Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

30 octobre 2020

Borne

Vandermeer_BorneRoman de Jeff Vandermeer.

Rachel est récupératrice. Dans les décombres d’une ville ravagée, secouée d’une violence de chaque instant et surplombée par les ruines de la Compagnie, elle cherche tout ce qui se mange, tout ce qui peut être utile. « La ville gisait grande ouverte telle un trésor pour psychopathes. Des gens disparaissaient tout le temps. Des gens mouraient assez fréquemment. » (p. 292) C’est en accomplissant une tournée banale de récupération que Rachel trouve Borne, accroché à la fourrure nauséabonde de Mord, ours haut de trois étages et qui vole. Borne est-il une plante ? Un crustacé ? Ou un assemblage inédit de biotech doué de pensée ? « Rachel, Rachel… qu’est-ce que je suis ? » (p. 130) Être mouvant dont les capacités grandissent chaque jour, Borne est loin d’être inoffensif. Et sans tenir compte de l’amour qu’elle lui porte, Rachel devra accepter la véritable nature de son ami. « Borne m’apprenait continuellement comment le « lire », mais que voulait dire cette forme, à part que j’étais censée accepter l’impossible ? » (p. 137)

Vous qui ouvrez ce roman, ne cherchez pas à tout comprendre ou à comparer avec d’autres textes. Une fois encore, après Annihilation, Autorité et Acceptation, Jeff Vandermeer propose une science-fiction qui bouscule tous les codes et refuse toutes les facilités. Tout est étrangement beau dans son monde cruel, et même poétiquement dégoûtant. Il faut sans aucun doute saluer le travail de traduction de Gilles Goulet, car la lecture est fluide en dépit des curieux concepts développés par l’auteur. Magie ou ultra-technologie, à vous de voir par quoi est animé Borne. Moi, j’ai plongé avec délectation dans le récit a posteriori du désastre personnel de Rachel. Jeff Vandermeer excelle dans la construction d’univers où rien n’est certain, où tout est ouvert à l’interprétation. Ainsi, il offre à ses lecteurs la chance d’exercer leur imagination, et c’est un don aussi beau que le texte lui-même.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [7] - Permalien [#]
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Commentaires sur Borne

  • Je vais peut-être lire la trilogie du rempart avant. Mais il me tente bien celui-ci aussi.

    Posté par Lydia B, 31 octobre 2020 à 15:48 | | Répondre
  • Ohoho, tu aurais changé d'avis ??? Je te laisse relire tes commentaires sous mes articles des 3 romans du Rempart sud !

    Posté par Lili Galipette, 31 octobre 2020 à 15:53 | | Répondre
    • Je sais mais effectivement, je commence à m'y intéresser... tu connais le célèbre "il n'y a que les imbéciles... gna gna gna..." 😄

      Posté par Lydia B, 07 novembre 2020 à 17:54 | | Répondre
      • J'en suis raaaaaavie !

        Posté par Lili Galipette, 07 novembre 2020 à 17:58 | | Répondre
        • Mes goûts, en matière de lecture, changent en ce moment. C'est grave doc ? 😄

          Posté par Lydia B, 07 novembre 2020 à 18:03 | | Répondre
          • Non, c'est bien ! Ça me donne de nouvelles idées de trucs à te conseiller !

            Posté par Lili Galipette, 07 novembre 2020 à 18:05 | | Répondre
          • Ah, chouette !

            Posté par Lydia B, 07 novembre 2020 à 18:09 | | Répondre
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