sujet sur lequel j'ai terriblement du mal à me pencher. Je viens TELLEMENT fâchée que je peine à les finir. En plus, si c'est pas trippant...

    Posté par Karine, 16 mai 2017 à 02:37 | | Répondre
  • Là aussi, je comprends. C'est un sujet difficile, mais je m'y intéresse parce que c'est une façon de ne pas se voiler la face.

    Posté par Lili Galipette, 16 mai 2017 à 06:24 | | Répondre
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