Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

07 août 2017

Pierre de Lune

Collins_Pierre de luneRoman de Wilkie Collins.

En Inde, il existe un diamant jaune d’une grande valeur. À la fois sacrée et maudite, cette Pierre de Lune est gardée par des prêtres de Vishnou depuis des siècles. En 1799, John Herncastle dérobe le joyau et le rapporte en Angleterre. Cinquante ans plus tard, il l’offre à sa nièce, Rachel Verinder, pour son anniversaire. Mais à peine offert, le trésor disparaît mystérieusement. S’ensuit une longue enquête pleine de rebondissements, d’aveux et de scandales. Qui a volé le diamant ? Rosanna, la servante aux nerfs fragiles ? Franklin Blake, le cousin aventurier de Rachel ? Godfroy Ablewhite, âme un peu trop charitable ? Les trois Indiens qui rôdent à proximité de la propriété ? La recherche du diamant et l’enquête menée par le sergent Cuff, homme lucide et un rien cynique, font émerger certains secrets et inimitiés au sein de la famille. « Milady a fort habilement étouffé l’affaire pour le moment. […] Mais un scandale de famille comme celui-ci est de ceux qui éclatent de nouveau, alors qu’on s’y attend le moins. » (p. 217)

Wilkie Collins sait monter les énigmes, ici en donnant la parole à différents narrateurs et en différant les révélations. Le roman a été publié en feuilleton, donc divisé en chapitres qui s’achèvent sur un effet d’annonce. Toute l’attention du lecteur est captive de cette narration qui, si elle digresse, ne s’égare jamais. Le narrateur principal, Gabriel Betteredge, intendant de Lady Verinder, est un homme convaincu de sa supériorité sur ses semblables, notamment les femmes et les autres domestiques de la maison. Ne jurant que par Robinson Crusoe dont il tire des préceptes guidant son existence, il est à la fois agaçant et hilarant. « Une goutte de thé est pour la langue d’une femme ce qu’est une goutte d’huile pour une lampe qui s’éteint. » (p. 145) Par sa voix, Wilkie Collins dénonce les vices de la société victorienne : sexualité trouble, hypocrisie, mépris des étrangers, etc. Le seul bémol de cette lecture est sa longueur, mais c’est le propre des romans feuilletons de s’étirer parfois au-delà du raisonnable. Pierre de Lune est un roman policier avant l’heure, agréable dans sa forme et par son histoire.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [4] - Permalien [#]

Commentaires sur Pierre de Lune

    Alala, toujours pas lu Collins. En lisant ton billet, j'ai toutefois l'impression que ce titre n'est pas le plus indispensable de l'auteur.

    Posté par zarline, 07 août 2017 à 21:57 | | Répondre
    • Non, en effet, je te conseille plutôt "Secret absolu" ou "Armadale".

      Posté par Lili Galipette, 08 août 2017 à 09:01 | | Répondre
  • Je ne l'ai pas encore lu celui-ci.

    Posté par Lydia B, 08 août 2017 à 18:34 | | Répondre
    • Il est bien, mais ne le mets pas en haut de ta pile, je suis sûre que tu as bien meilleur à lire.

      Posté par Lili Galipette, 08 août 2017 à 19:35 | | Répondre
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