Des galipettes entre les lignes

Chroniques littéraires.

12 mars 2021

L'espoir malgré tout

Bravo_Espoir malgre tout-Partie 1Bande dessinée d’Émile Bravo.

Première partie – Un mauvais départ

Bruxelles, 1940. Spirou est un tout jeune groom. Il pense souvent à Kassandra, sa fiancée retournée en Pologne. Voilà que la Belgique est en guerre. Spirou retrouve son ami Fantasio, soldat sans affectation et compagnon catastrophique, tout autant lâche que va-t-en-guerre. Le jeune garçon fait tout pour rester fidèle à ses valeurs humanistes et généreuses, tandis que Fantasio ne cherche qu’à sauver sa peau. « Ce n’est pas l’aventure, Fantasio, c’est la guerre. / Ah oui, c’est vrai. »  (p. 40)

Cette bande dessinée est étonnante, car pour moi, Spirou et Fantasio sont deux copains qui résolvent des mystères plus ou moins étranges, pas des personnages inscrits dans l’Histoire. Émile Bravo propose de beaux arcs narratifs à ces héros que je croyais connaître. Il y a un humour subtil et souvent bon enfant qui aide à supporter les terribles événements qui sont dépeints.

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Bravo_Espoir malgre tout-Partie 2Deuxième partie – Un peu plus loin vers l’horreur

Spirou reste le plus raisonnable face à un Fantasio qui change d’humeur pour un rien. Les deux amis doivent trouver un travail s’ils veulent conserver leur logement. Encouragés par un mystérieux mécène, ils montent un théâtre de marionnettes et sillonnent la Belgique pour divertir les enfants. Ce n’est pas du goût de tous, mais Spirou et Fantasio sont heureux de se sentir utiles. « Les nazis se sentent si forts aujourd’hui qu’ils ne conçoivent pas qu’un numéro pour les enfants puisse être source de critiques contre eux… Alors ils l’interprètent à leur façon et c’est tant mieux. » (p. 27) Mais face à l’arrivée des étoiles jaunes sur les manteaux de leurs amis, dont des enfants, nos deux héros savent que les marionnettes ne suffiront pas à combattre l’ennemi. Et Spirou est toujours déterminé à retrouver son amie Kassandra, prisonnière en Pologne.

Comme le dit le titre de ce deuxième volume, la légèreté s’est envolée. Même si l’humour est toujours là, il cache moins bien la peur et l’incertitude. Et c’est avec soulagement que l’on voit Fantasio se ressaisir et abandonner ses lâches attitudes. La fin de cet album est bouleversante et ne laisse pas d’inquiéter quant à la sécurité du jeune et courageux Spirou.

Posté par Lili Galipette à 08:00 - Mon Alexandrie - Lignes d'affrontement [0] - Permalien [#]

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