
Roman de Lucien Fradin.
Entre Maxime et Simon, quelques années d’écart qui pourraient être un univers pour des mômes, mais un lien immédiat et indéfectible dès l’enfance. « Il est admiratif de celui qu’il pensait protéger et qui le guide à présent à vive allure. » (p. 18) Chacun a sa famille plus ou moins dysfonctionnelle et des choses qu’il n’ose pas dire. Parce que certains sujets ne s’abordent pas dans les petites villes de campagne, dans les années 90. « Avec Simon, on a le droit de rester un peu plus longtemps au sol et de chercher avec les mains ce qu’il faut frôler pour se faire rougir, se donner envie de s’embrasser sur la bouche et ailleurs. Sans jamais le faire, et sans jamais en parler. » (p. 36) Les deux amis passent au collège, au lycée et entrent dans le grand tourbillon du monde en essayant simplement d’être deux homos heureux. Il leur faudra du temps, de divers amants en expériences multiples, pour se retrouver vraiment. « Tous deux, de toute façon, ont peur en cachette que l’autre ne l’aime pas autant qu’ils le souhaiteraient pour construire quelque chose à la hauteur. » (p. 98)
Ce que nous offre Lucien Fradin est précieux : c’est une peinture sensible de la vie et de l’amour, deux chemins qui blessent autant qu’ils réjouissent, qui bifurquent en innombrables perspectives, parfois se heurtent à la méchanceté ordinaire. On est forcément un peu plus humain·e en sortant de ce roman. Un feuillet détonne dans cet ouvrage relié à la main par les fabuleuses éditions des Venterniers : il suit la chronique minutée d’un épisode à part. Vert tendre a planté une jolie pousse dans mon été trop sec.





























