Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

08 juillet 2020

La route de Los Angeles

Fante_Route de Los AngelesRoman de John Fante.

Arturo Bandini vit avec sa mère et sa sœur. C’est à lui d’assurer la subsistance de la famille. « Je commence à être las de mon statut d’homme de peine au service de deux femmes parasites. Je vous préviens que je viens d’atteindre l’apogée de mon courage. D’une minute à l’autre, je vais briser les chaînes de mon esclavage. » (p. 164) Le jeune homme est paresseux, poseur, voleur, menteur, cruel, condescendant, grandiloquent et très imbu de sa personne. Se contenter de petits boulots, très peu pour lui ! Il faut pourtant qu’il accepte un emploi dans une conserverie sur le port. « J’ai cru sentir quelque chose ! a dit ma mère. / C’est moi. L’odeur du travail honnête. Une odeur virile. Qui choque les femmelettes et les dilettantes. Ça sent le poisson. » (p. 105) Mais il lui est venu la frénésie d’écrire et de devenir un auteur à succès. Dès qu’il quitte son monde de fantasmes plus ou moins malsains, il met son imagination au service de sa grande œuvre et ne tolère aucune critique négative.

J’ai tant apprécié Mon chien stupide que j’espérais retrouver le même plaisir avec le premier roman de John Fante. Pari raté… Je n’ai eu aucune sympathie pour Arturo Bandini, alter ego de l’auteur. Le bonhomme s’enferme dans un placard pour vivre des amours secrètes avec des femmes sur papier glacé. Bon, passe encore… Mais il a une relation des plus ambigües avec sa mère et il se conduit comme un pervers avec une jolie bibliothécaire. Enfin, sa tendance à se parler à lui-même, dans une distanciation du « je » qui relève sans aucun doute de la pathologie, n’a pas suffi à me faire comprendre sa psyché profonde et ses motivations. Qu’Arturo Bandini continue sans moi son chemin vers les lumières de Los Angeles…

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Enfer - Lignes d'affrontement [1] - Permalien [#]

Commentaires sur La route de Los Angeles

  • Effectivement, je peux comprendre, vu ce que tu en dis, que ce roman soit en-dessous de "Mon chien stupide".

    Posté par Lydia B, 08 juillet 2020 à 12:07 | | Répondre
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