Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

06 novembre 2017

Deux soeurs pour un roi

Gregory_Deux_soeurs_pour_un_roiRoman de Philippa Gregory.

Marie Boleyn a 13 ans et un époux quand le roi Henri VIII en fait sa maîtresse. Encouragée par son père et son oncle, la jeune fille doit se soumettre à la volonté des Boleyn. « Si elle partage la couche du roi et y conçoit un bâtard, nous aurons gros à jouer. » (p. 22) En effet, la reine Catherine d’Aragon n’a pas su donner de fils au roi et ce dernier craint que son royaume n’ait pas d’héritier. L’arrivée d’Anne, la sœur d’aînée de Marie, bouleverse les plans des Boleyn. « Je suis née pour être votre rivale […], et vous, la mienne. Nous sommes sœurs, n’est-ce pas ? » (p. 154) Désormais, c’est d’Anne dont le roi est épris et la famille Boleyn est déterminée à asseoir cette fille sur le trône d’Angleterre et obtenir avantages et richesses de cette union. « Ma propre famille avait décidé que je serais la putain quand elle serait l’épouse. » (p. 204) Pour assouvir son désir envers Anne et obtenir enfin un fils, Henri VIII est prêt à tout, même à s’aliéner Rome et à instituer une Église d’Angleterre indépendante. Marie, narratrice et témoin de toute cette folie, cherche avant tout à protéger ses enfants et à vivre en paix avec l’homme qu’elle a choisi contre la volonté des siens. Elle assiste à l’ascension démesurée de sa sœur et à sa chute inexorable, après près de 10 ans d’intrigues, de tromperies et de trahisons.

Tout au long du livre, Anne la brune est présentée comme une femme ambitieuse et calculatrice, plus ou moins insupportable et égoïste, alors que Marie la blonde se présente comme douce et victime. C’est un parti pris de l’autrice assez agaçant. Pour ne rien arranger, le style est parfois lourd et inutilement pompeux. Cependant, à mon grand étonnement, j’ai tourné les pages de ce livre à une allure folle, sans bouder mon plaisir. Sans doute parce que je connaissais déjà la tragique histoire des épouses d’Henri VIII et que je ne me suis pas perdue entre tous les protagonistes. Amour, raison d’État et d’Église, et ambitions personnelles s’entrechoquent et constituent une histoire tellement démesurée et pleine de rebondissements qu’on pourrait la croire inventée. Si vous cherchez d’autres versions plus ou moins romancées de cet épisode historique, je vous recommande vivement la série Les Tudor ou Wolf Hall, la seconde surpassant largement la première.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [6] - Permalien [#]

Commentaires sur Deux soeurs pour un roi

    Ah la la, ces pauvres gamines qu'on jetait en pâture aux puissants pour en obtenir richesses et faveurs...
    Et de nos jours, c'est encore monnaie courante et d'actualité !!

    Posté par Mamanous, 06 novembre 2017 à 12:11 | | Répondre
  • Déjà que la couverture ne m'attirait pas !

    Posté par Lydia B, 07 novembre 2017 à 21:04 | | Répondre
    • C'est l'affiche du film.
      Mais mon billet n'est peut-être pas clair : j'ai adoré cette lecture ! Très prenante si on sait faire la part des choses.

      Posté par Lili Galipette, 08 novembre 2017 à 08:02 | | Répondre
      • C'est surtout le "style lourd et pompeux" qui ne m'engage pas.

        Posté par Lydia B, 08 novembre 2017 à 09:59 | | Répondre
        • Ah OK ! Bon, ce n'est pas tout le temps, mais c'est vrai que ça pèse pas mal.

          Posté par Lili Galipette, 08 novembre 2017 à 10:28 | | Répondre
          • En général, j'ai du mal mais bon, pourquoi pas, s'il me tombe sous la main...

            Posté par Lydia B, 08 novembre 2017 à 10:31 | | Répondre
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