
Recueil de textes poétiques de Léa Rivière.
C’est une assemblée de femmes. Plus précisément une assemblée de lesbiennes géologiques. Elles parlent, elles maintiennent la mémoire des disparues. Elles écrivent de nouveaux récits et des légendes réelles. « Elles se souviennent avoir deviné ou décidé sans trop savoir comment que les traditions sont une forme cruciale de spéculation et que la science-fiction est une puissance d’archives indispensables. » (p. 11) Elles renient les carcans passés, les cases étroites. Elles explosent en riant les codes idiots. Elles ne font qu’une avec l’eau courante et les pierres roulantes.« Elles disent que le genre est relationnel et communautaire, pas individuel ni identitaire. » (p. 13) Elles inventent de nouvelles formes de combats.« Elles refusent de se battre contre ce dont elles veulent se débarrasser. À la place, elles fabriquent des armes molles. Et elles baisent avec les rochers. » (p. 15) Elles disent que combattre ce qu’on renie, c’est le maintenir en vie : ignorer l’ennemi, c’est la première façon de le mettre en échec.
Il y a ensuite une voix. Une voix qui transperce. Une voix qui transcende. Une voix qui transpose. Une voix trans. Une voix qui affirme son identité et n’attend pas qu’elle soit validée par des voix extérieures. « Je suis trans tant que tu continues à opérer une corrélation entre un appareil génital, un pronom, une géographie des poils et un rôle social. » (p. 40)
Enfin, Lila et Leo discutent et disputent du vrai sens et du poids infernal des traditions. Iels évoquent les sœurs mortes, écrasées par les traditions et les modèles. Iels s’embrassent, se caressent, se chatouillent, se mordillent et se lèchent. Iels s’aiment.
Dans ce livre où beaucoup d’espace est laissé dans les pages, j’ai pris de grandes inspirations pour me nourrir des mots. Et sentir aussi ce qui annoncé dans le titre, odeur parmi celles que je chéris le plus. Léa Rivière parle de sexualité – de toutes les sexualités –, de transidentité, de genre, d’amour et de relation. Les phrases sont percutantes, insolentes, solaires et rebondissantes. C’est superbe.































