Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

08 septembre 2017

Station Eleven

St John Mandel_Station ElevenRoman d’Emily St John Mandel.

Une grippe décime la population mondiale. « Si tu es exposé au virus, tu tombes malade en quelques heures. » (p. 27) Vingt ans près le cataclysme, les rares survivants se sont regroupés en petites communautés et tentent de survivre dans un monde où l’électricité et tout le confort moderne ont disparu. « Ce qui a été perdu lors du cataclysme : presque tout, presque tous. Mais il reste encore tant de beauté : le crépuscule dans ce monde transformé, une représentation du Songe d’une nuit d’été sur un parking ? […] Parce que survivre ne suffit pas. » (p. 67 & 68) Les caravanes de la Symphonie Itinérante se déplacent entre les villes pour jouer des pièces de Shakespeare. Parmi eux, Kirsten qui avait 8 ans lors du cataclysme : elle a très peu de souvenirs de l’ancien monde, mais est obsédée par un acteur et deux comics. « Nous cherchons en permanence l’ancien monde, avant que toute trace n’ait disparu. » (p. 138) Mais quel est le lien entre la mort d’Arthur Leander, comédien qui incarnait le roi Lear et les drames qui marquent le nouveau monde ?

J’attendais beaucoup de ce roman, mais je le referme sur une grande frustration. Les aller-retours entre les derniers temps avant le cataclysme et l’an Vingt après laissaient attendre une révélation. Il y en a certes quelques-unes, mais rien de spectaculaire. Finalement, il y a des pistes dans tous les sens – un presse-papier en verre, un loulou de Poméranie et un musée qui regroupe les vestiges de l’ancienne civilisation – et des scènes dont je n’ai pas compris l’intérêt, comme l’interview que donne Kirsten en l’an Quinze. « Pourquoi ne pas créer une histoire orale de cette époque où nous vivons, et une histoire orale du cataclysme ? » (p. 117) Quant à la fin, elle est abrupte et un peu décevante. Dommage, car j’espérais vraiment autre chose.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Ma Réserve - Lignes d'affrontement [3] - Permalien [#]

Commentaires sur Station Eleven

    Ah, j'ai eu un plaisir de lecture différent du tien. J'ai aimé découvrir ces personnages et le fil qui les relie ainsi que leurs émotions et surtout la résilience qu'ils vivent. C'est vrai que côté apocalypse, on reste dans le flou - presque - total.

    Posté par Acr0, 08 septembre 2017 à 08:35 | | Répondre
    • Je sais que ce roman a globalement remporté l'adhésion. Mona vis dissonant n'est pas représentatif de l'engouement général, mais je l'assume.

      Posté par Lili Galipette, 08 septembre 2017 à 08:46 | | Répondre
      • Et tu as bien raison C'est ce qu'il faut faire... et surtout l'exprimer : quand un livre qui m'intéresse ne reçoit que des avis dithyrambiques, j'aime bien découvrir les avis plus mitigés car les éléments sont cités et cela me permet de me faire une meilleure idée. Et puis surtout, on peut ne pas avoir le même plaisir de lecture tout court Et c'est ok !

        Posté par Acr0, 08 septembre 2017 à 08:53 | | Répondre
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